‹ Nos plaies socialesChapitre 4 sur 133 · LETTRE DE M. LABBÉ LEMIRE XI · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LABBÉ LEMIRE XI

La jjrofaiialion du Dimanche est une plaie sociale dont la guérison dépend en partie du cierge'.

Il a six jours 2'iour en préparer un.

Quil le prépare indirectement dans les enfants par le catéchisme^ dans les parents par les visites! Quil le prépare directement dans la maison de Dieu par les décors^ la propreté^ la bonne tenue, les chants ; directement encore dans les intructions parune étude consciencieuse et pratique de ce qu'il convient de dire au peuple, et dans les associalions de toute sorte pour V organisation de la vie chrétienne. N'est-ce pas là ce qui était proclamé aux Congrès de Reims et de Bourges?

Les prêtres zélés qui entouraient nos èvêques n'étaientils pas unanimes à dire que le Dimanche consacré aux plaisirs bruyants, aux voyages tumultueux, fatigue plus qu'il ne repose, que le lendemain on n'en peut plus, que loin de se remettre au travail avec des forces nouvelles, on a besoin d'' attendre pour redevenir dispos et supporter la tâche coutumière ? N' étaient-ils pas unanitnes à regretter que chez trop de catholiques on réduise le service de Dieu à presque rien, à un minimum imperceptible et quon s'ingénie à sanctifier le plaisir beaucoup plus qu'à moraliser les âmes !

l'alcoolisme

T entends des amis m' arrêter à ce mot et vie dire : « Ah! vraiment il n'est plus question que de cela aujourd'hui. On dirait que le démon n'existe plus., que les tentations et les vices ont fait place à une seule chose. Il semble que le monde sera sauvé., 9.'^^ tout ira powr le

mieux ^ qu'il n'y aura sur terre que santé et bonheur si on supprime le petit verre, consolation du pauvre peuple^ réconfortant de V ouvrier, cordial des petites gens ! L'alcoolisme est le fléau du siècle. On n'entend plus que ce refrain! Nous en avons les oreilles rabattues, dans les écoles et les instituts populaires, dans les ligues de tempérance, et les sociétés de morale, dans la faculté de médecine, et Jusqu'à l'Institut. Nous avions encore les églises où, l'on nous parlait d'autre chose. Faut-il que là aussi le couplet nous poursuive 1 »

Je vous fais brutalement l'objection, telle que je l'ai entendue vingt fois.

Elle ne vous arrête point, mon cher Curé. Le couplet antialcoolique résonne dans votre livre, c'est vrai. Mais il ne m'a point paru un écho superficiel du chant à la mode, unerépétition fade d'un sujet traité partout. Non !

Vos instructions sur cette plaie sociale sont une étude sérieuse, pénétrante, qui porte la conviction au cœur et fait prendre de sages résolutions. Je trouve dans vos conférences des anecdotes et des statistiques, des témoignages de grands hommes et des réflexions de bon sens, des démonstrations scientifiques et des exemples populaires : tout ce qu'il y a de plus enlevant, de mieux choisi^ de plus ordonné et de plus sérieux.

Mais ce qui me plaît par dessus tout, c'est le rôle que vous assignez à la cuisine et au catéchisme dans cette lutte contre le scientifique fléau. Oui, contre ce ravageur modem style, contre ce pénétrant et subtil envahisseur^ vous n'avez recours qu'aux bonnes armes de l'antique ménagère et du vieux curé.

Le curé vient planter dans la cervelle des enfants une question et une réponse du catéchisme. Question : Qu'est-

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