PARALLÈLES
Se la constitution des solides.
220. L’étude des phénomènes physiques et chimiques conduit à regarder les corps comme des systèmes de points matériels ou d’atomes (I), dont les dimensions sont fort petites par rapport aux intervalles qui les séparent, bien que ces intervalles euxmêmes aient une ténuité telle, qu’ils échappent à nos yeux aidés des plus puissants microscopes. Entre ces atomes pesants, sont répandus des atomes d'éther, incomparablement plus nombreux et plus petits que les premiers, et constituant de véritables atmosphères dans lesquelles ceux-ci sont plongés.
Les forces qui sollicitent ces deux espèces d’atomes sont : i° l ’ attraction mutuelle des atomes pesants (* ) ; 2 ° l ’ attraction de ces atomes pour l’éther (**); 3° la répulsion mutuelle des atomes d’éther. Quand il y a équilibre entre ces diverses forces, le corps est lui-même en équilibre : il ne change ni de figure ni de volume. Si la répulsion l’emporte sur l’attraction , le volume augmente : c’est ce qui arrive ordinairement quand on chauffe le corps, c’est-à-dire quand on y introduit de l’éther (***).
(*) On lui donne, en Chimie, le nom de cohésion.
(**) Cette hypothèse d’une attraction entre la matière pondérable et l’éther est attribuée à Laplace. Si elle est conforme à la réalité, l’éther, au lieu d’ètrc répandu à peu près uniformément dans l’intérieur d'un corps, doit se condenser dans le voisinage des atomes pesants, de manière à former, autour d’eux , de petites atmosphères. Un corps quelconque devient alors comparable à un système planétaire: c’est un microcosme.
(***) La dilatation n’est pas une conséquence nécessaire de l’augmentation de température: Erman a fait voir qu'un alliage formé de deux parties de bismuth, une partie de plomb et une partie d’étain, s’allonge d’abord quand on le chauffe , puis se raccourcit, puis s’allonge de nouveau.
MÉCANIQUE. aig
Indépendamment des hypothèses précédentes, les géomètres et les physiciens admettent encore que les forces moléculaires varient avec la distance- des atomes; elles augmentent ou diminuent rapidement, suivant que cette distance diminue ou augmente : à distance sensible, l’attraction et la répulsion sont insensibles.
Dans les corps solides, ces diverses forces sont en équilibre, et même en équilibre stable, c’est-à-dire que si l’on applique au corps des forces extérieures , dont les intensités ne soient pas trop grandes, le corps résiste, jusqu’à un certain point, à la déformation que ces forces tendent à y produire , et reprend , à fort peu près, sa figure primitive, quand les actions extérieures ont cessé (* ).
221. L’étude des changements d’état ou de figure déterminés dans un corps solide , par des forces données , constitue la Mécanique moléculaire : elle exige la connaissance et l’emploi des théories les plus élevées de l’Analyse infinitésimale. Dans la Mécanique élémentaire, on suppose toujours, pour plus de simplicité, que ces changements de figure sont insensibles, ce qui revient à regarder tout corps solide comme un système de points matériels, invariablement liés entre eux. Cette hypothèse conduit à des résultats d’autant plus approchés, que le corps considéré est plus résistant.
Force* concourantes.
222. Jusqu’à présent, nous avons supposé que les forces données étaient appliquées en un même point. Ordinairement, les choses ne se passent pas ainsi : quand un corps solide est sollicité par différentes forces , celles-ci sont appliquées en différents points de sa surface (**). Néanmoins, si les directions de ces forces vont concourir en un même point situé dans l’intérieur du corps, les théorèmes ci-dessus (Chap. X et XI) subsistent encore. Cette conclusion résulte des propositions suivantes.