‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 98 sur 156 · CXLIV · texte numérisé non relu

CXLIV

2*» Ne définissez jamais quelque chose, si vos élèves manquent des notions préliminaires nécessaires. — J'appelle notions préliminaires tout ce que vos élèves doivent savoir avant de pouvoir bien comprendre et appliquer une définition.

Avatit de donner une définiîioii, vous devez donc savoir quelles noiions préliminaires sont nécessaires à vos élèves pour la bien comprendre. Demandez-vous à cet effet à vous-mêmes : Comprendrais-je cette défilînilion si je ne savais déjà telle ou telle chose? V^ous devez examiner vos élèves si vous douiez qu'ils aient les connaissances préliminaires qui sont requises; si vous voyez, par cet examen, qu'elles leur manquent encore, vous devez les leur donner : de la sorte le connu conduit à l'inconnu.

§ GXLV.

S** Ne vous arrêtez sur le même sujet ni trop peu, iii trop longtemps, mais le temps nécessaire pour que vos élèves comprenneot assez clairement tout ce qu'ils en doivent savoir, ayant soin toutefois de leur répéter souvent ce que vous leur avez appris. Passer d'un objet à un autre est très-nuisible et néanmoins trèscommun; c'est surtout le propre d'un maiire qui n'a pas bien étudié auparavant ce qu'il veut expliquer.

Outre ce que je vous ai dit, demandez-vous à vousmêmes, relativement à la leçon que vous devez expliquer : Qu'est-ce qui est important à savoir pour la classe des plus petits? — Item pour la classe des plus avancés? Car, il est encore inutile pour les petits de savoir plusieurs choses dont la connaissance est d'une grande utilité pour les grands.

Pour connaître si telle ou telle classe comprend assez bien ce qu'il lui importe de savoir, vous devez l'examiner. Mais, selon la règle qui nous occupe, vous ne devez pas vous arrêter plus longtemps sur une chose, lorsque vos élèves comprennent ce qu'il leur est nécessaire d'en savoir; autrement vous leur rendez le temps long, et vous le perdez inutilement; et, par vos explications superflues, vous faites que ce qui était auparavant clair pour eux , redevient obscur.

§ CXLVÏ.

De fréquentes répétitions sont donc nécessaires, parce que les enfants oublient très-facilement ce qu'ils ont appris. Cet oubli n'a pas pour seul résultat de ne pas posséder ce qu'ils avaient appris, et qu'ils doivent apprendre de nouveau; mais il les rend, en outre, incapables de bien comprendre ce qui suit : ce qu'on a oublié étant une notion préliminaire indispensable.

La répétition peut se faire : a) au commencement de la leçon qu'on commence en répétant brièvement la précédente; b) à la fin d'une leçon, par un résumé substantiel; c) à un jour fixé dans la semaine, à la fin d'un mois, ou vers la fin d'un semestre; d) par occasion, ainsi, à propos d'une histoire tirée de la Bible, qui concerne la leçon que vous donnez, ou quand vous expliquez ce qui est nécessaire comme notion préliminaire ou comme explication.

La répétition peut se faire de différentes manières.

1" L'instituteur peut faire des questions sur toute Texplicalion.

2° Il peut la résumer brièvement, sans questionner.

7}" Il peut aussi se la faire réciter, raconter et expliquer par les élèves.

Adoptez tantôt l'une de ces manières, tantôt l'autre. Dans la répétition, tenez au commencement le même ordre que vous avez suivi en traitant la matière que vous répétez.

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