‹ Morceaux choisis;Chapitre 197 sur 312 · Tout comme Emile · texte numérisé non relu

Tout comme Emile

3. Aux femmes, on enseignait surtout alors des arts d’agrément, et les pédagogues s’en plaignaient depuis Fénelon.

4. N'oublions pas qu'Emile luimême n’a à peu prés rien lu avant douze ans,

s'essuyant adroitement les yeux et tâchant d’étouffer ses sanglots !.

Elle n’est pas non plus tout à fait exempte de caprice: son humeur, un peu trop poussée?, dégénère en mutinerie, et alors elle est sujette à s’oublier. Mais laissez-lui le temps de revenir à elle, et sa manière d’effacer son tort lui en fera presque un mérite. Si on la punit, elle est docile et soumise, et l’on voit que sa honte ne vient pas tant du châtiment que de la faute. Si on ne lui dit rien, jamais elle ne manque de la réparer d’elle-même, mais si franchement et de si bonne grâce qu’il n’est pas possible d’en garder la rancune $. Elle baiserait la terre { devant le dernier domestique, sans que cet abaissement lui fit la moindre peine ; et sitôt qu’elle est pardonnée, sa joie etses caresses montrent de quel poids son bon cœur est soulagé. En un mot, elle souffre avec patience les torts des autres, et répare avec plaisir les siens. Tel est l’aimable naturel de son sexe avant que nous l’ayons gâté. La femme est faite pour céder à l’homme et pour supporter même son injustice. Vous ne réduirez jamais les jeunes garçons au même point; le sentiment intérieur s'élève et se révolte en eux contre l'injustice; la nature ne les fit pas pour la tolérer.....

Sophie est instruite des devoirs et des droits de son sexe et du nôtre. Elle connaît les défauts des hommes et les vices des femmes : elle connaît aussi les qualités, les vertus contraires, et les a toutes empreintes au fond de son cœur. On ne peut pas avoir une plus haute idée de l’honnêle femme que celle qu’elle en a conçue, et cette idée ne l’épouvante point; mais elle pense avec plus de complaisance à l’honnête hommef, à l’homme de mérite ; elle sent qu’elle est

1. Rousseau a réuni quelque eu dans le portrait de Sophie es traits de caractérequ’il avait,

dans la Nouvelle Héloïse, répartis entre Julie, sérieuse et tendre, et Claire, gaie et railleuse. Il faut se souvenir aussi que le grand charme de M°° d'Houdetot, qui n’était pas belle, venait de ce rare mélange d’une sensibilité délicate et d’un spirituel enjouement.

2. C'est-à-dire : sa mauvaise humeur, quand on la pousse trop loin... |

Sur le participe équivalent d’une proposition circonstancielle, Cf, Crouzer...- Gr. FTr.,

3. RéGLE : Ils furent contraints de lächer le pied. Voir p. 97, n. 2.

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