Le terme a vieilli. Le Dict
de Féraud, en 1787, le donne encore comme d'usage courant.
5. * Les voyageurs, les moralistes du 18° siècle, ne sont pas tous d’accord avec Rousseau sur l'aspect maussade de ces réjouissances populaires. Chercher quelle peut être dans ce jugement la part du système, des
pas besoin d'en être. Il me suffit de les voir: en les voyant, je les partage; et, parmi tant de visages gais, je suis bien sûr qu'il n’y a pas un cœur plus gai que le mien. /Extrait de la Neuvième Promenade )
Une Promenade à Romaïnville avec Bernardin de Saint-Pierre.
[EXTRAIT DES BROUILLONS DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE.] Voir p. 351, n. 4.
Je donnai rendez-vous [à Jean-Jacques Rousseau] à a de Breteuil ; je lui dis : « Vous m'avez mené à un paysag Je veux vous en montrer un de mon goût...» Nous oies le chemin de sable, laissant à droite le parc de Saint-Fargeau; nous suivions des chemins de terre, et des sentiers qui vont vers l'Orient, gardant toujours la hauteur. Après quoi nous arrivâämes à une fontaine qui porte gravée : fontaine de Saint-Pierre. Elle est bâtie comme un monument avec de larges dalles de pierres de taille: « Vous m'avez amené ici [dit-il], parce qu’elle porte votre nom...» Là sont de petits prés, des bouquets de saule, des pépinières, des champs de blé, de groseillers, des noyers, des cerisiers dont les fruits étaient ‘demi-rouges, des pommiers encore en fleurs, [des] pieds d'alouette ; au loin, à travers des échappées de bois, les coteaux de Sèvres qui fuient en bleu, des châteaux bâtis sur leurs croupes, d’autres dans la plaine dont nous ne savions point le nom ; des clochers de village, sur la droite, devant nous, se montraient en perspective éloignée, à travers Les marronniers en fleurs ; et au milieu de ces vallons paisibles et solitaires, derrière nous en avançant, les bois de Romainville ; [dans les bois] les fauvettes, les rossignols, les merles ; [en l'air] les alouettes. Il me dit plus de dix ro « Oh! que cela est charmant : Oh! le joli paysage ! Ah ! vous m'avez fait plaisir ». Un ciel serein, de beaux nuages el les rayons 2h: soleil ajoutaient à la pureté du jour.
idées préconçues de Rousseau. tons entre [],au texte exact
Rousseau tenait à son jugement | des brouillons de B. de Saintuisqu’il en causa avec Bernar- Pierre, les mots nécessaires
ëin e Saint-Pierre. Voir p. 358. our que le texte soit aisément 1. Rappelons que nous ajou- isible.
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« Voilà une grande preuve, lui dis-je, combien les petites propriélés enrichissent la terre : voyez ces vastes plaines nues de la gauche, sans habitants, avec une seule récolte à peine par an; ici la terre en donne trois, les unes sur les autres (car il y avail du blé, des cerisiers et de grands noyers encore au-dessus). Ce n’est point sur les champs, mais dans les bras des cullivateurs que le Père des hommes verse les fruits de la terre. Quel spectacle enchanteur, si toute La France était divisée en petite propriété; la facilité de vivre bannit les crimes. » — « Ces beaux lieux, me dit-il, les dimanches, sont gâlés par les débauches du peuple de la ville; vous y voyez danser et sauter; il faut qu'on veille sur eux, dans le temps des fruits. Si vous voyiez la Suisse! Dans leurs danses, leurs pieds ne touchent pas à terre.» IL se remettait à regarder les montagnes, et puis les plaines traversées par de vastes chemins, ces longues avenues qui font communiquer les empires : « Que cela est auguste [disait-il] ! » À chaque pas le paysage changeait, et les objets voisins de nous. Nous vinmes à des ruisseaux, à une mare couverte de lentilles, à des petilstertres formant des vallons abrités dans les bois... Lui cependant s’occupait à herboriser : « Voilà la numulaire, voilà la sauge des bois, des hyacinthes, la croiselte, [une] multilude de petites fleurs en croix sentant le miel, [une] espèce de hyacinthe bleue dont les grains, l'odeur, la forme, la couleur ressemblent à la prune; a coryphilène, dont la racine a l'odeur de girofle.
J'avais une boîte’; il me disait d'y mettre D Jleurs.r
Nous vimes l’escarpement des carrières, wne pelouse où est une montée. Nous fümes à Romainville, dans un cabaret dont le maitre avait épousé la rosière! : « Avez-vous de bon vin ? » — « Je n'ai que du vin du pays ». — Il le goûta : « IL est un peu vert. » — « Je n’en ai point de meilleur ». Il eut l'honnêteté rare de nous indiquer un autre cabaret qui en avait de fort bon. « Mais ne pouvez-vous pas, dit Rousseau, en envoyer chercher? Et nous dinerions chez vous. »— « Cela n’est pas permis, dil-il ». Nous sortimes fâchés qu'un homme si honnête eût pour lors de si mauvais vin. Nous fûmes à l’autre cabaret; on nous mit dans une petite chambre sans vue, comme celle de presque tous les cabarets des environs toujours tournés sur la rue; parce qu’ils ne concoivent rien de plus beau que de voir passer des carossés, et que, dans les plus riants paysages, ils ne voient que l’ins-
, 1. La mode des rosières, dont | à Salency, s'était répandue dans la première avait été couronnée | toute la France après 1760.
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trument de leur néant. La femme nous fit une grande omelette avec force lard. Rousseau me dit : « Si vous m'aviez parlé d'omelelte, je l'aurais faite; car je sais bien les faire. » Îl vint des asperges dont il mangea peu : « Elles nuisent à ma vessie; pourtant je mange de tout, une fois en passant pour n’en pas perdre le goût. »
Ilme parla d'Emile, me fit part de ses vues... Le petit garçon entra, et dit tout haut: « Le café que vous avez commandé est prêt. » — « Oh! le maladroit [m’écriai-je] ; je l'avais dit de n'avertir en secret quand l’eau serait bouillante. » — « Oh! nous avons du café! Ah! se mit-il à rire, Je ne m'élonne pas que vous ne vouliez rien mettre dans votre boile : le café y était. Nous boirons encore bien une demi-bouteille, puisqu'il y a du café... »
Nous revinmes.. en parlant des Romains, des Grecs. Son chemin aboutit au parc Saint-Fargeau, [à] de superbes marronniers en fleurs. Il en voulut abattre avec sa petite faulx..…. [LL Jit le] projet d'aller à la huitaine sur les hauteurs de Sèvres : « Il y a des sapins et des bruyères toutes violettes. Nous partirons de bon matin; j'aime ce qui me rappelle le Nord; je vous parlerai de mes amours. » Il me serra la main, me dit: « J'avais besoin de passer ce jour avec vous. J'étais triste ce matin.» — « À dimanche, aux Champs- Elysées, » — « Si je peux », me dit-il.
A M°° D’Epinayi.
J'ai lu avec grande attention, Madame, vos lettres à Monsieur votre fils?; elles sont bonnes, excellentes, mais elles ne valent rien pour lui. Permettez-moi de vous le dire avec la franchise que je vous dois. Malgré la douceur et l’onction dont vous croyez parer vos avis, le ton de ces lettres, en général, est trop sérieux ; il annonce votre projet; et, comme
“vous l’avez dit vous-même, si vous voulez qu’il réussisse, il ne faut pas que l’enfant puisse s’en douter. S'il avait vingt ans, elles ne seraient peut-être pas trop fories, mais peutêtre seraient-elles encore trop sèches. Je crois que l’idée de lui écrire est très heureusement trouvée, et peut lui former le cœur et l’esprit, mais il faut deux conditions : c’est qu’il puisse vous entendre et qu’il puisse vous répondre. Il faut que ces lettres ne soient faites que pour lui, et les deux que vous m'avez envoyées seraient bonnes pour tout le monde, excepté pour lui. Croyez-moi, gardez-les pour un âge plus avancé : faites-lui des contes, faites-lui des fables dont il puisse lui-même tirer la morale ; et surtout qu’il puisse se les appliquer. Gardez-vous des généralités ; on ne fait rien que de commun et d’inutile en mettant des maximes à la place des faits ; c’est de tout ce qu’il aura remarqué,en bien ou en mal, qu’il faut partir. À mesure que ces idées commenceront à se développer, et que vous lui aurez appris à réfléchir, à comparer, vous proportionnerez le ton de vos lettres à ses progrès et aux facultés de son esprit. Mais, si vous dites à Monsieur votre fils que vous vous appliquez à former son cœur et son esprit, que c’est en l’amusant que vous lui