‹ Notes de pédagogieChapitre 3 sur 102 · XI · texte numérisé non relu

XI

'< Ton ordre du Jour est tracé, Dieu, tes enfants. Reste-lui fidèle. »

« N'entre jamais dans la classe sans t'y être préparée.

« Que chaque matin, tes élèves trouvent écrits sur le tableau noir, les devoirs qu'elles auront à faire pendant [ajournée. ^

'{. Ne passe pas d'une leçon à une autre, sans t'être assurée qu'elle a été parfaitement comprise par toutes tes élèves.

« Ne t'écarte jamais du programme d'études qui a été tracé par toi et approuvé par tes supérieurs.

'< Beaucoup d'ordre et de propreté dans les cahiers de tes enfants.

<?; Que les devoirs soient toujours parfaitement corrigés — tous, bien courts, simples et faciles.

« N'oublie pas ces sages conseils qui te furent donnés à l'époque de ta première formation :

« Variété de matières. — Division des heures pour ne pas prolonger au delà d'une demi-heure une leçon sur le même sujet.

« Variété d'exercices. — Expliquant, examinant, interrogeant, corrigeant les devoirs ou les faisant corriger parles élèves elles-mêmes.

« Variété de méthodes. — Parlant tantôt' aux sens et à l'imagination, tantôt à l'intelligence et à la raison, au sentiment et à la volonté — sachant à l'occasion conter une histoire et dire une parole qui récrée... »

« N'emploie jamais de ces phrases vides de sens qui ne laissent aucun bon sentiment dans le cœur de l'enfant.

<L Aie soin par une bonne parole, par un bon conseil de tourner son intelligence vers Dieu.

« Enrichi son âme de vertus. — Redresse-la si elle prenait un mauvais pli. — Éloigne d'elle tout ce qui pourrait la souiller. »

" « Toi, ne t'isoles pas, ni de tes compagnes ni de tes supérieures ni de tes livres.

« Le cœur, l'âme, l'esprit ont besoin d'être soutenus, relevés, encouragés, enrichis.

« Dieu suffit à tout, c'est vrai ; mais Dieu vient à nous par le conseil — par Yamitié —

— xni - -

par la bonté — par la communication des

pensées qu'il a inspirées et qu'il a voulu fixer

dans les pages d'un beau livre.

'< Aime la compagnie de tes enfants. Par

elles aussi, Dieu se communiquera à toi et tu

te communiqueras à Lui.

'< Ces enfants que tu auras là, seront tous

envoyés par le bon Dieu, et de chacune

d'elles, le bon Dieu te dira :

« Reçois-la — aiuie-la — d'elle, fais un

ange — nn apôtre — une sainte.

« Pour chacune d'elles, sois une mère :

« Une mère patiente pour la supporter

malgré ses entêtements, ses caprices, sa mauvaise volonté,

« Bonne pour lui témoigner toujours de

l'affection,

« Constante pour recommencer toujours,

« Ferme et douce pour la corriger,

« Forte pour ne pas te découragej,

« Inçyénieuse pour essayer tout ce qui peut

la rendre meilleure,

« Miséricordieuse pour la pardonner chaque

fois qu'elle revient à mieux faire.

« Toi, ô maîtresse, sois avant tout, plus que tout, pieuse, c'est-à-dire unie à Dieu par la volonté ferme de rester à Dieu — par le recours habituel à Dieu — par l'assurance que Dieu sera toujours avec toi. ?/

Après ces premières lignes si paisibles et si encourageantes, nous sera-t-il permis de prononcer, devant vous, une parole qui, par elle-même, serait troublante, mais qui a aussi la puissance de vous rapprocher plus intimement de Dieu, vous qui pouvez lui dire :

Vous m'ave\ appelée — je suis venue — je me dévoue — je compte sur vous. — Vous sere\ mon guide, ma force, mon appui, ma récompense.

Ce mot est celui de

Responsabilité qui indique que, sur vous, retomberait une part de la punition méritée par une de vos élèves si par votre négligence coupable vous l'aviez laissée vivre loin de Dieu.

Mais n'ayez pas peur ; ce mot est pour vous un stimulant et un soutien.

Il n'aura pour effet que de vous rendre plus vigilantes — et de créer en vous l'habitude de dire tous les matins à la Sainte Vierge :

O Marie, garde\ avec moi et par moi Vâme de nos enfants !

Quelques mots de cette responsabilité pour exciter votre zèle.

Comme éducatrice et institutrice, vous êtes, dans un sens large sans doute, mais réel, responsable de chacune de vos enfants:

I" Devant les familles qui vous ont confié ce qu'elles ont de plus cher :

Le corps de leur enfant — pour que vous le soigniez — le préserviez — le soulagiez — le rendiez fort et vigoureux.

XJ' intelligence de leur enfant — pour que vous la rendiez brillante et étendue, de manière à ce que cette enfant tienne une place honorable dans la société.

Le caractère de leur enfant — pour que, rentrée dans sa famille, cette enfant répande

la joie au milieu de tous, soit le soutien et la consolation de tous.

Le cœur de leur enfant — pour qu"il se montre bon, affectueux, dévoué.

Vânie de leur enfant... La famille n'y pense pas toujours, n'y pense que secondairement, n'y pense même pas du tout — mais Dieu, le bon Dieu y pense...

2" Vous êtes responsable :

Devant Dieu qui, avec plus d'autorité que les parents, vous a dit, à l'heure où la mère vous présenta sa tille :

« Recevez-la. — C'est moi qui vous la confie. — Elle est à moi !

« C'est pour elle, que je vous ai donné tout ce qu'il y a en vous, de lumière, d'affection, de dévouement. — Emplo3^ez. pour elle, tous ces trésors de votre intelligence et de votre cœur. — Ayez pour elle, la délicatesse et la tendresse d'une mère.

« Élevez-la pour moi — moi, je suis la fin unique de votre mission.

« Qu'elle me connaisse, qu'elle me serve, qu'elle m'aime.

« Vous n'aurez pas toujours votre récompense en ce monde, mais, c'est moi, non pas seulement qui vous donnerai votre récompense, mais moi qui serai votre récompense,

« Vous me donnerez des âmes, je vous donnerai mon ciel. »

3" Vous êtes responsable :

Devant l'enfant elle-même.

L'enfant ne pense pas — à l'heure oii elle vous est confiée par sa mère — à ce qu'elle pourra faire plus tard.

Mais si elle n'a pas été formée par vous — à un degré plus ou moins élevé sans doute — à la piété — au travail — à l'ordre — à la vie soumise et occupée — si elle se voit : sans /br^é? pour supporter les peines, sans activité pour la lutte, sans savoir-faire pour venir en aide, sans utilité pour remplir sa mission.

... Que de reproches elle aurait à vous faire — injustes presque toujours — mais quelquefois un peu fondés...

Courage, maîtresses chrétiennes, si remplies de bonne volonté. — N'oubliez pas que le bon Dieu est avec vous et travaille pour vous.

C'est sous l'inspiration de ces pensées que je vous demande, ô vous qui avez à diriger une classe et à former des âmes d'enfants, de lire sous le regard de Dieu ce petit livre qui vous est remis.

l'Auteur des Paillettes d'Or.

Préliminaires et généralités.

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