M'écrie — Je pousse an cri
3. M. de Wolmar est présenté par Rousseau comme un philosophe athée. L’exclamation signifie, dans sa bouche, que la mort de Julie nie.lexistence d’une justice divine, d’une providence. La fin du roman nous montre d’ailleurs M. de Wolmar sur la pente d’un retour à la religion, au moins «naturelle ».
4. * Etudier. dans cette lettre ce qu’on pourrait appeler et ce qu'on a appelé dès le 17° siècle le réalisme de Rousseau. On pourra comparer avec la mort de Virginie, celle d'Atala, etc.et noter que les pages de Rousseau ne sont peut-être pas les plus belles, mais sont certainement les plus vécues. Nul, même parmi les poètes, n’a vécu plus aisément que Rousseau les émotions imaginaires (Voir l'extrait donné en tête des Confessions).
je m’assis auprès d’elle en lui tenant les mains, j’ordonnai qu'on amenât les enfants, et les fis venir autour d'elle, Malheureusement le premier qu’elle aperçut fut précisément la cause innocente de la mort de son amie. Cet aspect la fit frémir.Je vis ses traits s’altérer, ses regards s’en détourner avec une espèce d'horreur, et ses bras en contraction se raidir pour le repousser. Je tirai l'enfant à moi. « [nfortuné ! lui dis-je, pour avoir été trop cher à l’une, tu deviens odieux à l’autre : elles n’eurent pas en tout le même cœur.» Ces mots l’irritèrent violemment, et m'en attirèrent de très piquants. Ils ne laissèrent pourtant pas de faire impression, Elle prit l’enfant%ans ses bras, et s’efforça de le caresser :
ce fut en vain; elle le rendit presque au même instant ; elle
continue même à le voir avee moins de plaisir que l’autre, et je suis bien aise que ce ne soit pas celui-là qu’on a destiné à sa fille!.
1. La «Mort de Julie » fit chez romans » ; de La Bastide, le les contemporains une impres- Tombeau philosophique [roman] sion violente (Voir l’{ntroduc- (1951) : « Les cœurs froids ne tion, p. 40). Rousseau ose faire sont que de pures machines ; mourir Julie pendant plus de | le sentiment est la base de
cent pages (de l'édition origi- | l’âme ; quand elle est insensible, nale) et cela sans effets artifi- | je la regarde comme une terre ciels de style, sans mise en scè- | odieuse qui ne produit que des
ne romantique, grâce au seul monstres », etc., etc. Mais avant attrait qui attache la sensibilité | Rousseau, ce sentiment restait à des émotions vraies et fidè- plutôt une attitude, un artifice lement suivies. Répétons que littéraire, ou demeurait contenu Jean-Jacques n’a pas créé l’idée | par la froideur voulue de Fanad'un retour à la sensibilité (Voir | lyse (Comparer surtout les ro-
ar exemple Trublet, Essais de | mans de Duclos: Les Confes-
orale (1735) : « Cest le cœur | sions du comte de ***, Histoire plus que l'esprit qui lit les | de J{z° de Lua\.