‹ Monopoles Communaux: Éclairage au Gaz et à l'Électricité; Distribution d'Eau et de Force Motrice – Omnibus – TramwaysChapitre 78 sur 79 · LEroy-BEauLier, L'État moderne, p · texte numérisé non relu

LEroy-BEauLier, L'État moderne, p

montrer aux municipalités l'idéal vers lequel elles doivent tendre, idéal qui n’est pas une chimère, puisque, dans certains pays, il est devenu un fait, une réalité ; idéal qui n’est pas non plus un facteur de désorganisation sociale, puisque l'Angleterre, pour être le pays le plus avancé dans le mouvement municipalisateur, est cependant l’un des moins avancés dans le mouvement socialiste.

A vrai dire, 11 y a autant de communes prêtes pour l'application du système de l'exploitation directe qu'il y a de municipalités mûres pour la décentralisation administrative. Ce sont là deux réformes qui peuvent marcher de front, et être inscrites dans un même programme.

Peut-être, les partisans de la décentralisation administrative ne voient-ils pas toujours bien que celle-ci est la cause et la condition de la décentralisation économique. Nous assistons en effet, de nos jours, à deux courants ayant une origine différente. D'un côté, à une centralisation administrative à outrance a succédé un mouvement de décentralisation ; d’autre part, nous voyons un mouvement de décentralisation économique dirigé par les socialistes !,

Or, on aurait tort de croire que ces deux

1. Comp.: G.Gniscer, Action décentralisatrice du socialisme. {La

Reoue socialiste, r. 18, 1893, p. 259 à 275.) — Centralsation et décentralisation socialistes, (J.des écon., 1893, 7. 15.)

courants doivent rester isolés Pun de lPautre; car la décentralisation économique suppose la décentralisation administrative, et la décentralisation administrative, de son côté, fraye le chemin à la décentralisation économique.

Les socialistes sont donc logiques, lorsqu'ils font de la décentralisation administrative le premier article de leur programme, le chefet le fondement de toutes leurs réformes".

Faut-il cependant rejeter la décentralisation administrative parce qu’elle leur donne satisfaction? Rejeter aussi le système de la régie directe parce qu'il estune page de leur programme?

Non. Il y a d’ailleurs cette différence entre eux et nous qu'ils voient dans l'autonomie communale un moyen pour parvenir à la socialisation, tandis qu’elle est pour nous une /in, comme estune fin et non un moyen, exploitation directe des grands services communaux.

Mais il y a longtemps que la question de Îa décentralisation administrative reste posée sans jamais être résolue, etque l’on cherche à guérir

1. Comp.: Marara.(Le socialisme municipal), Rev. d'econ. pol., 1894, p. 968 et suiv.— Exposition de 1889, Groupe de l'économie sociale, Tr. 11, p. 555 etsuiv.—On y trouvera indiquées les causes qui aident ou arrètent la marche de la municipalisation des services publics. — Le socialisme municipal, par L. Sax (Académie des sc. morales et polit., r. 144, 1895, p. 883 et suiv. .— Le socialisme communal, VEBer, Revue socialiste 1893, p. 641-667. — Le socialisme municipal (Soc. d'écon. pol., J. des écon., 1897. p. 406). — BENOIT MALON, 0p. et loc. cit, — Roubaix socialiste, par G. SIAUVE.

le corps social € frappé d’apoplexie au centre et de paralysie aux extrémités ». Ne suffirait-il pas de municipaliserles grands services communaux pour apporter un premier reméde à cet état morbide, réchauffer les extrémités refroidies du corps social, secouer l’engourdissement de ses membres et rétablir, dans toutes ses artères, une plus normale circulation ?

Mi:

Le Professeur Président de la Thèse, EDmoxp VILLEY.

VE Le Doyen de la Faculté, Eoxoxp VILLEY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Université de Caen, E. ZEVORT

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