II. — A 2*écoIe
L'influence des maîtres et maîtresses d'école peut être aussi très considérable pour combattre l'alcoolisme. Ils doivent agir sur l'esprit de leurs élèves par des leçons orales, par des devoirs écrits, par des images et des sentences collées aux murs de la classe.
Le ministre de rinstruction publique, M. Rambaud, dans une circulaire de mars 1897, rappelle qu'aux programmes de l'enseignement secondaire et primaire ont été ajoutées des notions sur les dangers de l'alcoolisme, et il demande aux professeurs et aux instituteurs de lutter contre l'alcool avec la conscience de faire œuvre de bien public. C'est juste.
Voyez ce qui se passe en Angleterre. Après un demi-siècle d'efforts on y compte 22.993 sociétés enfantines de tempérance avec 2.902.805 abstinents; aussi la criminalité diminue-t-elle sensiblement chez nos voisins les Anglais, qui n'ont pas certes toutes les qualités, mais qui en ont cependant quelques-unes.
Sur ce terrain de la croisade antialcoolique nous sommes distancés par l'Angleterre et par beaucoup d'autres peuples. Ne serait-il pas temps de nous y mettre, et de sauver l'avenir en préservant l'enfance et la jeunesse?
ni. — A la caserne.
Après la famille, après l'école, vient la caserne. L'alcoolisme ruine plus de santés et enlève plus de soldats à la France que les fatigues de la guerre et les balles de l'ennemi. Les médecins militaires pourraient nous dire combien de jeunes gens sont
conduits à l'hôpital, victimes directes ou indirectes de l'homicide liqueur. Les chefs de notre armée ont donc ici un grand devoir à remplir, un devoir militaire, social et patriotique. On me dit que dans toutes les casernes de la garnison de Paris viennent d'être apposés des placards illustrés, destinés à exposer aux yeux des soldats, les ravages produits par l'alcool sur l'organisme, — que ces pancartes sont affichées dans les chambrées, les postes, les lavabos, les réfectoires avec une notice explicative qui énumère les funestes effets de l'alcool au point de vue pathologique et au point de vue moral. C'est bien. Et pourquoi ce qui se fait à Paris ne se ferait-il pas dans tous les régiments? Que tout le monde s'y mette : les parents dans la famille, les instituteurs à l'école, les chefs de l'armée à la caserne.