‹ Nos plaies socialesChapitre 79 sur 133 · III. Les Causes (suite · texte numérisé non relu

III. Les Causes (suite

LES CAUSES SEMI -VOLONTAIRES S" Le fonctionnarisme

Messieurs,

Nous avons étudié les causes volontaires de la désertion des campagnes. On veut paraître. On veut jouir. On veut gagner beaucoup d'argent sans beaucoup travailler. A toutes ces sollicitations qui proviennent des bas-fonds de notre nature, s'en ajoutent d'autres qui sont extérieures et adjacentes et qui proviennent du milieu dans lequel on vit. C'est ce que j'appelle les causes semi-volontaires de la désertion des campagnes. On va à la ville par entraînement. On va à la ville par amour du fonctionnarisme.

Que de paysans qui rêvent pour eux et pour leurs fils une place de fonctionnaire, la place de facteur, gendarme, cantonnier... Voilà, disent-ils, une belle position. Le traitement marche toujours, et on a une retraite pour les vieux jours. — Le paysan ne considère pas l'esclavage qu'il va subir;

il ne considère pas qu'il va devenir le jouet d'une armée de supérieurs... que sa moindre parole sera commentée, que sa moindre action sera disséquée. Il voit seulement son traitement, sur lequel il ne grêle pas — il voit sa retraite, et pour obtenir ce résultat, il accepte sans sourciller une vie pleine d'ennuis. L'envie de devenir fonctionnaire, le fonctionnarisme est une des grandes causes qui ont produit dans notre siècle le vide des campagnes. Le fonctionnarisme d'ailleurs sévit sur toute la nation. Il est donc intéressant et utile d'étudier ce phénomène. Je répondrai aujourd'hui à deux questions préliminaires :

!*• Qu'est-ce qu'un fonctionnaire?

2° Le prêtre est-il un fonctionnaire?

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