Tant FOnRlopAle constam
ment, au 17° siècle, là où nous nous servons de si : « Tu ne fais
as tant mal ». (CORNEILLE. La
eue.) Cf.Crouzer.. Gr.Fr.,S 302.
ns
compte, si ce n’est pour le mal qu'ils font. C’est pour eux. uniquement que sont faits les spectacles. Ils s’y montrent à la fois comme représentés au milieu du théâtre et comme
représentants aux deux côlés!., Ils sont personnages sur la scène, et comédiens sur les bancs. C’est ainsi que la sphère du monde et des auteurs se rétrécit ; c’est ainsi que la scène moderne ne quitte plus son ennuyeuse dignité. On n’y sait plus montrer les hommes qu’en habit doré, Vous diriez que la France n’est peuplée que de comles et de chevaliers ; et plus le peuple y est misérable et gueux, plus le tableau du peuple y est brillant et magnifique. Cela fait qu’en peignant le ridicule des états qui servent d'exemple aux autres, on le répand plutôt que de l’éteindre, et que le peuple, toujours singe et imitateur des riches, va moins au théâtre pour rire de leurs folies que pour les étudier, et devenir encore plus fou qu'eux en lies imilant?. Voilà de quoi fut cause Molière lui-même : il corrigea la-cour en infectant la ville ; et ses ridicules marquis furent le premier modèle des - pelits-maîtres bourgeois qui leur succédèrent$. En général, il y a beaucoup de discours et peu d’action
sur la scène française{, peul-être est-ce qu’en effet le Fran-
çais parle encore-plus qu’il n’agit, ou du moins qu’il donne un bien plus grand prix à ce qu’on dit qu’à ce qu’on fait. Quelqu'un disait, en sortant d’une pièce de Denys le Tyran: «Je n'ai rien vu mais j'ai entendu force paroles5», Voilà ce qu'on peut dire en sortant des pièces françaises. Racine et Corneille, avec tout leur génie, ne sont eux-mêmes que des parleurs; el leur successeur est le premier qui, à l’imitation des Anglais, ail osé meltre quelquefois la scène en représenlalioné, Communément tout se passe en beaux dialo-
1. Allusion aux spectateurs assis des deux côtés de la scène. Pour mettre fin à cet abus qui indignait Vollaire, le comte de Lauraguais avait donné 30,000 livres pour indemniser les comédiens, et les bancs de scène avaient été supprimés le 23 avril 1759.
2. “Comparer ces idées avec celles qui sont développées dans la Lettre à d' Alembert.
3. C’est un dés reproches développés tout au long dans la Lettre à d' Alembert.
4. Les idées de Rousseau sur la trazédie ne lui sont pas personnelles, Voltaire par exemple
(Discours sur la tragédie, à Milord Bolingbroke, — Disserlation sur la tragédie ancienne el moderne, etc.) s'était plaint du manque d'action, de l'abus de la galanterie, etc. L'accent seul du
morceau, l'ironie dédaigneuse :
ctsans appel, porte la marque de Rousseau.
5. Plutarque: Comment il faut . ouir les poëles (chap. vit). ,