DESCRIPTION
tures limites où les voiles se forment dans certains milieux et par les temps nécessaires à cette formation.
De plus, l'aspect du voile est caractéristique : tantôt le voile est mince et gris mat, soit que ce soit sa nature, Goit que lorsqu'il devient trop épais il tombe au fond et se reforme, d'autres fois il est plissé (surtout en milieux acides, Kayser). Souvent il forme des bourrelets d'aspects divers, secs, poussiéreux, gommeux, brillants, etc. Un cas assez fréquent est celui où les cellules grimpent sur la paroi du vase et forment des anneaux, à cellules très allongées et très épaisses, quelquefois sporifères.
D'après ce que nous venons de dire, il est des cas où le mycélium reparaît chez la levure. Il n'en est pas moins vrai qu'ordinairement elle est réduite à l'asque.
Description de la levure.
Nous allons décrire avec détails cette asque qui constitue la cellule de levure (i). — Nous suivrons de très près les travaux de Janssen et Leblanc faits sur un certain nombre d'espèces.
La cellule de levure est constituée comme toute cellule par une membrane extérieure, contenant un protoplasma dans lequel se trouve un noyau qui enveloppe lui-même un protoplasma spécial et un deuxième noyau, le nucléole. La membrane de la cellule proprement dite est mince, incolore, élastique et de nature cellulosique. Le protoplasma de la cellule (2), quand elle est jeune, est hyalin, mais quand la cellule vieillit, il devient granu-
(i) Sa densité d'après Guignardest voisine de 1,18. D'après Fernbach, il y aurait 10^ cellules au centimètre cube et leur poids serait 3 grammes.
(2) Quand on mêle de la levure à certains sels, tels que le sel marin, il y a une exsudation abondante utilisée soit comme aliment, soit comme source de diastase.
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leux surtout à température élevée ; cela tient à ce que la cellule souffre ; or ces grains de protoplasma ne sont que des réserves alimentaires qui disparaissent dès que la cellule est dans un état plus satisfaisant.
Quand la matière albuminoïde du protoplasma se concentre en ces grains il ne faut pas croire que le reste de la cellule soit vide. II s'est formé des vacuoles remplies d'un liquide plus clair qui est pour ainsi dire le sérum du protoplasma ; on trouve dans ce liquide des grains très réfringents qui, traités par l'acide sulfurique, sont reconnus pour de l'huile ; on y trouve aussi du glycogène.
Arrivons au noyau. Ce noyau est ordinairement unique mais quelquefois on en trouve deux. Il est formé à son tour d'une membrane contenant un protoplasma appelé caryoplasma et enfin d'un noyau particulier le nucléole.
Développement.
Voyons les modifications de tous ces organes pendant la vie des cellules. La différenciation des divers organes ne peut se faire que par la méthode des colorations.
Prenons une cellule jeune et mettons la dans un milieu nourricier.
Un peu avant la douzième heure de culture, le protoplasma commence h subir une transformation consistant pour ainsi dire en un dépôt de protoplasma se formant autour du noyau. En même temps dans le noyau on voit le caryoplasma changer absolument d'aspect. Au lieu d'être un liquide homogène comme au début, il est sillonné par des filaments formant une sorte de réseau qui embrasse et soutient le nucléole.
Vers la treizième heure se produit le phénomène inversé. (]e réseau et par conséquent les vacuoles du réseau se résorbent ; l'aspect redevient homogène. Les choses restent ainsi jusqu'à la trente-sixième heure.
DÉVELOPPEMENT ET REPHODUCTION gi
A la trente-sixième heure, nouveau phénomène. Le réseau du noyau réapparaît et en même temps le protoplasma de la cellule elle-même se vacuolise et forme un réseau.
Entre la quarantième et la cinquantième heure, c'est-àdire au moment où la fermentation est la plus active dans le milieu sucré on aperçoit sur le réseau du protoplasma (le véritables granules. Ce sont les réserves alimentaires qui se forment.
Ala cinquante-quatrième heure, la fermentation tombant, les granules du protoplasma se résorbent h nouveau.
Enfin vers la soixante-quatorzième heure on a de nouveau dans le protoplasma une granulation particulière formée de deux espèces de corps. Les uns sont de nature albuminoïde, les autres sont du glycogène. Voilà les différentes transformations qui se produisent à l'intérieur de la cellule pendant sa vie.
Voyons maintenant les modes de reproduction de ces cellules. Elles peuvent se reproduire par bourgeonnement extérieur (conidies) ou par spores intérieures.
Reproduction.
Reproduction par bourgeonnement. — Dans la plupart des levures, le nucléole paraît s'étirer, les deux parties restant liées par un cordon, le noyau suit le mouvement du nucléole et s'étire, puis la cellule elle-même s'étrangle, ce qui forme le bourgeon (fig. Sg-Zjo).
Cependant dans certaines levures telles que le saccharomycesLudwigii, le sacch. Octosporus, le sacch. Pombe, il semble qu'il y ait cloisonnement. Voici ce que Janssen et Leblanc ont vu dans ce cas spécial :
Au moment où la cellule va bourgeonner, les vacuoles s'agrandissent et la membrane du noyau se dissout. Le nucléole qui est à l'intérieur du noyau s'allonge et tend à
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se scinder en deux, mais les deux parties restent réunies
par une sorte de cordon.
En même temps le nucléole qui est maintenant libre dans la cellule se trouve poussé vers la membrane de celle-ci. Un dépôt de matière cellulosique commence alors à se former dans le cordon. Ce dépôt s'étend d'abord par points de part et d'autre du cordon de manière à rejoindre la paroi de la cellule, puis le dépôt devient continu ; il s'est alors formé une véritable cloison mais qui ne rompt pas le cordon placé entre les deux morceaux de
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nucléole. Cette cloison détermine la séparation du bourgeon et de la cellule-mère.
Les nucléoles s'entourent alors de nouveau d'une membrane et constituent deux noyaux complets. La première cellulc-mère se retrouve à l'état primitif; elle est accolée à une nouvelle cellule semblable ii elle-même, il un bourgeon. Dans les saccbaromyces ordinaires, le bourgeonnement est-il une copie de celui que l'on vient de décrire en admettant un étirement simultané. Cela n'estpas probable, car l'enveloppe du noyau ne disparaît jamais.
Reproduction par spores. — Ce mode de reproduction a été entrevu en iSSj par Cagnard-Latour et décrit en 1869 pur Recss. Les spores ont de 2-6 [j., elles sont