J'ai dû — j'aurais dû. RÈGLE
Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambition. Voir p. 99, n. 4.
SORRESPONDANCE -
mais’ écoutez-moi : vous trouverez un homme ami de la vérité jusque dans ses fautes, et qui ne craint point d’en rappeler lui-même le souvenir lorsqu'il en peut résulter quelque bien. Néanmoins je rends grâces au ciel de n'avoir abreuvé que moi des amertumes de ma vie, et d'en avoir garanti mes enfants : j'aime mieux qu'ils vivent dans un élat obscur sans me connaître, que de les voir, dans mes malheurs,bassement nourris par la traitresse générosité de mes ennemis, ardents à les instruire à haïr, et peut-être à trahir leur père ; et j'aime mieux cent fois être ce père infortuné qui négligea son devoir par faiblesse, et qui pleure sa faute, que d’être l’ami perfide qui trahit la confiance de son ami, et divulgue, pour le diffamer, le secret qu’il a versé dans son sein.
Jeune femme, voulez-vous travailler à vous rendre heureuse ? commencez d’abord par nourrir votre enfant: ne mettez pas votre fille dans un couvent, élevez-la vous-même ; votre mari est jeune, il est d’un bon naturel; voilà ce qu’il nous faut. Vous he me dites point comment il vit avec vous; n'importe : füt-il livré à tous les goûts de son âge et de son temps, vous l’en arracherez par les vôtres sans lui rien dire ; vos enfants vous aideront à le retenir par des liens aussi forts et plus constants que ceux de l’amour : vous passerez la vie la plus simple, il est vrai, mais aussi la plus douce et la plus heureuse dont j'aie l’idée. Mais encore une fois, si celle d’un ménage bourgeois vous dégoûte, et si l'opinion vous subjugue, guérissez-vous de la soif du bonheur qui vous tourmente, car vous ne l’étancherez jamais,