I. Jugements à porter sur la vie ordinaire
Énoncer un fait — un de ceux que l'enfant accomplit journellement, ou peut facilement et instinctivement accomplir — et lui demander ;
Est-ce bien ? — Est-ce mal ? Pourquoi?
On a rédigé de gracieux questionnaires — faciles à rédiger du reste — sous ce titre ; Jugements à faire prononcer par les enfants.
En voici quelques lignes :
« Julie n'est jamais pressée pour aller en classe — s'arrêtant en chemin, — B^rthe a boudé parce que sa maman a refusé de lui acheter une poupée, —
Lucie a partagé son goûter avec une de ses petites amies qui n'avait que du pain sec. »
Est-ce bien? — Est-ce mal? — Pourquoi ?
On peut passer en revue toute la vie et tous les devoirs d'un enfant : Piété, politesse, verttis, défauts, caractère, etc..
2. Jugements à porter sur Vensemble et la direction de la vie.
A mesure que se développe l'intelligence, développons aussi, rendons plus utile à la vie notre faculté de juger :
1° Exerçons, à peu près tous les jours, le jugement de nos enfants en leur dictant une maxime — un proverbe — un mot historique... leur demandant — d^en fixer le sens — de le Justifier — de le blâmer — d'en faire V application...
2° Donnons des paradoxes (pensées fausses, mais présentées sous un jour qui leur donne un air de vérité), laissant les enfants juger par elles-mêmes — puis leur montrer comment elles auraient dû apprécier...
Donnons encore des préjugés, c'est-à-dire des jugements superficiels portés à première vue sur un fait — et acceptés et redits sans réflexion... les réfuter.
3° Choisissons dans l'histoire des faits historiques diversennent jugés, selon l'esprit de l'historien — et les expliquer, surtout, à la lueur de la vérité religieuse.
Q.ue de mensonges historiques à détruire !
4° Nous avons indiqué les analyses littéraires. Il y a là un travail plein de charme.
L'élève apprend à voir, à discerner, à goûter les beautés qui rayonnent des pages choisies par la maîtresse. — Elle raisonne le jugement qu'elle porte et qu'elle motive en citant les pensées qui l'ont impressionnée — qu'elle a admirées ou qu'elle a cru devoir blâmer.