DEUXIÈME SUPPLÉMENT
59. — Sur les phénomènes généraux de la vie des microbes. (Annales de l'Institut Pasteur, 1.1, p. 347.)
Après avoir montré que la dislocation des molécules organiques complexes, sous l’action de la lumière solaire, donne naissance aux mêmes produits que leur destruction sous l’action de divers ferments, et après avoir ainsi prouvé qu’il n’y a, à proprement parler, rien de vital dans les causes profondes de la formation de ces produits, qui est surtout commandée par des questions de stabilité de molécule, je tire les conséquences qui résultent de cette notion au sujet du mode de réaction des produits d’une action microbienne vis-à-vis du microbe qui les a engendrés. En principe, et aussi dans la réalité, l’idée d’antiseptique et de stabilité de molécule se trouvent ainsi liées l’une à l’autre. Toute cellule vivante redoute la présence autour d’elle des produits qu’elle rejette dans son fonctionnement organique, parce qu’elle n’a plus de prise sur eux. Mais, toutes les cellules n’ayant pas les mêmes propriétés, les antiseptiques de Tune ne seront pas nécessairement les antiseptiques de l’autre, ils pourront être indifférents visà-vis de cette seconde cellule ou même lui être utiles. Les maladies microbiennes n’étant autre chose que l’effet de la lutte des cellules d’un microbe contre les cellules normales de l’être vivant, on voit qu’il y a dans ces notions une esquisse encore grossière des conditions qui président au retour à la santé ou à l’aggravation de la maladie.
s. {Annales de l'Institut