‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 14 sur 59 · XI. — Les betteraves de distillerie · texte numérisé non relu

XI. — Les betteraves de distillerie

Il n’y a que fort peu de différence à établir entre les variétés de betteraves de sucrerie et celles de distillerie: en effet, une betterave riche en sucre conviendra aussi bien à l’alcoolisation qu’à l'extraction du sucre, puisque c’est le sucre qui produit l'alcool. Mais en raison du régime fiscal différent appliqué aux deux industries du sucre et de l’alcool, on a plutôt avantage à choisir pour la distillerie des variétés un peu moins

riches en sucre, mais donnant un rendement plus considérable en poids. Lorsque nous avons établi le prix de revient d'un hectolitre d’alcoo]l de betteraves par la méthode Champonnois, nous avons démontré ce fuil avec chiffres à l'appui. Par la même occasion, nous avons également fait ressortir alors les deux cas différents de la distillation agricole, traitant une faible quantité de betteraves par jour, et celui de la distillation industrielle qui, au contraire, traite de grandes quantités de racines.

D'une manière générale, ce sont les betteraves à sucre, dont le jus marque 6 ou 6.5 de densité et audessous, qui sont les plus généralement cullivées pour les besoins de la distillerie; il en est une notamment qui est très appréciée pour cet usage dans le nord de la France, c’est la betterave dite Brabant; les autres variétés les plus recommandables sont : la Betterave blanche de Silésie, Impériale et l'Electorale. Nous ne parlerons pas ici de la culture de la betterave de distillerie, elle est la même que celle de la betterave de AY sucrerie, et nous renverrons au Manuel pratique de DL Ml la fabrication du sucre, pour tout ce qui à rapport à 1 cette question, mais nous croyons utile de rapporter HE ici quelques conseils pratiques en ce qui concerne les

qualités que doivent réunir les betteraves de distillerie,

LE nous les emprunterons en grande partie à MM. J.

| Fritsch et E. Guillemin.

1 Le distillateur doit apporter une grande attention au | ln choix de la variété à adopter, il se guidera soit sur la } connaissance de son terrain de culture, pour n’y in-

1 troduire que des espèces appropriées à ce terrain, soit

pi) sur des essais préliminaires de variétés différentes cul- |

LA tivées sur des parcelles voisines, de façon à obtenir \ avec le moins de frais possible, l'espèce lui fournissant

le maximum de l’élément en vue duquel il dirige sa culture, Il est clair que plus la betterave renfermera de sucre, plus elle fournira d'alcool, et que le rendement alcoolique diminuera avec la teneur saccharine de la betterave. Avant de se prononcer définitivement pour telle ou telle race, il faut cependant examiner les conditions économiques et fiscales dans lesquelles on se trouve. Ces dernières peuvent quelquefois obliger le distillateur à se désintéresser partiellement de la richesse saccharine de la betterave ; l'expérience montre que les jus peu riches en sucre fermentent plus facilement, par la raison qu'ils renferment une plus grande proportion de non-sucre, et par suite, des aliments plus riches pour la levure.

Au point de vue industriel, il faut en général choisir les espèces qui donnent les rendements en sucre les plus élevès par unité de surface emblavée ; au point de vue agricole, il faut donner la préférence à celles qui donnent de grands rendements en poids et laissent beaucoup de pulpes pour l’alimentation du bétail.

Le distillateur peut, sans préjudice pour la marche économique de la fabrique, envisager avant tout le rendement en poids par hectare. Il a, de plus, lavantage de pouvoir choisir la variété de betteraves qui est la plus apte à concilier ses exigences comme industriel et comme cultivateur,

Comme guide dans le choix de la variété à adopter, il faut tenir compte des faits suivants :

On sait que le rendement en poids suit une progression inverse de celle de la richesse saccharine de la betterave ; le distillateur recherchera donc, non les espèces riches en sucre, ou celles à grands rendements en poids par hectare, mais les variétés réunissant autant que possible ces deux conditions. La valeur cul-

turale de la betterave ne peut être établie que par un calcul différentiel entre le bénéfice du cultivateur et celui du distillateur.

Si nous complètons ce raisonnement par un exemple numérique :

Kilos de sucre par hectare.

Kilos par hectare. Sucre °/o — 925,000 14 .500 — 30.000 12 — 3.600 —..40:000 10 — 4.000

Récolte 18.000 16 dans la betterave 2.880

On voit clairement l'avantage financier que présente la culture de la betterave de distillerie pour le cultivateur et le distillateur ; d'autre part, en l’état actuel de la sélection des betteraves et des progrès généraux de la culture, on arrive à récolter de 30.000 à 45.000 kilos de betteraves à l’hectare, d’une richesse saccharine de 14 0/0, ce qui fait 4.200 à 6.200 Kkilogr. de sucre par hectare. La distillerie agricole de betteraves réunit donc toutes les conditions voulues pour obtenir les rendements les plus avantageux au point de vue de la culture et de la fabrication.

XII. — Alcoolisation de la carotte, des rutabagas, navets, raves.

Les carottes, rutabagas, navets, raves, ont une composition chimique très voisine de celle de la betterave, ainsi que le montrent les résultats analytiques suivants :

ALGOOLISATION DE LA BETTERAVE 115 Carottes.

anenilanona ROUE pale Blanche Rouge longue Ge Flandre à collet vert Eau . 85.07 86,22 87.15 Matières sèches, 14.93 13,78 12,85 100.00 100.00 100.00 La matière sèche contient :

Parties solubles dans leau....... 9.79 8.76 8.41 — — dans la soude... 1.32 1.18 0.90 — dans l'acide chlor-

RYATIAUE eee te eee 8.11 3.11 2:&

GOUGIOSO ETS NE NT 0/10:732 0:72

A cela il faut ajouter environ 1 p. 100 de sels minéraux,-de potasse, de chaux et de soude, et une quantité de sucre cristallisable variant entre 9 et 12 p. 100.

Navets et raves.

Les navets renferment, en moyenne :

PAU. nus seed e Mate 93.26 Matières séches. .........,..,,.. 6.75 Quant aux raves, qui en définitive sont de véritables navets, elles renferment en moyenne, suivant Einhof :

Matières sucrées .......,....1... 4.80 2,80

Rutabagas.

Le rutabaga contient en moyenne :

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