Coinmeiit on dit monsieur», madame, mademoiselle
Le -съ de politesse.
Pour nommer les (jens de qui on jjarle. — Conformément à ce qui a été dit à la Лет. 15, pp. 260 — 261, on emploiera le nom complet (имя. от'П'сгмо и (jiaMiï.iiw) ou, si la clarté n'en doit pas souffrir, le nom de baptême et le patronymique seuls, et cela, quel que soit le rang de la personne en cause: si l'on vous dit de tel événement historique ({u'il s'est passé при Iliiivd.ial. 1Ган.1()иич'1",, A^ous devrez comprendre qu'il s'agit de l'empereur Nicolas I^''■, fils de l'empereur Paul.
Quand on ne connaît que le nom de famille, on le fait précéder des désignations: господГпгь pour «monsieur», госпожа pour «madame» ou V mademoiselle», лк-иода pour «messieurs», ces mêmes titres servant également pour les désignations de fonctions ou de conditions: господинъ raKÛrt-To «monsieur un tel»; госпожа такая-то «madame (ou «mademoiselle») une telle»; Господа Головлёны «Messieurs Golovlev» (titre d'un roman de Saltykov-Chtchédrine); r- kik )дйнъ мпнистръ «monsieur le ministre»; гк-пода iioMi.nuimi «messieurs les propriétaires».
Employées absolument, sans nom qui les détermine, ces mêmes désignations signifieront «un monsieur», «une dame» ou «une demoiselle», des «messieurs». On notera que le plur. господа, gén. госпбдъ, s'emploie souvent au sens de: «les maîtres»; ainsi: господа и прислуга «les maîtres et les domestiques» (прислуга, -и, fém., «un domestique», mâle ou femelle; au sens collectif, «le domestique», «les domestiques»); гиспида и Л10ДИ «les maîtres et les gens» (sur ce sens de люди et de son adjectif людской |людс|{ая «la chambre des gens»], сотр. j). 202 n. 1).
Pour interpeller. — L'usage le plus général est d'interpeller par le nom de baptême et le patronymique, sans autre désignation; et c'est pourquoi on est assez embarrassé quand on ne sait pas Гймя и отчество de la personne à qui l'on parle (v. Rem. 15).
La désignation par господшгь, госпожа employés seuls est assez vulgaire et parfois méprisante: c'est de ces termes que se servent les bas
1]{)Q Manuel (!<' hmj^'Mc russe.
employés jK.ur [>аг1('Г au риЬИс. Ли contraire, l'interpellation par господа «messieurs» est passée dans l'usage courant et n'a rien de désobligeant. On notera (|ue господа, en cette fonction d'apostrophe, se dit des femmes aussi bien цие des hommes: une femme, parlant à des fenunes. dira fort bien: ny, госиода, пойдёмте! «eh bien, mesdames, allonsl»
Les domestiques, s'ils ne sont pas autorisés à nommer leurs maîtres par l'i'iMW и бтчестио, diront oâpiiin., oâjM.iiiw. oâ])i,Timi'/i (v. }>. 88 n. 3j, et parfois сударь, сударыня (v. p. 79 n. 4j.
Pour commencer une lettre. — Si l'on ignore Ги.мя и отчество de son correspondant, on écrit: Miï.iocTiiHi.iil 1\)судар1>! Ми.юстииаи Государыня! «Monsieur», «Madame» (ou «Mademoiselle»), littéral, «gracieux seigneur», «gracieuse dame», — traduction des formules allemandes Gnàdiger Herr, Gnddige Frau. Et de même, devant une assemblée: Мйлостпвыя государыни! Милостивые государи! (en abrégé MM. ГГ.) «Mesdames et messieurs», — господа étant un peu familier.
Le nom de famille peut d'ailleurs être ajouté, précédé de госиодинъ. госпожа, господа: Мйлостгшый Государг., госиодинъ Ворещагпнъ! ЗГйлостивая Государьпш, госпожа Верещагина !
Si l'on sait le nom et le patronymique de son correspondant, on les écrit, précédés des mêmes déterminants que ci-dessus (Мил<к*тнвый Государь, Василий Нпколаевпчъ!) ou, si des relations personnelles autorisent plus d'intimité, précédés de l'un des qualificatifs многоуважаемый, глубокоуважа(\Ан.1н, высокоуважаемый «très honoré», «profondément honoré», «hautement honoré»: Многоуважаемый Николай ВасГ[Л1>снич1. !
Sur l'adresse d'une lettre. — La suscription la plus usuelle, entre gens des classes dites privilégiées (привилегированные классы), est: Его (Evi pour une femme) Выеокоблагор6д1Ю. suivi du nom complet (шгя, отчество II фамилия) également au datif; littéral, «à Sa Haute Noblesse» (de высоий et благо-родный «de naissance noble»): Его Высокоблагород1ю Ивану Сергеевичу Тургеневу. Cette suscription est un emprunt à l'allemand : Seiner Hocliivohlgeboren Нег^гп N.
Pour un paysan, un мЕщанйнъ, un marchand de petit état, on écrit simplement les prénom, patronymique et nom de famille au datif, sans autres qualifications : Ссхмёну Дмйтр1ев11чу Козлову. Entre eux, les marchands (купцы) s'écrivent Господину такому-то, à moins qu'ils ne se donnent du E. B. Б. (= Его Bыcoкoблaгop6дiю).
Aux personnes titrées ou d'un haut rang dans le tchine (чинъ, -a), on écrit, suivant le titre héréditaire (no рожден1ю) ou le grade (no служб-fe) : Его С1ягельству (de сшть. сшю «luire», «briller») j)our les comtes (графы) et les princes (князья), et]Er6 Светлости pour les'princes ayant le titre de св^тл-Ьйmift князь; — Его Высокор6д1ю «à Sa Haute Naissance» pour les статсюе сов'Ьтники «conseillers d'Etat» (dignité et non pas fonction): Его Превосходительству «à Son Excellence» pour les généraux, d'ordre civil ou militaire, c'est-à-dire pour tous ceux qui ont la dignité de действительный
Appendice. — Rfm;ir<jiic 45. 301
(TiVrciviri cMirl/miiiri, et de niilubirt симЬтш»!.. conseiller d'Ktat actuel > et «'Conseiller secret»; Kn» Вы<'(.1х(>111)ги«>с\идцтг.||.стиу <'а Уа Ibiute Excellence» pour les дЬпстиГпч'.и.ш.н' тапнмс сп!}!,!!!!!!,!! «сопявШегв secrets actuels».
Pour les membres du clergé régulier ("К'^тп»' духоиеистии). suivant le grade: Kn» irix'iKMÛuJK» f<' Révérence»), Hi.icuK(iiii)<'ii(i,i,noii<» («Haute Kévérence'>i, lF|)t'i>ci{'/Hn,<'ii('ïi{y («Eminence»), Бы('<»к«'||]»(м(смя1ц<''11(тиу («Haute Éminence»); pour les membres du clergé séculier (oluoc духоисипно) : Его r».iariMMoHi'iiii<i (litt('ral. «bénédiction»), Kn» Hi.icoiv-do.iai'ocK.n/'iiiio.
Observation I. — On a aouIu voir un vestige de l'incise судар!., (•уд;'4)Ы11и «monsieur», «madame» (ou «mademoiselle») dans le -сь «de l^olitesse» dit c.ini^iM'p'i, (du nom ancien des deux lettres с et ъ): что Ваш. уп'>дио-с1,У «({ue désirez-vous?» тп) ирпиа'латс-гь? même sens, m. à m. «qu'ordonnerez-vous?» вниомап.-гь «pardon» (^entendre: я виноиап. «je suis fautif», «c'est de ma faute»); iipeKi»âcH()-c'[. «fort bien»; etc.: et de même, dans le parler des soldats: lâin. тичип-гь, formule d'affirmation valant да: никакь нЬгь-съ, formule de négation valant irbn.: слутаю-сг,, m. à m. «j'écoute», au sens de «parfaitement», «compris».
Les commis de boutique emploient ce -еъ à tout propos et hors de propos: on prendra garde à n'en pas abuser dans la conversation de chaque jour, l'usage en devenant aisément vulgaire. L'une des valeurs de ce -CI. de politesse, au sens concessif, est d'atténuer l'affirmation ou l'objection; volontiers aussi il prend un sens d'ironie.
Observation II. — Ayant à désigner leurs maîtres par un simple pronom, les domestiques mettront ce pronom au pluriel (pluriel d'importance, V. p. 227 n. 2): Барпнъ дома? — Ш'.ть, сударыня, ииГг даино ушли. «Monsieur est-il chez lui? — Non, madame, il y a longtemps (|ue Monsieur est sorti». Dans Saltykov-Chtchédrine, Помпадуры и Помпадурши, V, 2: Тап.йиа Мпхаплониа кланяться приказали i[ вел'Ьли дило/ьГт,, что сами на тарелк-у накладынатг. изволили (c'est un domestique qui parle). «Tatiana Mikhaïlovna vous envoie ses compliments et vous fait dire qu'elle-même a mis (littéral, «a daigné mettre») les morceaux sur l'assiette» (приказать клгшяться, вел'Ьть доложить, изволить иакмадывать, expressions de politesse toute servile).
Observation III — Avec Вы en valeur du «vous» de politesse (v. p. 59 n. 3) l'adjectif attribut (forme courte) se met au pluriel. Ex. : Вы добры (et aussi добры) «vous êtes bon», «vous êtes bonne» ; Вы красивь! «vous êtes belle»; Вы сйльнел «vous êtes fort».
Mais, si l'attribut est un substantif ou un adjectif en fonction d'épithète d'un substantif non exprimé (adjectif à la forme longue : сотр. p. 16 n. 5), cet attribut sera au singulier. Ex.: Вы герой «vous êtes un héros»; Вы хитрый челов^кь «vous êtes un homme rusé»; ь'акбй Вы добрый челов1'.кь ou simplement как'ой Вы добрый «quel brave homme vous êtes»: en s'adressant à une femme: Вы теперь ш'щая «\'ous êtes pauvre maintenant» (ншц1п, -аи. -ее «indigent», «qui n'a rien»).
On notera cependant que, même en ce second cas, tous ceux pour
302 Manuel (le laii^aïc russe.
(|ui k' «vous» (le politesse est chose artificiellement a}»prise. donie^ti^ue^, ouvriers des villes, etc., mettront le plus souvent l'attribut au pluriel : KMiiii Jiiii iibiii'ir иарндпыи «comme vous êtes belle aujourd'hui», dira la cuisinière à la femme de chambre endimanchée.
Observation IV. — C^uand une personne est désignée par son titre (lif.iii'H'cTijd «Majesté», libicû'iccTuo «Altesse», Прсипсходптельство «Excellence», etc.), l'attribut prend le genre de la personne en cause et non pas de son titre. Ainsi, d'un empereur, d'un roi, d'un prince: Kn» Be.ii'i'iecTHd uô.icH'b «Sa Majesté est malade» ; Krô 1]ысочеггни ci^uii'iâ.u-H «Son Altesse est morte»; d'une impératrice, d'une reine, d'une princesse: Ей Величество больна; Ей Высочестии скончалась. D'autre part, si c'est un domestique qui parle, pronom, verbe et attribut seront au pluriel (сотр. p. 227 n. 2): Ихъ (pour Erû) Иревосходшельстьо пзволнп, kvhiutj. «Son Excellence (d'un homme) est à table»; Ихь (pour Ей) Превисходнтельство 11;5волят'1> iit)MiiB;Vn> «Son Excellence (d'une femme) dort» (кушать pour licTb, почивать pour спать: comj). Observation II, à la fin); Ихь \\\п'- Н(К'Х()дительство нездоровы; Ихъ 111)свосходйтельств() скоичалпсг..
Les titres précédés de l'adjectif possessif «votre» (Bâine Величество. Ваше Высочество, Вгпио Превосходительство, etc.) ont la même syntaxe que Вы en valeur du «vous» de politesse: verbe à la 2'' pers. du plur., attribut comme il est dit à V Observation précédente. Ex.: dans Saltykov- Chtchédrine, Помпадуры и Помпадурпш, 1, 1: Про кого это Ваше Превocxoдйтeль('Tв<J говорить извблто? «De qui donc Votre Excellence A^eutelle parler?» Avec un attribut: Bânie Превосходительсты > и-а ато согласны «Votre Excellence est consentante».