‹ Morceaux choisis;Chapitre 98 sur 312 · Porté = supporté. RÈGLE · texte numérisé non relu

Porté = supporté. RÈGLE

Tenir = obtenir. Voir p.99, n. 3.

3. * Comparer cette discussion sur le pessimisme avec le passage donné de la lettre à Vollaire du 18 août 1756.

4. C'est-à-dire : La vie où il supporte la souffrance. L’adjectif s'oppose à «sa pie aclive ».

5. C’est-à-dire : ce n’est pas l’événement qui modifie passagèrement notre bonheur ou notre malheur, mais le rapport qui existe entre nos actes et l’objet réel de la vie, La vertu. Le style philoso-

peu d’obscurité. — Les discussions sur l’optimisme et le pessimisme étaient à l’ordre du jour. Voltaire avait combattu la croyance à la Providence et incliné vers le pessimisme dans le roman de Candide (17359) et auparavant dans le Poëme sur le désastre de Lisbonne (1756). J.-J.

Rousseau avait répondu à ce poème dans une lettre du 18 août 17956. Une autre réponse se.

trouve dans le Journal encyclopédique du 4° avril 1700,

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femme, me voilà forcé d’être homme de bien ; j'aime mieux mourirl. »

Tu l’ennuies de vivre, et tu dis : «La vie est un mal.» Tôt ou tard tu seras consolé, et tu diras : « La vie est un bien.» Tu diras plus vrai sans mieux raisonner ; car rien n'aura changé que toi. Change donc dès aujourd'hui; et, puisque c’est dans la mauvaise disposition de ton âme qu'est tout le mal, corrige tes affeclions déréglées, et ne brûle pas ta maison pour r’ayoir-pas la peine de la ranger.

« Je souffre, me dis-tu ; dépend-il de moi de ne pas souffrir ?» D'abord c’est changer l’état de la question ; car il ne s’agit pas de savoir situ souffres, mais si c’est un mal pour toi de vivre. l’assons. Tu souffres, tu dois chercher à ne plus souflrir. Voyons s’il est besoin de mourir pour-cela.

Considère un moment le progrès naturel des maux de l'âme directement opposé au progrès des maux du corps, comme les deux substances sont opposées par leur nature. Ceux-ci s'invétèrent, s’empirent ? en vieillissant, et détruisent enfin cette machine mortelle. Les autres, au contraire altérationS externes et passagères d’un être immortel et simples, s’effacent insensiblement et le laissent dans sa forme originelle, que rien ne saurait changer. La tristesse, l'ennui, les regrets, le désespoir, sont des douleurs peu durables qui ne s’enracinent jamais dans l’âme, et l'expérience dément toujours ce sentiment d’amertume qui nous fait regarder nos peines comme éternelles. Je dirai plus: je ne puis croire que les vices qui nous corrompent nous soient plus inhérents que nos chagrins ; non seulement je pense qu’ils périssent avec le corps qui les occasionne, mais je ne doute pas qu’une plus longue vie ne püt suflire pour corriger les hommes, et que plusieurs siècles de jeunesse ne nous apprissent qu’il n’y a rien de meilleur que la vertu.

Quoi qu’il en soit, puisque la plupart de nos maux phy-

1. Julie avait en effet déclaré à Saint-Preux que l’adultère lui faisait horreur. Les protestations contre l’adultère, si volontiers toléré à cette date, font pour une part la dignité morale de la Nouvelle Héloise.

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