Ismaël, filse d'Abraham et d’Agar. Abraham, poussé par
5. Tous ces arguments portent tout aussi bien contre le christianisme que contre le mahométisme. Rousseau, comme tous
‘’ceux dont les idées menacaient,
au 1S8siècle,lareligionou l'ordre établi, affecte RSPRqUeE des re
LETTRE À CHRISTOPHE DE BEAUMONT Ya
. « Voyez, hommes prévenus!, la différence qui est entre vous et nous. Vous vous dites croyants, et vous vivez en barbares. Vos institutions, vos lois, vos cultes, vos vertus mêmes, tourmentent l’homme et le dégradent: vous n'avez que de tristes devoirs à lui prescrire, des jeùnes, des privations, des combats, des mutilations, des clôtures : vous ne savez lui faire un devoir que de ce qui peut l’aflliger et le contraindre : vous lui faites haïr la vie et les moyens de la conserver: vos femmes sont sans hommes, vos terres sont sans culture : vous mangez les animaux?et vous massacrez les humains; vous aimez le sang, les meurtres: tous vos établissements 3 choquent la nature, avilissent l'espèce” humaine ; et sous le double joug du despotisme et du fanatisme, vous l’écrasez de ses rois et de ses dieux.
« Pour nous, nous sommes des hommes de paix, nous ne faisons ni ne voulons aucun mal à rien de ce qui respire, non pas même à nos tyrans; nous leur,cédons sans regret le fruit de nos peines, contents de leur être utiles et de remplir nos devoirs. Nos nombreux bestiaux couvrent vos pâturages; les arbres plantés par nos mains vous donnent , leurs fruits et leurs ombres; vos terres que nous cultivons vous nourrissent par nos soins; un peuple simple et doux multiplie sous vos outrages, et tire pour vous la vie et l'abondance du sein de la mère commune où vous ne savez rien trouver, Le soleil, que nous prenons à témoin de nos œuvres, éclaire notre patience et vos injustices; il ne se lève point sans nous trouver occupés à bien faire, eten se couchant il nous ramène au sein de nos familles nous préparer à de nouveaux travaux.
« Dieu seul sait la vérité. Si malgré tout cela nous nous trompons dans notre culte; il est toujours peu croyable que nous soyons condamnés à l'enfer, nous qui ne faisons que du bien sur la terre, et que vous soyez les élus de Dieu, vous qui n’y faites que du mal. Quand nous serions dans l'erreur, vous devriez la respecter pour votre avantage. Notre piété vous engraisse, et la vôtre vous consume; nous réparons le mal que vous fait une religion destructive. Croyez-moi, laissez-nous un culte qui vous est utile: crai-
ligions ou des abus étrangers, pour que ses critiques retombent sur la religion et le gouvernement de la France. Ainsi Montesquieu (les Troglodytes des Lettres Persanes, etc.), Voltaire (Mahomet, Alzire, Zadig, etc.).