Peu de gens écrivent aujourd’hui , m6l au singulier
(Dict. de Féraud. 1787).
6. Parce qu'on n’a jamais parlé à Emile de l'existence de Dieu.
La preuve de l’existence de Dieu par les merveilles de la nature était à cette date le thème courant de la moitié des naturalistes et le sujet de plusieurs gros ouvrages très lus (Traités
de Nieuwentyt,Scheuchzer, Der-
ham, etc.).
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dre. Point de descriptions, point d’éloquence, point de figures, point de poésie. Il n’est pas maintenant question de séntiment ni de goût. Continuez d’être clair, simple, et froid; le temps ne viendra que trop tôt de prendre un autre langage !.
Elevé dans l'esprit de nos maximes, accoutumé à tirer tous ses instruments de lui-même, et à ne recourir jamais à autrui qu'après avoir reconnu son insuffisance, à chaque nouvel objet qu’il voit, il l’examine longtemps sans rien dire. Il est pensif et non questionneur. Contentez-vous donc de lui présenter à propos les objets; puis, quand vous verrez sa curiosité suflisamment occupée, faites-lui quelque question laconique qui le mette sur la voie de la résoudre.
Dans cette occasion, après avoir bien contemplé avec lui le soleil levant, après lui avoir fait remarquer du même côté les montagnes et les autres objets voisins, après l’avoir laissé causer là-dessus tout à son aise, gardez quelques moments le silence comme un homme qui rêve, et puis vous lui direz : « Je songe qu'hier au soir le soleil s’est couché là, et qu'il s’est levé là ce matin. Comment eela se peut-il faire ? » N’ajoutez rien de plus : s’il vous fait des questions, n’y répondez point ; parlez d'autre chose. Laissez-le à luimême, et soyez sûr qu'il y pensera. : f
Pour qu'un enfant s’accoutume à être attentif, et qu'il soit bien frappé de quelque vérité sensible?, il faut qu’elle lui donne quelques jours d'inquiétude avant de la découvrir. S'il ne conçoit pas assez celle-ci de cette manière, il y a moyen de la lui rendre plus sensible encore; et ce moyen c’est de retourner la question. S'il ne sait pas comment le soleil parvient de son coucher à son lever, il sait au moins comment il parvient de son lever à son coucher: ses yeux seuls le lui apprennent. Eclairecissez donc la première question par l’autre : ou votre élève est absolument stupide, où l’analogie est. trop claire pour lui pouvoir
vechapper. Voilà sa première leçon de cosmographie.
Comme nous procédons toujours zentement d'idée sensible en idée sensible, que nous nous familiarisons longtemps avec la même avant de passer à une autre, et qu’en-
1. Rousseau s’est plaint en effet dans la Nouvelle Héloise âes joies « amères et douces » de la sensibilité. « Que c’est un fatal présent du ciel qu'une âme sen- Sible. Celui qui l’a reçu doit s’attendre à n’avoir que peine et
douleur sur la terre. Vil jouet
de l’air et des saisons, le soleil ou les brouillards, l'air couvert ou serein règleront sa destinée. »