‹ Morceaux choisis;Chapitre 55 sur 312 · Allusion au Bourgeois gens tilhomme · texte numérisé non relu

Allusion au Bourgeois gens tilhomme

A à PTE.

2, 2, cO

homme ? n’a-t-il pas pour lui l'intérêt? et le public n’applaudit-il pas à tous les tours qu'il fait à l’autrel? Quel est le plus criminel d’un paysan assez fou pour épouser une demoiselle?, ou d’une femme qui cherche à déshonorer son époux ? Que penser d’une pièce où le parterre applaudit à l’infidélité, au mensonge, à l’impudence de celle-ci, et rit de la bêtise du manant puni? C’est un grand vice d’être avare et de prêter à usure; mais n’en est-ce pas un plus grand encore à un fils de voler son père, de lui manquer de respect, de lui faire mille insultants reproches, et, quand ce père irrité lui donne sa malédiction, de répondre d’un air goguenard qu’il n’a que faire de ses dons ? Si la plaisanterie est excellente, en est-elle moins punissable ? et la pièce où l’on fait aimer le fils insolent qui l’a faite, en est-elle moins une école de mauvaises mœurs 5?

Je ne m'’arrêterai point à parler des valets. Ils sont condamnés‘ par tout le mondeÿ, et il serait d’autant moins juste d’imputer à Molière les erreurs de ses modèles6 et de son siècle, qu’il s’en est corrigé lui-même. Ne nous prévalons ni des irrégularités qui peuvent se trouver dans les ouvrages de sa jeunesse, ni de ce qu’il y a de moins bien dans ses autres pièces et passons tout d’un coup à celle qu'on reconnaît unanimement pour son chef-d'œuvre ; je veux dire Le MisanthropeT.

Je trouve que cette comédie nous découvre mieux qu’aucune autre la véritable vues dans laquelle Molière a com-

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