Les ee Mets que j'ai faites réellement
2. Le mot libertin avait alors les deux sens : « qui mène une
ceptable.
3. Rousseau exagère. Il a été surveillé par la police, après 1962, quand il était en France; mais son imagination seule a forgé les complots féroces dont il se croyait entouré. Tout le reste se justifie (Voir l’Introduclion, P. 19-20.)
suis: qu'ils me jugent selon leur conscience ; je leur confie mon honneur sans crainte, et je promets de ne les point
récuser.
Que ceux qui m’accusent d’être sans religion, parce qu’ils ne conçoivent pas qu’on en puisse avoir une, s'accordent au moins s'ils peuvent entre eux. Les uns ne trouvent dans .mes livres qu’un système d’athéisme ; les autres disent que je rends gloire à Dieu dans mes livres sans y croire au fond de mon cœur!. Ils taxent mes écrits d’impiété et mes sentiments d’hypocrisie. Mais si je prêche en public l’athéisme, je ne suis donc pas un hypocrite ; et si j’affecte une foi-que je n'ai point, je n’enseigne donc pas l’impiété. En entassant des imputations contradictoires, la calomnie se découvre elle-même : mais la malignité est aveugle, et la passion ne
raisonne pas....
Pourquoi serais-je un hypocrite? et que gagnerais-je à l'être ? J'ai attaqué tous les intérêts particuliers, j'ai suscité contre moi tous les partis, je n’ai soutenu que la cause de Dieu et de l'humanité : et qui est-ce qui s’en soucie ? Ce que j'en ai dit n’a pas même fait la moindre sensation, et pas une âme ne en a su gré. Si je me fusse ouvertement déclaré pour l’athéisme, les dévoits ne m'’auraient pas fait pis, et d’autres ennemis non moins dangereux ne me porteraient point leurs coups en secret. Si je me fusse ouvertement déclaré pour l’athéisme, les uns m’eussent attaqué avec plus de réserve, en me voyant défendu par les autres? et disposé
moi-même à la vengeance: mais un homme qui craint Dieu n’est guère à craindre ; son parti n’est pas redoutable: il
est seul ou à peu près, et l’on est sûr de pouvoir lui faire beaucoup de mal avant qu’il songe à le rendre. Si je me fusse ouvertement déclaré pour l’athéisme, en me séparant ainsi de l'Eglise, j'aurais ôté tout d’un coup à ses ministres le moyen de me harceler sans cesse et de me faire endurer toutes leurs petites tyrannies ; je n'aurais point essuyé tant d’ineptes censures, et au lieu de me blâmer si aigre-" ment d’avoir écrit, il eût fallu me réfuter, ce qui n’est pas tout à fait si facile. Enfin si je me fusse ouvertement déclaré pour l’athéisme, on eût d’abord un peu clabaudé, mais on m’eût bientôt laissé en paix comme tous
1. A la fin de 1762, il avait déjà paru contre l’£mile, outre les comptes-rendus de la plupart des journaux, des ouvrages ou brochures du P, Griffet, de dom Deforis, de Comparet, auxquels il faut ajouter l’Arrét du Parle-
ment et la Censure de la Faculté de Théologie. Ces réfutations violentes se poursuivent et se multiplient ensuite d'année en année. |