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CONCLUSION

DE LA PREMIERE PARTIE DES NOTES PÉDAGOGIQUES La Formation de l'Éducatrice.

Vcdiication est un apostolat. — Elle est même un sacerdoce.

Etonnante parole que celle-là.

Ecoutez comment la développe et la rend vivante, ce grand éducateur, qui fut Mfc''' Dupanloup.

Je ne crains pas de l'affirmer, le prêtre le plus saint et le plus dévoué aux âmes, a souvent une influence moins étendue et moins profonde que réducatetir, sur l'âme et la destinée de lenfant.

La présence du prêtre au milieu des enfants est rare^ Il n'a des rapports et des entretiens avec ces jeunes âmes que de loin en loin. — Il ne peut les suivre dans les diverses actions de leur vie.

La présence de l'Educateur est permanente auprès de ses élèves. Il tient pour ainsi dire dans ses mains toute leur existence — toute leur vie de chaque jour et de chaque heure — et, par là même, il a, avec eux. le commerce le plus fréquent.

Sans doute, le prêtre — dans la confession — répare le mal commis — et par ses conseils et surtout par la grâce du sacrement, relève l'âme, la fortifie, la fait rentrer dans le devoir — mais c'est à l'éducateur à la maintenir, cette âme toujours faible.

Ce que ne p'eut le prêtre, parce qu'il n'est pas toujours là — X éducateur le peut à peu près toujours.

L'éducateur peut éloigner les occasions qui porteraient au mal.

Il peut faire réparer sur le champ une faute commise.

Il peut donner un bon conseil — arrêter une dispute.

Il peut faire pratiquer un acte de bonté, d'obéissance, de renoncement— il peut faire penser à faire plaisir au bon Dieu.

Il peut encourager, soutenir — venir en aide.

Il est l'auxiliaire le plus utile du prêtre...

L'éducation n'est pas une œuvre de spéculation, ni un métier — c'est un apostolat, c'est-à-dire elle a pour but de mener les âmes à Dieu.

L'éducateur n'est pas simplement un maître — oui certes, il est maître, mais il Qii père : il aime. — Il est pasteur : il remplit un ministère sacré. — Il est apôtre : il se dévoue et s'oublie pour sauver les âmes.

Les enfants ne sont pas seulement des écoliers qu'on instruit — ce sont des âmes qu'on aime, qu'on élève pour Dieu et pour lesquelles on sacrifie ses soins, sa santé et même sa vie.

D'après ces quelques lignes et ce que nous avons dit dans la première partie de ce livre, vous voyez ce qu'exige de vertu, de dévouement, de

tact, de prudence, de science, la vocation d"éducatrice.

Il ne suffit pas de jeter dans l'âme des semences de vertu. — Il faut les cultiver avec soin, avec intelligence, avec constance.

II ne suffît pas d'enseigner des principes religieux, il faut les graver si profondément, qu'ils soient à jamais ineffaçables.

II ne suffit pas de faire connaître la religion, il faut la faire aimer.

Il faut non seulement fortifier une nature faible. mais réformer une nature portée au mal.

Un maître, tel que Dieu le demande, doit avoir, dit le Père Champagnat :

une autorité qui accorde toute la liberté pour développer le caractère — mais qui refuse celle qui pourrait le gâter,

une douceur sans faiblesse,

une sévérité sans dureté,

une gravité sans rudesse,

une complaisance et une bietiveiïlance sans familiarité,

un désir ardent des succès, tempéré par une patience que rien ne rebute et ne désespère,

une vigilance à laquelle rien n'échappe, avec une sagesse qui paraisse souvent ignorer,

une réserve qui ne nuise pas à la franchise,

une fermeté qui ne soit pas opiniâtre, une sagacité z démêler les inclinations qui ne se laisse jamais apercevoir,

une prudence qui fasse connaître ce qu'on doit ou excuser ou punir et qui fasse saisir les moments favorables,

une adresse qui ne dégénère jamais en finesse et qui s'insinue dans l'esprit sans le révolter,

nnQ aménité c[M\ rende les instructions agréables sans leur ôter leur solidité,

une indulgence qui fasse aimer, jointe à une exactitude et à une justice qui fasse craindre,

une condescendance qui s'accommode aux inclinations sans trop les favoriser,

une habileté à combattre ces inclinations, les unes par les autres, — z fortifier les bonnes et à affaiblir les mauvaises,

une prévoyance qui prévient les occasions dangereuses,

une présence d'esprit que ne déconcertent ni les événements inattendus, ni les questions embarrassantes...

N'est il pas vrai qu'après la lecture de ce tableau, on se dit :

Pour être bon éducateur, il faut être parfait ?

Ms'' Borderie, évêque de Versailles, disait mieux : Il faut être un saint — or^ ajoutait-il, pour être saint^ un éducateur n'a qu'à ne pas être ni hypocrite, ni menteur — à faire ce qu'il dit — et à suivre luimême ses propres conseils.

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