‹ Morceaux choisis;Chapitre 171 sur 312 · À = vers. RÈGLE: À quelle utilité? Voir p. 63, n · texte numérisé non relu

À = vers. RÈGLE: À quelle utilité? Voir p. 63, n

2. (est-à-dire qui ne recherche pas, comme celle des autres, les apparences brillantes du bonheur.

3. « Je connais le malheur et par lui j'ai appris à aider ceux qui souffrent. » (VIRGILE, Znéide.

4. RÈGLE : Avec cerlains verbes, (sembler, paraître, compter.) de

s'emploie souvent aux 17° et 18° siècles, La où nous le supprimons :

« C’est ce qui me semble de merveilleux » (LA FONTAINE).

>. * Comparer tout ce passage avec la doctrine de La Rochefoucauld. La pitié est « une habile prévoyance des malheurs où nous pouvons tomber », etc.

6. Lesromans orientaux étaien fort à la mode depuis la fin du 17° siècle ; on les imitait dans d'innombrables Contes.(Voir Zadig, la Princesse de Babylone, de Voltaire, etc.). Rousseau songe

sans doute aux Mille et une.

Nuits.

om tm Va! 7

N’accoultumez donc pas votre élève à regarder du haut de sa gloire les peines des infortunés, les travaux des misérables; et n’espérez pas lui apprendre à les plaindre, s’il les considère comme lui étant étrangers. Faites-lui bien comprendre que le sort de ces malheureux peut être le sien, que tous leurs maux sont sous ses pieds, que mille évène. ments imprévus et inévitables peuvent l’y plonger d’un moment à l’autre. Apprenez-lui à ne compter ni sur la naissance, ni sur la santé, ni sur les richesses; montrez-lui toutes les vicissitudes de la fortune ; cherchez-lui les exemples toujours trop fréquents de gens qui, d’un état plus élevé que le sien, sont tombés au-dessous de celui de ces malheureux : que ce soit par leur faute ou non, ce n’est pas maintenant de quoi il est question; sait-il seulement ce que c’est que faute! ? N’empiétez jamais sur l’ordre de ses connaissances, et ne l’éclairez que par les-lumières qui sont à sa portée : il n’a pas besoin d’être fort savant pour sentir que toute la prudence humaine ne peut lui répondre? si dans une heure il sera vivant ou mourant; si les doulenrs de la néphrétique ne lui feront point grincer les dents avant la nuit ; si dans un mois il sera riche ou pauvre; si dans un an peut-être il ne ramera point sous le nerf de bœuf dans les galères d’Alger5. Surtout n’allez pas lui dire tout cela . froidement, comme son catéchisme; qu’il voie, qu’il sente les calamités humaines : ébranlez, effrayez son imagination des périls dont tout homme est sans cesse environné; qu'il voie autour de lui tous ces abîmes, et qu’à vous les entendre décrire, il se presse contre vous de peur d’y tomber. Nous le rendrons timide et poliron, direz-vous. Nous verrons dans la suite ; mais quant à présent, commençons par le rendre humain ; voilà surtout ce qui nous importe.

TROISIÈME MAXIME. — La pilié qu'on a du mal d'autrui ne se mesure pas sur la quantité de ce mal, mais sur le sentiment qu'on prêle à ceux qui le souffrent.

On ne plaint un malheureux qu'autant qu'on croit qu’il se trouve à plaindre. Le sentiment physique de nos maux

1. RÈGLE : Il faut dire ce que c'est que prose et que vers. Voir D'-6n

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