‹ Morceaux choisis;Chapitre 134 sur 312 · TUE LIBRARY · texte numérisé non relu

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dont la sagesse « consiste en préjugés serviles », dont les usages « ne sont qu’assujettissement, gêne et contrainte », Rousseau proteste avec énergie contre l'usage du maillot. Il exhorte vivement les mères à nourrir et élever elles-mêmes leurs enfants, à se consacrer tout entières aux soins du premier âge ; il y a d’ailleurs pour elles, ajoute-t-il, une juste mesure à garder : l'excès de soins fait des enfants timides et faibles. Il faut les endurcir : « quand il y aurait quelque risque, encore ne faut-il pas balancer ».

Rousseau discute ensuite sur les qualités d’un bon gouverneur et sut celles de l'élève idéal dont ce gouverneur idéal se chargera. Emile sera riche, car l'éducation d’un riche, plus difficile, est plus” intéressante ; il sera noble, pour montrer qu’on peut triompher des préjugés des nobles; il sera orphelin. Sa santé sera très robuste, car la médecine est une vanité ; sa seule partie utile est l'hygiène et l'enfant n'aura besoin que de celle-là. On choisira avec soin sa nourrice {la mère est morte); on l’élèvera non dans les villes « qui sont le gouffre de l'espèce humaine », mais à la campagne. De bonne heure on lui donnera l’habitude des bains froids. L'éducation vraie commence dès la naissance, mais, comme elle est négative, la seule habitude qu’on lui laissera prendre «est de n’en contracter aucune». On l'accoutumera à ne pas s’effrayer d’objets insolites, animaux, masques, etc... Quand il criera, on lui viendra en aidé, s’il éprouve réellement quelque besoin physique ; mais on n’accordera rien à ce qui vient non de « la nature », mais de « l’opinion », c’est-à-dire « à la fantaisie ou au désir sans raison ». Enfin quand il commencera à parler, on s’eflorcera de lui donner une voix sonore, de le préserver « du confus bégaiement des enfants de la ville ».]

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