NOTION ÉCONOMIQUE DU MONOPOLE COMMUNAL. — SON OBJET
Pour définir exactement le caractère et l’objet des monopoles communaux qui sont le sujet de cette étude, 1l est indispensable de déterminer d’abord la notion du monopole en économie politique. Ce n’est pas là une recherche oiscuse, car tous les économistes n’en ont pas la même conception, et certains hésitent même à couler leur conception dans le moule de la définition.
Tel Aristote, lequel voulant définir le monopole, rapporte cet exemple d'un certain Thalès de Milet qui, ayant prévu grâce à ses connaissances astronomiques, que la récolte des olives serait abondante, loua tous les pressoirs de Miletet de Chios pour, le temps venu,
les sous-louer à haut prix eten tirer un profit considérable !,
D’autres auteurs ont cherché dans létymologie du mot la caractéristique du phénomène : « Faire le monopole, écrit Condillac, c’est vendre seul ? ». Le même procédé inspire aussi la définition de Proudhon *, il a fait écrire à Adam Smith cette phrase un peu vague‘:
«Le monopole a le même effet qu’un secret dans un genre de commerce ou de fabrication.» Il a enfin dicté à des esprits distingués de notre époque, une conception du monopole toute subjective, et dont l’étroitesse jure avec les phénomènes ambiants.
Se plaçant au contraire à un point de vue objectif, J. S. Mill, définit le monopole, en le comparant à un impôt levé sur le publie :
conception trop étroite et qui vientd’une analyse incomplète du phénomène. — Il faut seulement retenir le procédé de Mill: c’est objectivement, en observantles phénomènes économiques, qu'il est possible de parvenir à une conception exacte du monopole.
1. Politique, trad. Barthélemy-Saint-Hilaire r. 1, p. 65. 2. Le commerce et le gouvernement. p.161.