‹ Manuel pour l'étude de la langue russe; textes accentués, commentaire grammatical, remarques diverses en appendice, lexiqueChapitre 204 sur 263 · L'idée de fois · texte numérisé non relu

L'idée de fois

L'idée de «fois» (^= chacun des cas où un fait a Heu) s'exprime en russe par \y,\:yu. proprement «coup»: ра;гь, одинъ pâ:n., — дна, цпи чсплре l)â:}a «une, deux, trois, quatre fois»; пять рс'кгь (gén. plur. à désinence zéro) «cinq fois»: каждьп1 ])а;гь «chaque fois»; Hcinvirt \)kii, «toutes les fois»; исяьчн pâ;5i. luiKT. ou нс*<'нлн 1)пзъ 1х'огда (исяьчй pâ:n. что, un peu vulg.) «toutes les fois que»; нЬсколько pâ;n. «plusieurs fois»; etc. Et de même: ne рг'кгь «plusieurs fois», «à plusieurs reprises» (c.-à-d. «non pas une fois seulement, mais plusieurs fois»); ни ралу (gén. sing. en -y) «pas même une seule fois», «jamais».

Des adverbes composés одна-жды «une fois», дна-жды «deux fois», трй-;кдьт «trois fois», ч(Т!>1р(>--,ь'дьт «quatre fois» (cette série ne va pas plus loin) le premier seul est d'usage courant, le second est vieilli, et les deux autres, plus archaïques encore, ne se rencontrent que dans le style élevé ou dans l'emploi numéral spécifié ci-dessous :

En arithmétique, dans la table de multiplication, l'idée de fois sexprime, jusqu'à 4 inclus, par les adverbes composés : еднно-жды (en cet emploi единожды et non однажды), дважды, трижды, четырежды: ainsi дважды два четыре «2 fois 2 font 4»; puis, à partir de 5, par les formes d'instrumental des noms de nombre cardinaux, mais avec accent sur la partie radicale : пятью (en tout autre emploi пятыо), пкчтыо, семью. В('»се>н,к), девятью, десятью, одиннадцатью . . .

Devant un comparatif, lidée de fois s'exprime : de 2 à 10 inclus, p.ar la série adverbiale вдв(н\ втрое, вчетверо, впятер(^ . . . , вдесятс'ро (сотр.

282 Mîiimol (le langue russe.

Bem. 21, i>. 2()Г>): à partir de 10, jiar m. et l'accusatif du nom «le nombre cardinal détermin*' par le mot pan. (et do même pour les expressions formées à l'aide des pronoms-adverbes interrogatifs-relatifs); — au reste, dt> 2 à lu môme, on peut également employer l'expression périphrastique Hi. дмД ]улл:\ m. цт \п\лл, etc. (sur cette accentuation, v. p. 237 n. 2j. Ex.: 15Д1ЯИ' (ou m. лил \уллл) лучше «deux fois meilleur», «deux fois mieux»; но riiû.ii.uo j);»;n. oôiLiiit'? «combien de fois plus grand?» «combien de fois plus?» et les réponses : in. irl.ci^o.ibhvj pâ;n. «plusieurs fois>, иь дмадцат!. pâ;n. «vingt fois», ы. диадцатг, диа }t;i:m «vingt-deux fois», но сто pâ:n. «cent fois», m, тьк'ичу р;'»:гь «mille fois», etc.

L'adverbe лтси est plus optimiste ({ue le français «peut-être»; le sens en est: «courons-en la bonne chance», «par coup heureux du sort». Ce qu'est au juste ïavos des Russes, les proverbes le disent : Аиоеь ней надежда наша «Yavos, c'est tout notre espoir» ; аиоеь не ббгь. a полббга есть «Vavos n'est pas Dieu, mais une moitié de Dieu» ; анбеь — нелми-о слово «Vavos est un grand mot» (велико, à la forme courte; construction archaïque : la syntaxe moderne exigerait велйк-ое) ; -ждёмъ, по/кдёмь, авось и мы своё найдёмъ «attendons, attendons, et nous finirons bien par trouver notre heure». Dans son conte en vers Ска:}ка о iioiili и i)a6(')THiiKli его Балд'1'. (Conte du j^ope et de son serviteur Baldci), Pouchkine écrit:

Да пона.д'Ьялся (поиъ) на руссьлн авось «mais le pope s'en fia à Yavos russe».

Noter en particulier les constructions de а.нось avec на : делать на авось «faire quelque chose au petit bonheur»; пуститься на авось «s'en remettre à sa bonne étoile» (сотр. дЬлать на скорую руку «faire quelque chose à la légère», et de même les locutions adverbiales навЬрно, нанЬрное,

On dit également bien, et dans le même sens, авось- либо: souvent aussi авось se complète par l'adjonction de Богъ мйлостивт, «Dieu est miséricordieux», «Dieu est bon»: авось, Боп> мйлистивъ.

Observation. — Les premiers proverbes cités montrent авбсь en fonction de nominatif-accusatif; l'exemple de Pouchkine l'accorde avec un adjectif au masc. sing. : parfois même on le décline sur le modèle des masculins en -ь : авосю вЬрь но вовсе «à Vavos ne te fie pas tout entier» ; отъ авося добра не жди «de Vavos n'attends nul bien».

86. La Délation не (ancien h'Ê) incorporée à un pronom ou à un adverbe interrogatif-relatif construit avec l'infinitif.

Incorporée à un pronom ou à un adverbe interrogatif-relatif (кого, кому, etc., чего, чему, etc., когда, куда, гд-Ь, etc.) construit avec l'infinitif, la négation не (anc. Ht, pour н-^тъ) prend le sens de «il n'y a pas qui..., quoi..., quand..., où...», etc. Le cas du ^эгопот est celui qu'exige le

Appendice. — Remarques 34 — 36. 283

verbe; si une i>ivj)Ositi<)n est nécessaire, elle s'intercale entre la négation et l'interrogatif-relatif, eelui-ci demeurant inaccentué et la négation né gardant son accent: s'il y a un sujet logique exi)rimé. le cas de ce sujet est le datif (conij). pp. 14 n. 8 et 38 n. 1 1.

Ex.: Некого послать, m. à m. < il n'j' a pas ({ui епл'оуег». <' personne îi епл'оуег» ; miiI. некого послам, «je n'ai j)ersonne îi envoyer»; muI; né k-i. кому ооратип.ся «je n'ai personne à qui m'adresser» : нечего д1-.лать «rien à faire»; теоЬ нечего дЬлатг^ «tu n'as rien à faire»; et de même la locution usuelle oTL нечего д'1'>лат1., au sens de on. ие;$д1ьН.и, «par dés(xзuл'rement'> : ainsi dans Dostoïevski, l^aiincKH u:vu мёртиаго дома (Souvenirs de la maison morte), I, 2 : n i^ci" ;Vro on, rocm'i. отъ npâ;nii"CTii. i>tu нечего д'кчать «et tout cela i)ar (^mui. par oisiveté, par désœuvrement»; ему некуда идти «il n'a ])as où aller»; теоЬ né on. кого -лаать iiômouhi «tu n'as personne de qui attendre du secours» ; etc.

Parfois la locution нечего prête à une certaine amphibologie; c'est que печ(Ч() peut apparaître en un double rôle : 1" simple négation de что «quelque chose» (sur le gén. comi)lément direct des verbes négatifs, y. p. 3 n. 6); 2" négation de что ou ч(чо au sens de «j)our<(uoi?» (sur cette valeur de что, Ч(чч'), v. p. 15 n. 2). Ex. : Mnt. Вамъ печ1Ч"о ска.чатг, «je n'ai rien à vous dire»: mais: иеч^ч'о (ч.-алать : vMin.in мал1.н1 «il n'y a pas à dire: c'est un garçon intelligent»: — ому иеч(Ч'о терить «il n'a rien à perdre»; mais: не'кч'о, гкчюда, терить нремя «il n'y a pas de temps à perdre, messieurs» (littéral, «il n'y a pas de raison de perdre le temps»); — туп. неч(То ooHTF.cn «il n'y a rien à craindre ici»: mais: нечего бойтг.ся; вс»" ранне: двумъ сме})Т'/Ьгь не оывать. а одной не мтювать «а quoi bon avoir peur"? rien n'y ferait : on ne meurt pas deux fois, on ne meurt qu'une fois, mais on meurt» (одной, au gén., compl. dir. de не миновать «ne pas éviter»: «on n'évite pas»). — En ce second rôle, неч(Ч'о répond assez exactement à la locut. franc, «il n'y a pas lieu de», «ce n'est pas la peine de»: нечего на :{еркало псчглть. к-олн ро/ка крива «il n'y а pas lieu de s'en prendre au miroir quand on a le museau de traA'ers».

L'infinitif, dans les réponses surtout, peut n'être pas exprimé : Благодарю Вась. — Не ла что: ou encore, dans le même sens : Спасибо тебЬ. — Hé на чемт,. «Merci. — Il n'y a pas de (juoi». Mnt., теб'Ь, ему некогда «je n'ai, tu n'as, il n'a pas le temps».

A cette construction négative de l'infinitif avec не correspond une construction positive toute pareille, mais d'usage moins courant, ал^ес есть toujours exprimé : Mnt. есть кого послать «j'ai qui envoyer» (сотр. MHt. ш'чгого послать); Mnt. есть къ кому обратиться «j'ai à qui m'adresser», «je sais à qui m'adresser»: мнЬ есть куда пойти «j'ai où aller»; etc. On notera que, dans les locutions de ce genre, (мть se construit avec le datif plutôt qu'avec y et le génitif.

Observation. — L'orthographe ancienne et légitime de не dans не-кого, не-чего, ие-когда. не-куда, etc., était н-Ь, et nt. lui-même était pour ni-.ть. expression négative de есть «il y a» (v. p. 9 n. (>). Sur la chute phonétique de -Пу dans nf.Tb, сотр. меже, dialectal et populaire, pour мбжегь.

284 Manuel do lan^ruo russe.

au sens de .ми-,1,»'гь oi.m. (v. |». iM 1 n. 4), et aussi l'aivliaïcjue иуД''. pour будегь. «în valeur de conjonction dubitative l'si», «au cas où»), à côté de

если. lui-même pour /•cri.-.iii.

^^7. La particule négative ни.

Le sens proi)re de la i)articule négative им est «pas même*: elle servira donc essentiellement à la confirmation d'une négation formulée déjà ou implicite: et c'est pourquoi, tant dans ses emplois de négation répétée (ни... ни... «ni... ni... j que dans ses emplois comme négation des pronoms ou adverbes interrogatifs-relatifs (série connue des pronoms et adverbes négatifs ни-шо «personne^, ihi-tiô «rien», ии-к;ил. «nullement», 1И1-1х(>гда «jamais», etc.), elle s'appuie toujours sur la négation ne.

Ex. : Ни тотъ ни д])угой но хочсп. (ou но хотй'п.) «ni l'un ni l'autre ne veut» (ou «ne veulent»). Кто уто нйдкп.? — Никто ;')Т(>го не видалъ. «Qui а vu cela? — Personne n'a vu cela.» Когда ты iVro сд'Ьлаоии,? — Я иик'огда l'iToro н(^ сд'Ьлаю.

Toutefois l'appui de iic n'est pas nécessaire dans les réponses où aucun verbe n'est exprimé. Ex. : Кт(') :'>то нйд'1,лъ'? — Hhivto. К'огда ты :')то (•д1">лаопи>У — Никогда. De même dans les façons de р>аг1ег elliptiques où, comme dans les réponses, l'idée verbale va de soi : на улиц!', ии дупп'г. littéral, «dans la rue pas même une àme», — «personne dans la rue», «il n'y a personne dans la rue»; ни слова! «pas un mot!» (= «défense de dire un seul mot!»). Et de même enfin dans telles locutions toutes faites où l'idée négative de ни ne porte pas sur le verbe, exprimé ou non: онъ разсердплся на менй ни съ того, ни съ сего (v. р. 57 п. 6); ни къ селу, ни къ городу, fam., en équivalent français «à propos de bottes» (littéral, «ni pour le village ni pour la ville»); такъ и пропалъ человГ.къ ни за гриигь «et voilà comment il s'est perdu, pour rien» (= «pas même pour un gros »).

Obsercation I. — Accompagnés d'une préposition, les pronoms négatifs avec ни au premier terme intercalent la préposition entre ни et l'élément pronominal: ни за что «pour rien au monde», «jamais de la vie»; ни за какхя блага «pas pour tout l'or du monde»; какъ ни въ чёмъ не бывало «comme si de rien n'était»; ни y кого «chez personne».

Observation II. — Sur les emplois idiomatiques du pronom négatif iHi'iero «rien», v. pp. 106 n. 4, 199 n. 5 et 216 n. 9. Quant à la substitution usuelle de ничего (proprement forme de gén.) au nominatif ничто (v. p. 108 n. 10), elle se justifie par l'analogie des constructions négatives si nombreuses où la syntaxe exige le génitif : сотр. pp. 3 n. 6 et 9 n. 6.

Mais les emplois négatifs ne sont pas les seuls que connaisse la particule ни : postposée, immédiatement ou non, à un pronom ou à un adverbe interr.-relat., elle fournit la série des expressions indéterminées du sens «il n'importe qui, quoi, comment, quand, où», etc.

Ex. : Всё что ни есть, littéral, «tout, il n'importe quoi c'est», — «tout

Ai)pendice. — Kemarques 8H — 38. 285

ce (lu'il y a'>: <Kn.ii.K«> ни гомирм.ш. littéral, < il n'importe combien ils parlaient» — «ils eurent beau dire'>: ис!.. ско.и w > ii;ui. iiii /m-ti, <tous, tant «jue nous sommes» (c'omj). la loc. superlative что им lui rn\, ou '\\>'^ un п-ть Гм'мыи»'. лучше, etc., «tout ce (pi'il y a de plus, de mieux >, etc.: \. Лет. 'M, I, Observation, B, p. 27G): icâin. oi.i n'. m'i ni.i.in. littéral, < il ii*imi»orte comment cela serait», - «([uoi qu'il en soit»; чш иы m iiii oi.i.n» «(pioi <iue ce soit»: i"n'i иы n'i iii'i мыло «qui que ce soit (lui ou un autre): iuU>nm, И1.1 (iiii. mi oi.i.n, «({uel qu'il soit» (bon ou mauvaisr. но что oi,[ тп ни ста.т. littéral, «cela coûterait n'importe <[uoi», — «(|uoi <[u'il en coûte» (cnrn. avec B'b et l'ace: «coûter»); какт. ни попало, littéral, «il n'im})orte comment cela a touché», — «au petit bonheur»; et de même: ol.vi.iin.. куда iiii попало «il se sauve à l'aventure»; что пи пипалп lou non;lii«ci. : V. p. 24 n. 5) ikVt'i. pyuy «tout ce ({ui tombait sous la main». — «n'importe quoi»: dans Saltykov-Chtchédrine, Помпа ду j)i.i и 11 ^.м ипду1>п1п, III, 3 : Гд'1> <'>1>г она пп п1>1ла. клда оы пи п))11>хала, ci. i>i..MT. ni.i mi ;{агоио])пла — ислд'Ь II <»'п> Mciix'i. (vnlinuKia nVn.h'o одп" : хвалу ntimiMy помпадуру «Où qu'elle fût, où qu'elle vînt, avec quelque personne ({u'elle liât conversation, partout et de tous elle n'entendait qu'une même antienne : louange au nouveau Pom[)adour» ; dans Goj^ol, М<"'рти1.1и Дупш (les Âmes Mortes), l^*'*^ partie, ch. x: Ь'акь ci. ulh^ômt. ни oi'iti.ch. a nci' модои-а on. ii(4t'» lie дпоГгп.си «on a beau faire avec un taureau, on ne lui fait pas donner du lait».

C'est à cet emploi de iiii <iue se rattache la série des indéterminés кти-11п6удр> «quel<j[u'un», что-пипудг. «quelque chose», к'акд.-нппудь «n'importe comment^, etc. Sur cette série, v. p. 81 n. 3.

38. Locutions adverbiales formées à l'aide de la préposition no.

Etant donné un adjectif qualificatif quelconque, rad%'erbe, au sens de «à la manière de...», «à la mode de...», en sera formé par le datif sing. neutre de la forme longue précédé de la préposition iio: et souvent l'orthographe usuelle écrit en un même mot ou unit par un trait préposition et adjectif. Ex. : по-старому «à l'ancienne guise», «comme autrefois»; по-новому «à la nouvelle mode»; по-пре'.кисму «comme auparaA'ant» ; по-наст()йп1,сму «à la vraie manière», «comme il faut» (настойпип, partie, prés, de на-стойт!., imperf., «être imminent»; en fonction adjective : 1" «actuel»: BT> иаст(пицее время: 2" «véritable»: настоящее :50лото). Et de même avec les pron.-adj. possessifs: по-моему. по-тво(\му, etc.; v. p. 15 n. 8.

Pour les adjectifs à suffixation diminutive en -enF.Kirt, -oHi.Kifi (v. Rem. 13, p. 258), le dat. de la forme courte est préféré à celui de la forme longue : полегоньку, потихоньку «tout doucement», «tout doucettement» ; помаленьку «petit à petit», «assez bien» (Какт. поживаешь? — Помаленьку); et de même pour quelques adjectifs non diminutifs: понапрасну = напрасно < en vain»; попросту «tout simplement; попусту, à côté de по-пустому, littéral, «à vide»: «en vain», — «sans motif».

286 Manuel <1<' lanj;ur russe.

l'our les ailjiM'tit's t'ii -ciciil, -аи, -ne (et aussi on -nuirt, -ая, -(jc), la forme invariable en -ii est préférée à la forme déclinée: по-братски *en frère»; iio-cKÔTcKii «comme les bétes» ; по-русски <'à la russe>, «en russe* (H roBo])iô no-])yccKii «je parle russe): iio-(j)j)auuy:{cKii «à la française , -en français»; iio-Mt>ci;»'»H(Kii à la moscovite ; — по-дурацки «comme un imbécile»; 11о-н'Ь.м«''цьи <à Га11етап(1е'>, «en allemand»; etc.

Pour les adjectifs d'appai-tenance en -iil, -ья, -i.c (v. p. 25 n. 5), la forme invariable en -и est également j)ossible, mais en concurrence avec le datif long, celui-ci étant d'ailleurs rare : ио-собачкп «à la manière des chiens, «comme un chien >, à côté de пи-сооачксму.

Noter enfin пи-латынп, à côté de по-латйиски, <'en latin»; сотр. латыш., -Il, fém., «la langue latine», à côté de латГпгск1м яль'пп..

39. Въ ou на au sens de lieu, en particulier avec les verbes du type: monter en voiture», «être en voiture, aller en

voiture».

Construction de ces deux prépositions : l'accusatif ou le locatif suivant qu'elles expriment mouvement ou repos; sens propre: pour нъ, «dans», «à Vintérieur de»; pour на, «sur», «à la surface de», — la préposition française «à» les traduisant également bien dans un grand nombre de cas.

Ex.: Въ рЬку, въ pfadi «dans la rivière», c.-à-d. dans l'eau; на р^ку, на уЪкЬ «sur la rivière», «à la rivière», c.-à-d. sur l'eau, vers l'eau: она nouuâ за водой на р1>ку «elle est allée chercher de l'eau à la rivière»; oH'b пошёлъ на pt.Kv уднть рыбу «il est allé pêcher à la rivière»; — я иду въ гбродъ «je vais à la ville» ; я живу въ города «j'habite en ville» ; ноло'/Kii KHiiry на столъ «pose ce livre sur la table»; самоваръ на стол'Ь «le samovar est sur la table».

Mais souvent le choix entre въ et на est difficile, et parfois simple affaire d'usage : de façon générale, on aura въ pour les objets qvii éveillent Vidée d'iniériorité, et на pour ceux qui éveillent plutôt Vidée de surface] d'autre part на se prête mieux que въ à l'expression des abstractions. Les commençants feront bien de noter avec soin ces différents emplois qui presque tous sont exclusifs les uns des autres; les quelques exemples qu'ils trouveront ici même sont choisis parmi les plus caractéristiques.

Куда Вы идёте? «où allez-vous?» et les réponses: въ церковь «à l'église», въ театръ «au théâtre», въ концертъ «au concert», въ игеолу «à Г école», въ niMHasiro «au gymnase» (établissement d'enseignement secondaire classique), въ уштверситетъ «à l'université», въ лавку «à la boutique», въ контору «au bureau» (office commercial), въ канцеляр1ю «au bureau» (bureau d'administration j^ublique); — на кладбище «au cimetière», на рынокъ (et, même sens, на базаръ) «au marché», на лекщ'ю «au cours», на службу (littéral, «au service»), «à mon bureau», на вечеръ «en soirée»; въ почтамтъ (ail. Vostami) «à la poste», mais на почту, même sens.

Appendice. — Remarques 38—39. 287

Куда 1>ы ta<'T<'V «où allez-vous?' (autrement <iu"à i>ie<l. en chemin de fer, par exemple, m» vi.i'.ilbjiiiiri , [,(>{>( 'ni.) et les i-éj)()nses : m, IIlHfnn;i|iii<i «en Suisse», m. b'iiin.Mi. en Crimée», m. II;ii)rivi.'i. à Paris >. mi, ,i<]»i''i<iii(> «à la campagne», mi. ii.Ml.iii»' «dans mon bien»: — na Камка;гь «au Caucase», lia лппк'ра.п.пыи моды «aux eaux minérales», на .M(')»ci;ih laiiâiii.H «aux bains de mer», iia мьктамк'у «à rexj)osition», lia дачу dans une maison de campagne-, на (|iâoj)]iK"y à la fabrirpie», na ;5ам(»д'1. à l'usine».

Гд1. (iiri. жпвёгь? — Бъ таь'омъ-то iii'jx'y.iui.: на такч'»|1-т<> улиц!.: на та!;<'|.\г1.-то бу.п.мар!'.; на таь-('»Г|-то площади. Où habite-t-il? — Telle rue: telle grande rue (11срс-ул«»к-|. «rue transversale», «petite rue»; улица «grande rue j; tel boulevard: telle place».

Hi. (таьанч., m. craix'âirh «dans un verre»: на дни. на Д1г1. оупл.н^и <'au fond de la bouteille».

A ces exemples on peut ajouter la série de ceux que fournit la construction des verbes du type «monter en voiture >, être en voiture», < aller en voiture».

Avec ct.cTi., perf., садитм-си. iniperf., au sens de se mettre en voiture», littéral, s'asseoir en voiture», on emploie на ou въ, avec l'accusatif, selon que le véhicule, plus ou moins découvert, éveille l'idée ([ue l'on sera «sur le dessus» ou «à l'intérieur». Ainsi, pour les véhicules les plus simples, ceux qui ne comportent pas de caisse (к'у:я>къ), mais sont constitués essentiellement jjar des planches posées sur roues (на колёсахг.) ou sur patins (на шлк'ки.яхь). la préposition employée sera на.

Ex. : Ct.cTb, садиться на лииейк-у (линсни'а. sorte de long char à quatre roues, à banc unique dans le sens de la longueur): на бКговь'ш дро>ь-к-и (au plur. seulement, f., gén. ut.rdm.'ix'b д})('|>ь-('къ «drojki de course», voiture à (piatre roues, très légère, avec une simple tablette de bois entre l'avant-train et l'arrière-train : on s"y place comme un cavalier sur sa selle: Д1)('>',кк-и, dim. de Д1)(»г1т, f., longue plate-forme montée sur roues, «corbillard» par exemple); на др»')мни (au plur. seulement, f., gén. др(')МН(м1 : traîneau de charge droit); на розвальни (au plur. seulement, f., gén. 1и')3мальнгй : traîneau de charge à longs montants évasés).

Au contraire, pour les véhicules (^ui comportent non seulement une caisse, mais un dessus (норхъ), capote mobile ou toit fixe, de telle sorte que le A'^oyageur s'y place comme dans une boîte, la préposition sera въ.

Ex. : CliCTb, садиться нь к'арету (к-арста, mot italien, «landau», voiture fermée); въ кол/кччу (1{ол','к'ка, mot polonais, «calèche», voiture ouverte); Mb пролётку (пролётка, de про et гас. лет- «voler», Victoria légère, voiture ouverte) ; въ возок-ь (traîneau fermé) ; — les voitures de ce type, voitures à ressorts et d'emprunt étranger, sont désignées par le terme générique акипа'гкъ. mot français : on dira donc ciiCTb, садиться iri, ;)К1Н1;Г/КЪ. Et de même сЬсть, садиться кь кионтку {kibitka. mot d'origine tun^ue : sorte de voiture fermée, de traîneau fermé).

S'il s'agit enfin d'un de ces véhicules qiù, munis d'une caisse mais non pas d'un dessus, sont en Russie d'usage général, il pourra parfois

2HS Manml <lr laii^^'uc russe.

y av(»ir lu-sitation entre ii;i et isi., mais ni. sera gén«''ralement préféré: сГ.сп.. cauiTi.*'»! |я> П'лГ.гу ou на ir.ii.ry (пмГ.га. le ehar à quatre roues des paysans russes), m, Tapaiirâci. (voiture de voyage, char léger, avec ou sans ressorts, à ({uatre- roues); pour les voitures de ce type, le terme générique est 11(»ип;$ка, de iio et rac. п*к\-, и>к]- : on le construit toujours avec iia. Et de même, cI.cti., садГгп.ся u\> сами <'en traîneau», au sens étroit de г<»родi-uin ciuiKii «traîneau de ville» ou к«>н])ов1.1и сани: v. p. 122 n. 3 (mais clicri,, садиться па салалки : v. p. 5П n. 8). — Boiri., proprement <'charrette chargée», «voiture chargée >, et подисца, même sens, se construiront avec иа : c'est sur la charge même que l'on se place; d'autre part, tel nom de voiture dont la seule construction légitime serait avec на se construit parfois avec и'ь, par analogie: ш садис!. m. коляску, a я сяду mi, лингГи.-у: иъ линейку, par analogie de m. коляску.

Avec сид'Ьть, imperf., au sens de «être en voiture», littéral, «être assis en voitvire», on emploie на ou ит> avec le locatif, et le principe de répartition est le même : on dira donc cnilvn, на лпнейкФ., иа повозкФ., на В();}у, etc.; mais сид1-.тг. ш. к'арегК, ш> коляскЬ, иь iqKUcTK'h, m. DKHnavnt., etc. Dans Pouchkine, Дорожныя жалобы (les Plaintes du voyageur):

Д6лг(|-.11, MH'h гулятк на CB'ivrt.

Mais, avec des verbes pris en un sens plus abstrait, Г.хать par exemple, verbes dont la détermination vise moins à faire image qu'à indiquer simplement le procédé même du transport, la préposition employée sera généralement на avec le locatif.

Ex. : Т>хать на колёсахъ «aller en \^oiture», t,xaTi, на саняхъ < aller en traîneau» (сотр. ходить на четверенькахъ «marcher à quatre pattes», ходить ou б'Ьгат}> на лыжахъ «marcher avec des raquettes», б'Ьгать ou кататься на конькахъ «patiner»). Ты какъ иъ нему думаешь 1,хать? на lapanTact, или на свопхъ б'Ьговыхъ санкахъ? «comment penses-tu aller chez lui? avec le tarantasse ou avec ton traîneau de course?» Dans Tolstoï, Много ли человеку земли нужно? (Faut-il beaucouj) de terre à l'homme?), ces deux phrases qui se suivent et marquent une opposition intéressante : Собрались Башкирцы, c'LiH, кто верхами, кто въ тарантасы, поехали. А Пахомъ съ раббтникомъ на своёмъ тарантасик'Ь попали. (Верхами : en parlant de plusieurs cavaliers, même sens que верхомъ; v. p. 98 n. 1.)

Toutefois, même avec des verbes pris en un sens abstrait, les noms de voitures du type dit экипажъ éveillent trop expressément Vide'e d'intériorité pour admettre volontiers cette construction par на.

Observation. — De même que l'on dit "Ьхать на колёсахъ, Ьхать на саняхъ, on dit également 'Ьхать на лошадйхъ, npifeaib, perf., нpi'Ьзжâть, imperf., на лонтадяхъ, уехать, уЬ-зжать на лошадяхъ «aller, arriver, partir en voiture» (ou «en traîneau»), proprement <à chevaux», puis, avec un degré de plus encore dans l'abstraction, -Ьхать, пр11,хать, etc., на извозчика «aller, агг1л^ег, etc., en fiacre» (из-в6з-ч1шъ, -a «voiturier».

Appendice. — Remarques 39 — 41. vJSO

« charretier >, — i)lus spécialement <'Cocher de fiacre», distinct à la fois de |;уч<'1)Ъ, -M cocher», cocher de maître , et de и.мщпк'ь, -â conducteur de voiture de poste ): et enfin, par analogie: сидГ.тг. ил iiiujt'cpniirl; être en fiacre»: гЬгть, садитг.ся на илш'сгпи.а monter dans un iiacre».

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