TRAVAUX DIVERS
52. — Nouveau moyen Réprouver la pureté des corps volatils. {Ânn. de ch. et de phys., 6' s., t. VIII, 1886, et Comptes rendus, t. CI, p. 1504.)
C’est encore ma méthode des distillations fractionnaires que je fais servir de critérium pour juger de la pureté des corps volatils. Cette méthode permet d’opérer sur moins d’un gramme de matière, et est plus délicate qu’aucune de celles qui ont été employées jusqu’ici.
On peut s’en convaincre dans l’application que j’en fais à l’étude des acides volatils. Le commerce fournit, je le démontre,des échantillons très pursd’acide formique et d’acide acétique. La pureté de l’acide propionique est déjà moins assurée ; cependant quand on se sert, pour l’obtenir, de cyanure d’éthyle, on retrouve dans le produit le degré relatif de pureté de l’alcool qui a servi à l’opération. C’est pour l’acide butyrique que la pureté absolue est difficile à obtenir. Je ne l’ai trouvée dans aucun des acides butyriques vendus comme purs par le commerce, ou préparés comme tels par divers savants, et bien que ces acides eussent tous les caractères de la pureté, densité, point d’ébullition, etc. C’est que tous ces acides sont produits par fermentation, et résultent de dislocations moléculaires dont la formule esf assez variable. C’est aussi que l’acide butyrique est par lui-même un édifice assez peu stable, et peut être détruit à son tour, même par les êtres qui l’ont produit. A mesure qu’on remonte dans la série, les mêmes causes produisent les mêmes effets, et l’impureté devient de plus en plus grande, do sorte qu’on peut dire qu’on ne connaît pas encore,' à l’état pur, les acides de degré supérieur à l’acide butyrique.
53. - Préparation de Vacide valérianique pur. {Comptes rendus, t. CV.)
Je donne dans ce mémoire le moyen de préparer de l’acide valérianique ■ tout à fait pur, résistant il l’épreuve délicate dontje viens de parler. J’indique en même temps la cause pour laquelle dans ce mode de préparation, tel qu’on l’employait jusqu’ici, l’acide valérianique était souvent mélangé d’acides gras inférieurs, et surtout d’acide aeétique.
54 . — Sur le Tricophyton tonsurans (Champignon do la teigne). {Bull, de
la Soc. debiol., 1886, p. 14.)
Dans un mémoire qui avait rencontré un certain crédit, Grawib avait identifié le champignon de la teigne avec celui du favus, du muguet, et aussi avec des espèces non pathogènes, telles que Voïdium lactis et le myccderma vini. Je fais voir dans ce travail, qu’aucune de ces assimilations n’est exacte. 11 est juste de dire que Grawitz avait auparavant retire quelques-unes de ses affirmations, mais il en subsistait quelques autres, et je montre dans ce mémoire les causes de l’erreur dans laquelle ce savant était tombé.
53. — Études actinométriques. {Comptes rendus, t. COI, p. 1010.)
En essayant do transformer en procédé actinométrique la combustion qu’éprouve au soleil l’acide oxalique, je suis arrivé à découvrir deux faits imprévus.
En premier lieu, une solution récente d’acide oxalique ne se brûle pas au soleil aussi vite qu’une solution ancienne de même force. Pour acquérir son maximum de sensibilité, une solution récente doit subir un travail moléculaire qui ne se traduit par aucun phénomène chimique, ni même par aucun phénomène physique apparent.
De plus, quand on prend une solution amenée à son maximum de sensibilité, la combustion solaire n’y commence pas dès la première minute, ni même dès la première heure d’exposition au soleil. Il y a à l’origine de l’expérience, un temps mort d’autant plus long que la lumière est moins intense.
■' La combustion totale dans le courant d’une journée n’est donc pas ta somme des effets actiniques partiels, au moins avec ce réactif, car j’en ai trouvé depuis de plus sensibles; mais on peut pourtant démontrer, è, son aide, que les heures les plus actives de la journée, au point de vue des combustions solaires, sont celles qui avoiginent le passage du soleil au méridien et qu’avant neuf heures et après trois heures, l’effet comburant de la lumière est négligeable.
56. — Sur les phénomènes qui accompagnent la couronne solaire.
(Comptes rendus, t. XCIX, p. 714.)
Dans cette lettre à M. Cornu, que ce savant a jugé digne de prendre place dans les Comptes rendus, je décris des apparences colorées qui se rattachent aux lueurs rouges du couchant, si éclatantes en 1885. D’autres lueurs, moins vives, paraissent autour de l’horizon et surtout au point antisolaire. Je puis ajouter aujourd’hui deux faits à mes, observations d’alors. L’un est que l’on peut aussi observer ces lueurs solaires et antisolaires avant le lever du soleil. L’autre, c’est qu’il n’est pas nécessaire, pour les voir, d’ètre très élevé au-dessus du niveau do la mer, car je les ai très bien vues dé Limoges, qui