CXXIX
Deuxième cas. — Si Tûme de vos élèves ne fait ou •n'éprouve pas réellement ce que vous voulez leur
iTG MANUEL
apprendre , mais qu'elle puisse être du moins portée à le faire ou à l'éprouver, vous pourrez y parvenir le plus sûrement, par des questions qui attirent leur attention sur eux-mêmes, sur leurs sensations, c'està-dire sur ce qui se passe dans leur intérieur. Si vous voulez, par exemple , leur donner une idée de l'espérance, de la charité envers Dieu et le prochain , de la contrition de ses péchés, il serait très-avantageux que vous pussiez leur en détailler les motifs de manière à ce qu'ils ressentissent réellement ces vertus dans leur ame. — S'agit-il de leur donner une idée de la compassion , tâchez de l'exciter dans leur cœur par le récit des malheurs arrivés à un enfant ou à un homme.
§ cxxx.
Troisième cas. — Lorsque l'âme de vos élèves ne fait ou n'éprouve pas réellement ce dont vous voulez leur donner une idée et que, de plus, vous ne pouvez ou n'osez les porter à le fairt. ou à l'éprouver réellement, réfléchissez s'il? n'ont pas fait ou éprouvé en eux-mêmes, du moins en partie, quelque chose de semblable. S'il en est ainsi, tâchez de les porter à se ressouvenir des circonstances qui eurent lieu alors et, par des questions convenables, faites-leur prêter une attention sérieuse à la disposition où se trouvait leur esprit en ce moment , disposition que vous voulez leur expliquer maintenant.
Voulez-vous, par exemple, leur donner une idée de ce qu'on appelle croire, espérer , etc., vous pouvez procéder de la manière suivante.
a) Qu'est-ce que croire ^ avoir la foi?
« Votre père vous a-t-il déjà raconté quelque chose que vous ne saviez pas ? — Oui , il m'a dit l'autre jour qu'il avait acheté un cheval et qu'on devait nous l'amener le lendemain. — Eh bien! que pensâtes-vous
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alcrs en vous-même? ïeniez-voiis pour crriaîn qu'il avait réellemenl acheté un cheval? — Oui, pour très-certain, je n'en doulais pas. Or, savez -vous comment on exprime en un seul mot la certitude qu'on a de la vérité de ce que quelqu'un nous dit ? — Bien, cela s'appelle croire. — Dites-moi maintenant ce que fait votre ame lorsque vous croyez? — Que signifie donc le mot croire? »
b) Qu'est-ce qu'espérer?
« Votre père vous a-t-il déjà promis quelque chose si vous étiez bien appliqué? — Oui, un chapeau neuf. — Etiez-vous triste ou content de cette promesse ? — De quoi vous réjouissiez-vous? — Désiriezvous avoir le chapeau? — Êlait-ce la le motif de votre application ? — Vous aviez donc le désir d'avoir le chapeau promis; car, on désire quand on souhaite quelque chose et qu'on s'efforce de l'obtenir. — Craigniez-vous de ne pas avoir le chapeau? — Non, vous vous attendiez à l'avoir bien certainement; vous aviez donc une ferme confiance. Ditesmoi donc ce que votre âme éprouvait lorsque votre père vous promit un chapeau? — Bien, elle s'en réjouissait — le désirait — et avait ui>€ ferme confiance qu'il serait donné. Savez-vous comment on exprime en un seul mot qu'on désire quelque chose à venir et qu'on a une ferme confiance de l'obtenir? -— Bien? cela s'appelle espérer, avoir l'espérance, — Que fait donc votre âme lorsque vous espérez? — Qu'appelle-t-on espérance? »
Procédez de même pour leur donner une idée de la contrition, eu bon propos , etc.