Lire sur ce sujet : Un curé et ses œuvres sociales, par
d'abord de connaître les choses de la campagne. C'est pour cela que, dans plusieurs grands séminaires d'Italie, on vient d'instituer des leçons d'agriculture qui sont suivies par les jeunes lévites et qui leur serviront plus tard dans leur ministère à la campagne. Les Belges font mieux encore. L'évêque de Liège a adjoint un cours d'agriculture aux leçons de sciences naturelles données aux élèves de philosophie du petit séminaire. Les évêques Belges ont annexé à l'Université catholique de Louvain, un Institut supérieur d'agriculture, et chaque année ils y envoient de jeunes ecclésiastiques pour y suivre des études spéciales et y acquérir le diplôme d'ingénieur agricole. Ces prêtres deviennent ensuite professeurs d'agriculture dans les écoles normales épiscopales, et dans les collèges diocésains oii les sections moyennes d'agriculture ont été multipliées.
Ainsi préparé, le clergé peut mettre la main aux œuvres rurales. Il est initié à la science agricole. Il la répand autour de lui. Il est dans chaque village le promoteur des œuvres agricoles, et c'est merveille de voir l'action qu'il peut exercer et tout le bien qu'il peut faire. Je viens de recevoir le compte rendu de l'assemblée générale de la Corporation agricole de Notre-Dame des Champs du diocèse de Liège, tenue le 11 mars dernier (1901) au séminaire,
M. Tabbé Mazelin (Lille, imprimerie de l'Action libérale, 15, rue d'Angleterre) et dans l'Univers du 9 mai 1902 : Le mouvement social par Max Turmann.
SOUS la présidence de l'évêque (voir la Démocratie chrétienne, juin 1901). C'est une floraison magnifique d'œuvres rurales, dont je ne veux pas entreprendre l'énumération et l'exposition. Cette assemblée se termine par un discours du vénérable évêque de Liège, qui serait à lire tout entier... Après avoir dit ce que fait son clergé diocésain, l'évêque invite les catholiques laïques à agir dans le même sens, et c'est aussi, Messieurs, ce que je vous demande en terminant.
Les temps sont mauvais. C'est trop certain D'affreux sectaires s'efforcentd'enleverà nos populations ouvrières et rurales, les derniers restes de moralité et de religion qu'elles possèdent encore. Ne perdons pas notre force à gémir, nos yeux à, pleurer. Les lamentations sont stériles, et les larmes versées sur les ruines ne les raniment pas. Agissons. Donnons de notre or, de notre activité, de notre influence, de notre temps, donnons surtout de nousmême. Sous la rafale qui passe, ne plions pas les genoux et gardons haut la tête. Laissons passer les politiciens véreux et les ambitieux vulgaires, qui corrompent le peuple pour le mieux exploiter. Tenons-nous dans la compagnie des meilleurs esprits de notre époque, des intelligences les plus hautes dans les milieux les plus cultivés. Avec eux, résistons, travaillons, espérons... Et sauvons du même coup notre âme et notre société!
Amen!
TRENTE-SIXIEME CONFERENCE