Peut-être. Mais si ce tableau
6. Rousseau a protesté contre tout cela dans le chapitre de la Nouvelle Héloise (Voir les Æxtraits) où il décrit la facon dont on vit au château de olmar.
Notons cependant que, si la chè- :
re est simple, elle est soignée et délicate. Rousseau, homme de la nature, n’aima pourtant que celle qui n’est ni rude nigros- …
sière.
drogues falsifiées, aux friponneries de ceux qui les ven-
dent, aux erreurs de ceux qui les administrent, au poison des vaisseaux! dans lesquels on les prépare ; si vous faites attention aux maladies épidémiques engendrées par le mauvais air parmi des multitudes d'hommes rassemblés, à celles qu'occasionnent la délicatesse de notre manière de vivre, les passages alternatifs de l’intérieur de nos maisons au grand air, l’usage des habillements pris ou quittés avec trop peu de précaution, et tous les soins que notre sensua-
lité excessive a tournés en habitudes nécessaires, et dont
la négligence ou la privation nous coûte ensuite la vie ou. la santé’; si vous mettez en ligne de compte les incendies et Les tremblements de terre qui, consumant ou renversant des villes entières, en tont périr les habitants par milliers; en un mot si vous réunissez les dangers que toutes ces causes assemblent continuellement sur nos têtes, vous sentirez combien la nature nous fait payer cher le mépris que nous avons fait de ses leçons.
Je ne répéterai point ici sur la guerre ce que j'en ai dit ailleurs ; mais je voudrais que les gens instruits voulussent ou osaësent donner une fois au public le détail des horreurs qui se commettent dans les armées par les entrepreneurs des vivres et des hôpitaux: on verrait que leurs manœuvres, non trop secrètes, par lesquelles les plus brillantes armées se fondent en moins de rien, font plus périr de soldats que n’en moissonne le fer ennemi. C’est encore un calcul non moins étonnänt que celui des hommes que la mer engloutit tous les ans, soit par la faim, soit par le scorbut, soit par les pirates, soit par le feu, soit par les naufrages6. Il est clair qu'il faut mettre aussi sur le compte de la propriété établie, et par conséquent de la société les
1. Le mot avait encore le sens de vase (Dict. de Féraud, 1787).
2. Dans l’éducation d'Emile, Rousseau s’efforcera justement de combattre cette sensualité excessive.
3. RkGLE: Faire s’employait au 19° siècle beaucoupplus qu’aujourd’hui : Soit seul, pour remplacer un verbe, précédent, qu’on voulait éviter de répéter Je le poursuis partout comme un chien
[fait sa proie. (BOILEAU.)
Soit avec un autre mot pour créer une locution verbale : « Faire esti-
me, faire leçon, faire instance, elc. », comme ici & faire mépris ».