V. notamment l'histoire du Chicago Gas Trust. (Les ser
vices publics et la question des monopoles auæ États-Unis, par P. de Rousiers, Rev. polit. et parlem., 1898. t. 18, p. 91 et suiv.).
ot des tuyaux de canalisation ou des rails rendent difficile et dangereuse la circulation.
La concurrence parait donc ici absolument impossible, et des raisons économiques, aussi bien que des motifs purement matériels, imposent le régime du monopole ; et, puisqu'il est inutile d'essayer de prévenir le monopole, mieux vaut l’accepter comme un fait normal, en cherchant seulement à enrayer ses abus.
Il ne faut cependant pas exagérer la nécessité de ces monopoles de fait; et, puisqu'il a été démontré que le monopole est inévitable, il importe de tempérer immédiatement ce principe en déterminant dans quelle mesure.
Le monopole absolu doit d’abord être entravé par ce que les économistes appellent la loi de substitution loi d’après laquelle la grande cherté ou la mauvaise qualité d’un produit provoque l'emploi de produits différents pouvant mieux remplir le même but. Par exemple, de nouveaux modes de transports peuvent obtenir la faveur du public; de même, la rivalité croissante du gaz, de l'électricité, de Pacétyléne fait que les entreprises d'éclairage doivent compter, elles aussi, avec la loi de substitution,quiapparaîit dès lors comme une porte ouverte à la concurrence.
Les faits, du reste, prouvent la possibilité de 11 concurrence. C’est ainsi qu'à Berlin, des usines municipales et une compagnie privée se
font concurrence pour l'éclairage publie et privé depuis 1845, concurrence qui a eu comme conséquences heureuses Pabaissement des prix de vente et l'amélioration très sensible de l’éclairage.
Il est encore curieux de signaler, au même titre, l'observation faite par le colonel W. T. Makins, gouverneur de la Gas Light and coke company, que la consommation du gaz à augmenté précisément dans les districts de Londres où léclairage publie à fait le plus de DrOSreSt,
Ceci d’ailleurs se comprend aisément: ie gaz est un agent de chauffage en même temps que d'éclairage; il est d'emploi commode, surtout depuisles nouveaux perfectionnements apportés aux becs. La lumière électrique, au contraire, n'est qu'un agent d'éclairage, et surtout,les courants pouvant perdre dans la canalisation leur intensité premiere, elle n'offre pas la régularité de fonctionnement requise pour les besoins du commerce.
Autant de causes qui font que le monopole de fait absolu n'existe jamais, et que, même pour les services communaux, la porte est toujours entrebaillée.à 1a concurrence.
1. Raffalowich, L'éclairage à Berlin, Écon. fr., 1897, 1, 703. &. con. franç. 1892,2, 203.