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Parfois, vous pouvez aussi employer convenablement les exemples de l'opposé ^ afin de donner à vos élèves une idée générale claire et entière.
Afin de vous rendre ceci plus évident, et vous montrer comme on doit ordinairement se servir des
exemples [)our dédiiiie des idées générales el des préceptes, je veux vous en citer deux; dans la suite, nous en verrons encore quelques autres.
1" Idée de l'homme sage.
L'instituteur : — Pourquoi les laboureurs sèment-ils de si beau blé dans leur champ? — L'élève ; Afin de moissonner aussi du beau blé. — Quelle est donc leur intention en semant? — De faire une belle moisson,
— Et quel moyen emploient-ils? — Une bonne semence,
— L'homme qui n'emploierait pas les moyens propres à lui faire atteindre le but qu'il aurait en vue, mériterait-ii le nom de sage ou d'insensé? — D'insensé.
— Pourquoi? — Parce qu'il n'emploierait pas les moyens convenables. — Le laboureur qui voudrait avoir du blé excellent et net en en semant du mauvais et du sale, serait-il sage ou -insensé? — Insensé. — Pourquoi? N'emploierait- il pas un moyen? —Oui, mais un mauvais moyen. — Vous pensez donc que les sages n'emploient que de bons moyens pour parvenir à leur but? Vous avez raison, et celui qui agit autrement n'est pas même prudent; or sage signifie encore quelque chose de plus que prudent.
L'instituteur : — Mais, Gérard, le domestique Colas n'était-il pas sage lorsque, pour donner beaucoup aux pauvres, il volait son maître? — (Gérard se tait.) — Le vol n'était-il pas un hou moyen pour pouvoir donner beauwup aux pauvres? — Oui, mais il n'était pas permis. — Vous croyez donc que le sage n'emploie que des moyens non-seulement propres à lui faire atteindre son but, mais aussi permis? — Oui. — Absalon voulait tuer son frère; il l'invite dans cette intention à un repas; n'employail-il pas un moyen convenable? — Oui. — Absalon était donc sage en agissant ainsi? — Non. — Pourquoi pas? — Parce que son intention était mauvaise. — Vous pensez donc que l'intention du sage doit élre droite? — Oui. — El
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quels moyens doit-il employer? — Des moyens con* venables et permis. — Mais celui qui n'agirait pas toujours avec de bonnes intentions en employant des moyens convenables et permis, mériterait-il le nom de sage? — Non. — Donc vous croyez que pour être un homme sage, il faut avoir la volonté et la résolution d'agir toujours avec de bonnes intentions et avec des moyens légitimes. Dites-moi, en conséquence, quels sont les hommes qui méritent d'être appelés sages?
— Ceux qui ont la volonté et la résolution d'agir avec des intentions droites en n'employant que des moyens convenables et licites.
Il est nécessaire d'inculquer cette idée aux enfants , autrement l'instituteur aurait de la peine à leur faire comprendre ce qu'on entend lorsqu'on dit que Dieu est sage.
2** Idée du mensonge.
L'instituteur : — Savez-vous quand on ment? — L'élève : Oui, c'est quand on ne dit pas la vérité*
— Avez-vous entendu sonner la cloche? — Oui. — Si maintenant vous croyiez certainement avoir entendu sonner onze heures, quoique ce ne fût que dix, et que vous me disiez que c'est onze heures , auriezvous dit un mensonge? — Non. — Mais pourquoi pas?
— Parce que je croyais réellement que c'était onze heures. — Donc pour mentir il faut qu'on dise sciemment ce qui n'est pas vrai.
L instituteur : — Hier, je vous racontais que la vieille mouche avait dit à la jeune de ne pas voler au milieu du pot de lait; est-ce que je ne savais pas bien que ce n'était pas vrai ? — L'Élève : Oui. — Je disais donc, le sachant bien, ce qui n'était pas vrai?
— Oui, — Croyez-vous donc qu'en effet j'aie dit un mensonge ? — Non. (S'il répondait oui , le maître devrait lui montrer qu'il n'en est pas ainsi). — Vous dites non; eh! pourquoi pas? — Parce que vous ne
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vouliez pas pas nous faire croire qu'il en était ainsi.
— Certainement non, je le faisais pour vous expliquer par là ce qui arrive aux jeunes gens, lorsqu'ils ne suivent pas les conseils des plus âgés; je ne voulais donc pas vous faire croire ce qui n'était pas vrai. Faut-il donc autre chose pour constituer un mensonge que de dire sciemment ce qui n'est pas vrai?
— Il faut encore qu'on le fasse pour qu'un autre croie une chose qui n'est pas vraie.
§ cxxxvm.
Quatrième Règle, — Lorsque vous ne pouvez rendre une chose ni assez claire ni assez facile à concevoir, ayez recours à des comparaisons et à des contrastes.
Il y a une différence entre l'exemple et la comparaison. Les exemples sont des cas isolés, qu'on rapporte pour rendre plus claire et plus palpable la généralité de l'espèce même, à laquelle ils appartiennent ; les comparaisons, au contraire, sont des choses semblables mais d'une autre espèce, dont on se sert pour représenter plus vivement et plus clairement celles qu'on veut expliquer , par la ressemblance que ces choses ont entre elles.
Par exemple, vous voulez faire comprendre à vos élèves que les mauvais désirs vont toujours en augmentant, lorsqu'on ne s'y oppose point; si vous leur racontez l'histoire de Gain, vous vous servez d'un exemple; mais si vous leur dites : De même que l'ivraie dans un jardin s'enracine toujours plus profondément et grandit à mesure qu'on la laisse croître; ainsi en est-il des mauvais désirs : vous vous servez alors d'une comparaison.
Les comparaisons bien choisies sont dans toute instruction, surtout dans celle du catéchisme , un excellent moyen de représenter une vérité avec plus de clarté et de force; elles servent aussi à graver les
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instructions plus profondément dans la mémoire; c'est pourquoi notre divin Sauveur s'en est servi si souvent. (S. Malth. Xlïl, 34.)