Orléanais, En tout 1.614.000 provinciaux
Et le phénomène n'est pas spécial à la capitale. Partout en France les villes s'emplissent et regorgent au détriment des campagnes.
Conclusion.
Ceci n'est pas normal. Il y a là un désordre. La vie fondamentale d'un peuple n'est pas à la ville, mais à la campagne.
Quand on voit le luxe, la prospérité des villes, les maisons hautes, les voies larges, les squares ombreux, les moyens de communication multipliés et rapides, tous les avantages enfin que les agglomérations offrent à ceux qui les composent, on est tenté de se faire illusion et de crier au progrès. On est tenté de dire : ça va bien, ça va « de mieux en mieux! »
Eh bien non! le progrès n'est pas là. D'abord parce que ces brillants dehors cachent souvent d'effroyables misères qui font songer aux sépulcres blanchis de l'Evangile, — Ensuite et surtout parce que c'est ailleurs qu'il faut chercher les marques véritables du progrès. Ce n'est pas dans les villes que se trouve la force d'un pays. Ce n'est pas dans les hautes maisons, ce n'est pas dans les voies larges, ce n'est pas dans les squares ombreux des grandes cités qu'habitent, que circulent, que se rencontrent les forces vitales d'un peuple. C'est sous le grand
ciel bleu, dans la chaumière au toit modeste, sur les routes poudreuses, dans les champs où paissent les grands bœufs, oii jaunissent les blés, qu'il faut chercher les forces vitales d'un peuple.
Étudions donc cette question capitale. Messieurs, combattons les préjugés, redressons les idées fausses, et toutes les fois que nous aurons gardé à la vie des champs un homme de race paysanne qui voulait venir habiter la ville, regardons cela comme une très bonne œuvre, une des meilleures que nous puissions accomplir pour garder des âmes à l'Eglise ■et de bons citoyens à la Société.
Amen t
TROISIEME CONFÉRENCE