‹ Nos plaies socialesChapitre 54 sur 133 · LA JEUNESSE DÉSERTE LES CAMPAGNES · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE DÉSERTE LES CAMPAGNES

Messieurs,

La terre est la grande leçon vivante que nous no voulons plus écouter. Elle enseigne le travail, la famille, la prière. Hélas! le travail pèse, la famille gêne, la prière humilie. Grand docteur des peuples, on redoute, on méprise, on fuit ses enseignements sauveurs. La manie de fuir dans les villes est passée à l'état aigu. Tout le monde veut aller des champs à la cité, tout le monde, même et surtout la jeunesse, la jeunesse cultivée, la jeunesse populaire, la jeunesse féminine. Attention! J'ai à vous dire là des choses généralement inaperçues, et pourtant de la plus haute gravité.

Il a des gens, d'honnêtes gens qui ne se préoccupent pas, qui ne veulent pas se préoccuper des besoins, des aspirations, des maladies de leur siècle. Ils trouvent que tout va bien, tant qu'on ne touche pas à leur pot au feu. Ils marchent avec le calme des somnambules au milieu des problèmes les plus

actuels et les plus angoissants. J'estime que la désertion des campagnes est un de ces problèmes. Il est difficile de le résoudre... c'est vrai. Mais il est nécessaire de l'étudier... ce n'est pas contestable.

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