S'’écrie — pousse un cri. Cf
P--144,.n. 2. EN
3. À celte date on hésitait entre «tressaut » qui vieillissait, «tressaillit », employé plusieurs fois par Rousseau (dans Pygmalion), et la forme actuelle «tressaille » (employée par M®:
de Genlis).
tions de l’assemblée, la tête lui tourne, il est hors de lui. Le bateleur interdit vient pourtant l’embrasser, le féliciter et le prie de l’hororer encore le lendemain de sa présence, ajoutant qu’il aura soin d’assembler plus de monde encore pour applaudir à son habileté. Mon petit naturaliste enorgueilli veut babiller; mais sur-le-champ je lui ferme la bouche et l'emmène comblé d’éloges.
L'enfant, jusqu’au lendemain, compte les minutes avec une risible inquiétude. Il invite tout ce qu’il rencontre ; il voudrait que tout le genre humain füt témoin de sa gloire ; il attend l'heure avec peine, il la devance : on vole au rendez-vous ; la salle est déjà pleine. En entrant, son jeune cœur s’épanouit. D’autres jeux doivent précéder ; le joueur de gobelets se surpasse et fait des choses surprenantes. L’enfant ne voit rien de tout cela ; il s’agite, il sue, il respire à peine ; il passe son temps à manier dans sa poche son morceau de pain d’une main tremblante d’impatience. Enfin son tour vient ; le maître l’annonce au public avec pompe. Il s'approche un peu honteux, iltire son pain...Nouvelle vicissitude des choses humaines ! le canard, si privé! la veille, est devenu sauvage aujourd’hui; au lieu de présenter le bec, il tourne la queue et s’enfuit ; il évite le pain etla main qui le présente avec autant de soin qu’il les suivait auparavant. Après mille essais inutiles et toujours hués, l'enfant se plaint, dit qu’on le trompe,que c’est un autre canard qu’on a substitué au premier, et défie le joueur de gobelets d'attirer celui-ci.
Le joueur de gobelets, sans répondre, prend un morceau de pain, le présente au canard; à l’instant le canard suit le pain et vient à la main qui le retire. L'enfant prend le même morceau de pain; mais, loin de réussir mieux qu'auparavant, il voit le canard se moquer de lui et faire des pirouettes tout autour du bassin : il s'éloigne enfin tout confus, et n'ose plus s’exposer aux huées.
Alors le joueur de gobelets prend le morceau de pain que l’enfant avait apporté,et s’en sert avec autant de succès que du sien : il en tire? le fer devant tout le monde, autre risée à nos dépens; puis de ce pain ainsi vidé, il attire le canard comme auparavant. Il fait la même chose avec un autre morceau coupé devant tout le monde par une main tierce ; il en fait autant avec son gant, avec le bout de son doigt ; enfin il s'éloigne au milieu de la chambre, et, du ton d’emphase propre à ces gens-là, déclarant que son canard