Principes d'économie politique, p
do
démenti éclatant à ces économistes du XVIII:
siècle qui avaient salué, dans la concurrence, l'abolition définitive de tous les privilèges et l'avènement d’une ère d'égalité dans les chances et dans les profits qui devait préparer la voie à une ère d'égalité politique.
Ce n'est pas ici le lieu d’étudier en détail cette tendance au monopole dans le mouvement économique actuel; nous voulons seulement en constater les symptômes et en indiquer les causes, afin de voir ensuite si nous ne retrouverons pas la même tendance, les mêmessymptômes et les mêmes causes pour les monopoles spéciaux qui font l’objet de cette étude.
La tendance moderne à l’expansion du monopole est certaine, et nombreux sont les symptômes qui la caractérisent !: ce sont notamment les nombreux monopoles créés par l'État :tabac, allumettes, dans certains pays l’alcool, etc. ; ce sont aussi ceux résultant de la spécialisation d’un individu dans la fourniture de tel produit ou laccomplissement de tel service; ce sont encore les monopoles pour les transports par voie ferrée, les monopoles résultant de Paccord entre les producteurs pour la vente de leurs
1. V. sur ce point: Bonin, De la tendance au monopole dans le mouveinent économique actuel. Rev. d'Écon. polit. 1894, p. 26 ct suiv., et l’article de Foxwell précité. — Contra, M. Leroy-Beaulieu affirme « la tendance à une moindre inégalité des conditions, »
AR er
produits; enfin,le développement du système protectionniste est-il autre chose qu'une tendance à créer un monopole au profit de nationaux pour la vente de leurs produits sur le marché national ?
S'il est impossible de nier cette tendance, il est assez délicat d'en déterminer les causes. Certains en relèvent deux!: l’une d'ordre purement financier, certains monopoles étant créés dans le but unique de procurer de l'argent à celui qui en profite; l’autre d'ordre politique, le développement des fonctions de l'État ayant pour cause directe la création de nouveaux monopoles. D'autres font simplement appel à une cause d'ordre économique, et formulent ce principe qui & priori semble paradoxal: le monopole est le résultat fatal de la concurrence. Enfin, des raisons d'ordre social, des motifs de sécurité ou d'hygiène, ont été mis en avant pour expliquer l'existence des monopoles.
La vérité est, croyons-nous, que cette ten-— dance à une cause financière. Certes, tel monopole peutbien avoir des conséquences politiques, tel autre des conséquences économiques et so-