QUE FAIRE? — L'INITIATIVE PRIVÉE
Messieurs,
Beaucoup de braves gens, quand on leur parle du lléau de l'alcoolisme, vous disent bravement quil n'y a de remède que dans l'intervention de l'Etat. J'ose affirmer qu'ils se trompent. Est-ce que vous pensez vraiment qu'en Angleterre, en Allemagne, en Danemark, en Suède, en Norvège, c'est le gouvernement qui a commencé l'action antialcoolique? Non. C'est l'initiative privée qui a commencé, et qui a fini par entraîner l'action des pouvoirs publics.
Après avoir tracé le devoir de l'Etat, il faut donc que je vous signale le devoir des particuliers. Le recours à la loi et à la réglementation est nécessaire. L'initiative privée est plus nécessaire l'îicore. Que tout le monde s'y mette : les parents dans la famille, les maîtres dans l'école, les officiers à la caserne, tous les bons citoyens, le clergé • t les catholiques en première ligne.
I, — Dans la famille.
C'est dans la famille que se prennent les habitudes que l'on gardera toute sa vie. Que les pères et les mères soient donc très attentifs sur le régime qu'ils font suivre à leurs enfants, et qu'ils se rappellent deux principes incontestables : 1° que les boissons alcooliques proprement dites, les spiritueux sont inutiles et nuisibles ; 2° que les boissons fermentées, vin, cidre, bière, ne sont inoffensives que si on en consomme modérément.
Parents, ne créez pas à vos enfants des besoins factices et dangereux. La race des intempérants est une race sans énergie et sans valeur. Les sobres seuls sont forts; il savent s'abstenir et résister, donc aussi agir et vaincre. La lutte contre l'alcoolisme doit être intraitable au foyer domestique. Dans beaucoup de familles, il y a quelque chose à faire, des précautions à prendre, des habitudes à réformer, un nouveau régime à instituer.