Noter tous les rythmes poétiques
...l’homme reconnaît son séjour eb le trouve em- [belli...
. les oiseaux en chœur se réunissent et saluent de concert le père de la vie...
...la verdure a pris durant la nuit une vigueur [nouvelie
lement, faible encore, est plus lent et plus doux que dans le reste de la journée, il se sent de la langueur d’un paisible réveil!. Le concours de tous ces objets porte aux sens une impression de fraicheur qui semble pénétrer jusqu’à l’âme. Il ya là un quart d'heure d’enchantement, auquel nul homme ne résisie : un spectacle si grand, si beau, si délicieux, n’en Jaisse aucun de sang-froid?. :
Plein de l'enthousiasme qu’il éprouve, le maitre veut le communiquer à l'enfant : il croit l’'émouvoir en le rendant attentif aux sensations dont il est ému lui-même. Pure bêtise! C’est dans le cœur de l’homme qu'est la vie du spectacle de la nature ; pour le voir il faut le sentiré. L'enfant aperçoit les objets ; mais il ne peut apercevoir les rapports qui les lient, il ne peut entendre la douce harmonie de leur concert. Il faut une expérience qu'’ii n’a point acquise, ii faut des sentiments qu'il n’a point éprouvés, pour sentir l'impression composée qui résulte à la fois de toutes ces sensations. S'il n’a longtemps parcouru des plaines arides, si des sables ardents n’ont brûlé ses pieds, si la réverbération suffocante des rochers frappés du soleil ne l’oppressa jamais, comment goûtera-t-il l'air frais d’une belle matinée ? comment le parfum des fleurs, le charme de la verdure, l’'humide vapeur de la rosée, le marcher mol5 et doux sur la pelouse enchanteront-ils ses sens ? Comment le chant des oiseaux lui causera-t-il une émotion voluptueuse, si les accents de l’amour et du plaisir lui sont encore inconnus ? Avec quels transports verra:t-il naître une si belle journée, si son imagination ne sait pas lui peindre ceux dont on peutlaremplir? Enfin comment s’attendrira-t-il sur la beauté du spectacle de la nature, s’il ignore quelle main prit soin de l’orner6? Ve
Ne tenez point à l’enfant des discours qu’il ne peut enten-
1. Cette « langueur d’un paisible réveil » est également une note conventionnelle.
2, Il y avait déjà eu bien des levers de soleil avant Rousseau.
Il y en aura plus encore après lui. On pourra comparer avec ceux de Lamartine, Chateaubriand, Victor Hugo, etc., qui surpassent aisément Rousseau.
3. L'expression de Rousseau reprend toute sa force. Ce serait là la meilleure définition du sentiment de la nature tel qu’il l’a, le premier, éprouvé,
4. Concert — accord des parties. A peu près synonyme d’harmonie.