‹ Méthode de direction des œuvres de jeunesseChapitre 28 sur 36 · DU SECOND BUT DE L'EDUCATION FORMER LES ENFANTS AUX BONNES MŒURS · texte numérisé non relu

DU SECOND BUT DE L'EDUCATION FORMER LES ENFANTS AUX BONNES MŒURS

Quand' nous prétendons que l'immoralité règne à peu près sans entrave dans les écoles, Dieu nous garde de dire que ce soit de parti pris, avec la connivence des maîtres, ce serait tout simplement une monstrueuse absurdité. S'il y a quelques maîtres corrompus, laissons le soin aux assises de poursuivre de tels scélérats, ces minimes exceptions ne sauraient servir de base à une thèse.

Nous dirons seulement que le maitre surprend rarement le mal, le soupçonne plus rarement encore, et que quand il le connaît il est fort porté à fermer les yeux pour éviter un renvoi, par intérêt, ou pour l'honneur de sa maison. Dieu a permis, du reste, qu'un cei-tain voile de modestie entourât toutes les âmes ; il y a donc une certaine décence extérieure dont les enfants ne se défont pas ordinairement en public ; il faut qu'ils soient sûrs de l'impunité, du mystère, et cette décence extérieure suffit à endormir le maitre. Mais le démon n'y perd rien et la plupart de ces âmes n'en sont pas moins à lui. En vain une discipline sévère empêche-t-elle les

écarts, les enfants savent s'y soustra're et d'autant mieux qu'ils se sentent mieux surveillés. Un maître dans sa classe est comme un général qui défend une place. Ne sachant de quel côlé il sera attaqué, il faut qu'il garde tous les points à la fois. L'ennemi au conti'aire choisit l'endroit le plus faible, le moins surveillé, le plus mal gardé, et c'est ce point qu'il attaque k l'improviste, au milieu de la nuit. Un enfant placé à un premier rang, vola un jour, sous mes yeux, une pièce de vingt sous dans la poche de son voisin ; je ne m'en doutais pas. La discipline, la surveillance ne peuvent donc tout prévoir et je me ris d'un maitre qui répond de la moralité de ses élèves. Au moins devrait-il ajouter : Autant que je puis le savoir, c'est-à-dire point du tout. J'admirais un jour la disposition d'une classe ; il n'y avait que trente élèves, les élèves sur un seul rang occupaient les trois côtés de la salle, le maître tout seul occupait le quatrième. Ces tables élevées sur une estrade n'avaient point de casiers, mais une simple planche pour pupitre. Le maitre surveillait donc sans peine tous ses élèves, aucun de leurs mouvements ne pouvait lui échapper. Je m'extasiais sur cette disposition qui supposait beaucoup d'expérience, un grand luxe de place et de maîtres d'études. Celui qui m'accompagnait se moqua de ma simplicité et me conta des infamies qui semblaient absolument impossibles. C'est qu'un surveillant peut sommeiller dans les chaleurs de l'été, un élève peut l'absorber pendant quelques

moments et recevoir ce rôle de ses condisciples. Bref ces faits qui étaient vrais, démontraient bien rinanité de la surveillance là où les enfants n'ont pas un amour surnaturel pour la vertu. Du reste ils ont encore le défilé des rangs, les cours, les promenades, le dortoir surtout, le bassin de natation et cent autres endroits où la nature reprend ses droits quand rien de surnaturel ne l'a domptée.

Un maître a donc bien tort de se fier aux apparences, sa responsabilité est trop grande pour se contenter de ce qui parait. Fode parietem (Ezech. vm. 8). J'ai dit ailleurs ce que je pensais des espions ; voici comment s'exprime notre règlement (1) quand il s'agit des bonnes mœurs :

« La vertu a pour couronnement les bonnes mœurs, un des buts principaux que nous nous sommes proposés en fondant cette Œuvre. En efïet la vraie éducation demande avant tout les devoirs envers Dieu, notre créateur et notre maître, c'est la Piété ; puis un corps robuste qui puisse supporter le travail et traverser les fatigues de la vie, nous l'obtenons par la vie réglée. Tout cela. Piété de l'âme, force de l'esprit et du corps croule à l'envi si la chasteté ne domine pas tout. Un enfant libertin, l'expérience nous l'apprend depuis longtemps, perd la santé, s'éloigne de Dieu; son esprit obscurci ne peut suivre les études, et voilà pourquoi

(1) Notre règlement de l'Ecole se trouve à notre économat, au prix de un franc, par la poste, franco.

nous tenons si prodigieusement aux bonnes mœurs dans cette Maison.

« La chasteté, chez les jeunes gens, se manifeste par la modeatle, cette belle vertu qui devrait toujours être l'apanage de la jeunesse. C'est pour la maintenir intacte que sont faites la plupart de ces règles de discipline qui cesseront de paraître gênantes si on considère l'admirable résultat qu'elles parviennent à obtenir. Il faut que, dans notre maison, le vice, s'il existe, soit réduit à se cacher, ou bien qu'à l'instant le cmipable soit chassé quand il ose se faire connaître. Presque toujours trop faciles pour les autres fautes qu'excuse la légèfeté des enfants, nous sommes inexorables pour ceux qui ont le malheur de s'oublier une seule fois en matière si grave. Aussi, quoique nous détestions les rapporteurs qui dénoncent leurs camarades pour les faire punir, nous voulons qu'on nous fasse connaître, sans retard, ces empoisonneurs publics, corrupteurs de leurs camarades. Si nous ne pouvons empêcher quelques enfants d'être déjà vicieux, quand on nous les confie, au moins faut-il que l'innocence des autres soit en sûreté et que nous puissions les rendre purs aux familles qui nous les ont confiés purs.

« Que tous nos élèves, et surtout les meilleurs, nous aident de leur mieux à faire toujours fleurir la modestie parmi leurs camarades par leurs paroles, leurs exemples, et surtout par cette exacte surveillance que nul ne peut exercer aussi bien qu'eux.

« Nous avons déjà défendu les jeux de mains aussi contraire à la bonne éducation qu'aux bonnes mœurs, et ces privautés qui isolent deux jeunes gens ensemble. Nous défendons pareillement les amitiés particulières qui détruisent le bon esprit dans une Maison, en réunissant les caractères qui auraient besoin d'être séparés, au grand détriment de cette charité universelle, bonheur de toute l'Œuvre quand elle est bien observée.

« Il est sévèrement défendu de mettre les mains sous la table en étude, en classe, au réfectoire, ou de les tenir dans les poches. Après ces avis si explicites, toute conversation mauvaise, tout geste, toute parole immodeste seraient immédiatement punis de l'expulsion, aimant mieux pêcher par trop de sévérité, dans ces sortes de choses, que par une absurde indulgence qui perdrait 1 ame de nos enfants.

« Il est donc bien convenu avec les parents qu'aucune faute ne sera jamais pardonnée, si elle est connue, et qu"ils consentent à reprendre immédiatement leurs enfants si ce malheur leur arrivait ; c'est une condition expresse de leur admission. »

Nos enfants comprennent ce langage, ils se savent surveiller, non-seulement par leurs maîtres qui rarement sauront le faire comme il faut, mais par chacun de leurs condisciples.

J'ai toujours remarqué que les laïques n'attachaient pas assez d'importance à ces fautes, ce sont des enfantillages, diraient-ils volontiers. J'ai même trouvé des gens qui ne croyaient pas qu'un enfant

pût pêcher mortellement avant l'âge de puberté. Laissant de côté les idées surnaturelles, qu'on ne peut cependant exclure, qu'on nous permette de dévoiler les affreuses conséquences naturelles et sociales de ces vices précoces ; nous elïleurons le sujet sans chercher à l'épuiser.

Les livres saints nous disent que Dieu créa le monde en six jours, et qu'il se reposa le septième. L'Écriture signifie par là que Dieu cessa de produire de nouvelles créatures. Ces six jours étaientils des jours naturels ou des époques ? ce n'est pas le lieu de le discuter : toujours est-il que ce septième jour dure depuis environ six mille ans et durera jusqu'à la fm du monde. Mais Dieu ne produisant plus de nouvelles créatures a établi des lois qui président à la propagation et la conservation des êtres. Ces lois s'imposent fatalement aux créatures inanimées et aux bêtes brutes, mais elles laissent leur liberté aux créatures raisonnables. Cependant l'usage de cette liberté devient un crime quand il renverse cet ordre établi par le Créateur. Dieu a dit nonoccides, comme il a dit: non mœchaheris. C'est le même désordre sous des formes différentes. L'un arrête la vie qui n'appartient qu'à Dieu, l'autre l'empêche de se produire. Supprimez ces deux commandements et la société n'aura plus (le durée, les races s'éteindront successivement. Les Turcs disparaissent peu à peu de la Turquie, les races primitives s'éteignent dans l'Amérique, la France perd cent mille âmes tous les ans, elle

n'aura plus d'habitants en cent quatre-vingt-trois ans, disent les économistes (1). Sans doute. Dieu, dans sa Providence a des moyens en réserve pour assurer la multiplication et la perpétuité des hommes jusqu'à la fin des temps ; les races européennes repeupleront l'Amérique, les Grecs se multiplieront en Turquie, et les desseins de Dieu sur l'humanité seront toujours accomplis. Mais ceux qui commettent ce crime n'en renversent pas moins ses desseins autant qu'il dépend d'eux, et voilà la malice spéciale des mauvaises mœurs, de ce qu'on appelle des enfantillages. Celui qui blasphème le saint nom de Dieu ne diminue pas pour cela sa gloire immuable ; celui qui profane la Sainte-Eucharistie ne profane que les espèces, le corps glorieux de Jésus-Christ n'en reçoit aucune atteinte ; mais les uns et les autres font ce qu'ils peuvent pour outrager la majesté divine, et là est le crime.

Si un enfant de dix ans est déjà vicieux, et des médecins fort respectables m'ont assuré que des

(1) M. le D' Gustave Lagneau a lu à l'Académie des Sciences morales et politiques dans sa séance du 17 juillet 1875, un mémoire très instruclif, mais très effrayant, sur la mortalité des enfants illégitimes avant l'âge de 21 ans. En résumé, de 1861 à 1870, pendant neuf ans. il y a eu en France chaque année 81,647 naissances légitimes et 75,442 naissances illégitimes. Chaque année, d'après les registres de l'état-civil, il meurt 62,206 enfants illégitimes âgés de moins de vingt ans, soit 32,378 de plus que les morts d'enfants légitimes avant le même âge. Voilà ce que nous appellerons les conséquences matérielles, visibles et sociales du libertinage.

enfants l'étaient parfois à trois ou quatre ans, et j'en ai rencontré moi-même quelques exemples, déjà à cet âge il perd la modestie, la pudeur, l'honnêteté, c'est-à-dire qu'il déchire ces voiles dont nous parlons tout-à-l'heure, et se prépare par la mauvaise habitude aux vices plus graves des années suivantes. Sa santé s'altère, n'a-t-on pas remarqué de petits enfants se desséchant parce qu'ils se rongeaient les ongles, mâchaient du bois, ou autres choses semblables ? Est-il étonnant que la nature outragée soit atteinte dans la santé ? Mais la mauvaise habitude est rarement solitaire chez les enfants, ou du moins n'est pas que solitaire. Les élèves libres pendant de longues heures après les classes, se livrent à de vraies parties de débauche qui épouvantent les physiologistes, autant que les confesseuis, et c'est tout naturel. A cet âge, le mal n'est mal que parce que c'est défendu, qu'il y a une répression, un châtiment. Si on peut le commettre sans danger, rarement la foi sera assez forte pour en préserver, surtout si le vice est venu peu à peu, avec des degrés successifs, de manière à ne pas elïaroucher tout d'un coup, et surtout si un grand nombre le commet. Un jeune homme de seize ans me faisait appeler dans une prison cellulaire ; je lui rappelais paternellement combien de fois je lui avais prédit les terribles conséquences de son libertinage. Ah ! me dit-il, je savais bien que c'était péché, mais je ne savais pas qu'on condamnait à la prison pour cela ! Le sens moral s'oblitère, en effet,

par les exemples et les excitations des autres, et voilà de pauvres enfants qui compromettent gravement, et peut-être irrévocablement, la santé de leur âme et de leur corps, leur honneur et celui de leur famille.

Le châtiment vient ordinairement plus tard, pede claiido, disaient les anciens, mais il arrive. Les santés sont déplorables, dans nos grandes villes surtout, les corps frêles, étiques, écrouelleux. Quand le service militaire se recrutait par le tirage au sort, sous l'empire de l'ancienne loi, il fallait aller jusqu'aux derniers numéros pour compléter un contingent à peine du tiers des inscrits. Un de nosjeunes gens vient d'être pris avec le numéro 494 sur 530 et il n'a pas été le dernier. Les mariages sont inféconds, la mortalité plus considérable. Les enfants paient pour leurs pères, car les châtiments s'étendent jusqu'à la troisième et quatrième génération, et cela se comprend : nous avons supposé, et non gratuitement, l'enfant gâté dès sa dixième année, et même beaucoup plus tôt ; les années suivantes révèlent de nouveaux vices connus et recherchés depuis longtemps, jamais ces sortes d'habitudes n'amènent la satiété, les lieux infâmes achèvent de détruire la santé, souvent dès l'âge de quinze ou seize ans, et c'est alors surtout que les conséquences deviennent héréditaires.

Mais c'est le rôle du démon de montrer seulement le mal, c'est celui du bon esprit de montrer le remède. Ce remède existe, Dieu l'a mis à la portée

de tout le monde, c'est sa Divine Grâce ; c'est donc cette grâce qu'il faut obtenir.

1' Chassez impitoyablement les mauvais, surtout dans les premiers temps d'une fondation. L'université, les parents, vos supérieurs peut-être, tout le monde vous blâmera : bravez tout courageusement. Les règlements de la voirie enlèvent inexorablement les ordures qui compromettraient la salubrité publique ; l'âme de vos enfants, à coup sûr, vaut bien mieux.

2" Au commencement de chaque année prêchez une retraite, refaites les confessions de vos enfants, cela remontera votre maison et balayera les saletés des vacances. Revenez souvent sur les grands sujets de la chaire chrétienne, le péché, la mort, le jugement, l'enfer, initium sapieniice timor. (Ps. ex. 10). La chaire et le confessional sont les deux citadelles de la morale, ne perdez pas ces grands avantages par votre négligence. Il y a vingt-huit ans, les frères nous firent prêcher deux ans de suite une retraite à plusieurs centaines de leurs plus grands élèves des écoles gratuites, je ne sais pourquoi cet usage n'a pas été conservé, cela faisait beaucoup de bien.

3° Formez dans chaque école un noyau pieux, ce que nous avons appelé dans la première partie de cet ouvrage, les associations. Quand elles sont scrupuleusement composées et bien dirigées, elles entretiennent dans une maison la bonne odeur de Jésus-Christ et forcent le vice à se cacher en atten-

dant qu'il disparaisse. Les écoles communales cessent leurs classes à quatre heures et demie ; pourquoi un maître pieux et zélé ne ferait-il pas une fois par semaine pendant demi-heure, une Congrégation ? Pourquoi ne ferait-il pas souvent confesser ses élèves en les accompagnant lui-même avant ou après la classe ? Pourquoi ne leur donnerait-il pas rendez-vous le dimanche à une messe matinale autre que la messe de l'école, pour recevoir le bon Dieu ? Spiriius est qui viviflcat, caro 7ion prodesi quidquam (Joan. vi. 64). Littera occidii, spiritus aiitem vivifîcat (ii Cor. m 6). Il y a sans doute des écoles où cela se fait, mais j'avoue n'en connaître aucune, ce qui est incroyable.

4° Faites confesser souvent vos enfants. Si la communion fréquente est en usage dans votre école vous êtes sûr de la moralité. Il est impossible que vous ne trouviez pas un prêtre qui vous y aide et il y a un grand avantage à avoir le même pour tous.

5° Les externes sont généralement peu portés aux amitiés particulières, c'est plutôt la spécialité des pensionnaires. Cependant surveillez leurs fréquentations; le moindre regard, le moindre geste, la moindre familiarité, un billet imprudent, vous feront deviner bien des choses.

6° Saint Joseph Callassanct supérieur d'un ordre considérable, souvent désigné pour les plus hautes dignités ecclésiastiques, balayait lui-même les classes, et accompagnait les enfants à leur maison.

Qiiamvis ordinî universo prœessei, numquam tamen prœiertnisit pueros eriidire, quorum scholas verrere eosque domum, comitari consuevit (légende du bréviaire). Faites balayer vos classes par gui vous voudrez, mais de grâce ne confiez pas ce soin à vos élèves après la classe, ou du moins, soyez avec eux. Dans de nombreuses écoles les maîtres s'en vont, laissant derrière eux quelques enfants pour ces soins de propreté. Ces classes deviennent des lieux infâmes, il faudrait être aveugle pour ne pas le comprendre.

Accompagner les enfants est une bien bonne chose et nous n'y manquons jamais dans notre maison, quoique ce soit une course bien onéreuse, le soir, à une heure si attardée, par tous les temps, l'hiver surtout. Un de nos frères ne rentre et ne soupe jamais avant neuf heures et il ne regrette pas sa peine, car sa nombreuse bande traverse forcément des rues infâmes.

7* Fréquentez beaucoup vos enfants, c'est le seul moyen de bien les connaître : soyez très affectueux avec eux, gagnez leur confiance, faites vous aimer, rendez-leur mille services. Plus vous serez sévère dans les rapports publics, plus il faut leur faire oublier le maitre dans les rapports privés. Mais ne leur faites jamais de questions indiscrètes ; la conscience est un sanctuaire où le confesseur tout seul a le droit d'entrer et seulctnent dans l'acte de la confession.

On conçoit que ces moyens sont spécialement

à la portée des prêtres qui ont Texpérience des âmes et la grâce de la paternité, fruit du sacrement de l'Ordre ; et voilà la supériorité indiscutable des écoles sacerdotales sur toutes les autres écoles.

Mais le moyen par excellence, à la portée de tous, c'est la prière, l'esprit de sacrifice qui fait remplir un devoir et non exercer un métier. Il y a dans l'Ecriture sainte un récit qui m'a toujours singulièrement touché. Les enfants de Job demandaient parfois à leur père la permission d'un peu se divertir en dehors de la maison paternelle. Les jeunes gens ont toujours été les mêmes, et le saint homme ne le leur refusait pas, quoiqu'il sût bien les dangers de ces divertissements. Mais continue l'Ecriture: cumque transissent dies convivii yyiittebat ad eos Job et sanctificabat illos, consurgensque dihiculà oferebai hoiocausta pro singulis. Dicebat enitn: 7ie forte peccaverint filii mei.... Sic faciebat Job cunctis diebiis. (Job. i. 5). Voilà bien le modèle du père de famille et du maître chrétien qui le remplace. Sa sollicitude accompagne les enfants après \2, cXdiSSQ^ne fo7^te peccaverint. Il ne se croit pas déchargé parce que quatre heures et demie ont sonné, et ne pouvant plus rien par sa vigilance et ses soins, il se livre à la prière, au sacrifice, à la mortification, à la pénitence, ne forte peccaverint . Et il ne le fait pas quelques heures en passant : sic faciebat cxmclis diebus. Sans doute, quand vous aurez tout épuisé, vos enfants ne seront pas tous

chastes, l'esprit canaille comprimé chez quelquesuns, n'est pas toujours étouffé pour cela ; mais beaucoup deviendront d'excellents sujets et vous combleront de joie dès ce monde.

Je voudrais en dire davantage, je voudrais parler des degrés sublimes de cette admirable vertu de Pureté ; mais ce livre est trop pour le public, sacramentiim Régis abscondere bonum est {iob. xii 7). Il y a de ces choses que les oreilles sacerdotales peuvent seules comprendre : qu'on les lise dans le Traité de la Confession et, pour l'application, dans la Vie de gicelqiies-iiyis de mes ryieilleurs Jeuties Gens, on verra mieux les succès prodigieux qui attendent les prêtres voués à ce sublime ministère, filioli quos iterum parturio donec formetur Christus in vobis (Galat. iv xix).

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