‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 20 sur 59 · IV. — Disposition d’une distillerie de pommes de terre · texte numérisé non relu

IV. — Disposition d’une distillerie de pommes de terre

On ne doit pas confondre la distillation de la fécule avec la distillation de la pomme de terre en nature: la première restera toujours du domaine de la grande fabrication : les procédés pour l’une ou l’autre de ces deux industries ne sont pas les mêmes. La fécule

donne une macération claire, la pomme de terre une macération épaisse ; l’une donne des résidus que l’on emploie à la nutrition des bestiaux, l’autre ne laisse pour résidu qu'un liquide souvent fort génant pour le fabricant ; enfin la pomme de terre donne des produits qui ont besoin d’être purifiés ; la fécule donne une eau-de-vie exempte de mauvais goût. Les procédés et les appareils sont ainsi entièrement différents pour ces deux genres de fabrication.

Une distillerie complète se compose de trois pièces. La première qui peut être simplement un hangar fermé, sert aux opérations préliminaires, au lavage des pommes de terre, à la réduction en pulpe, à la macération ; la deuxième renferme les cuves où s'opère la fermentation ; cette pièce doit étre pavée en pierres plates ou cimentées, et recouverte au moins d’un double plancher joignant bien, et dont l’un est cloué

sous poutre (1): Pair doit pouvoir y être renouvelé ; les lavages fréquents et la plus exacte propreté doit y être maintenue; une température constante de 18 à 20° C. est aussi nécessaire à la bonne marche des fermentations ; il est done indispensable que cette pièce soit bien abritée et close avec soin. Le sol, le plus uni possible comme nous l’avons dit, doit aussi être disposé de façon à laisser écouler les eaux de lavage au dehors. La cuverie peut se chaufter au moyen d’un calorifère, ou mieux au moyen du générateur à vapeur que l’on y fait pénétrer; on modère alors la température, si elle venait à s'élever trop, au moyen d’une ventilation très ménagée, pour éviter les coups d'air qui, par un refroidissement subit, pourraient déranger la marche des cuves. Cette deuxième pièce se nomme la cuverie. La troisième pièce renferme le générateur à vapeur, le foyer, les appareils de distillation et les instruments qui servent à la distillation. Cette pièce forme la distillerie proprement dite. Il n’entre pas dans le plan de ce travail de décrire en détail les dispositions d’une distillerie, qui d’ailleurs peuvent varier à l'infini; chacun devra, avant de prendre une décision sur la disposition à adopter, bien se rendre compte des ressources dont il dispose, de la manière dont l'appareil qu’il a adopté doit fonctionner, de toutes les opérations qui doivent se succéder dans une distillerie, et des dispositions qui doivent les faciliter ; enfin, du terrain dont il dispose s’il doit bâtir, ou bien des bâtiments qui doivent lui servir s'il profite d’anciennes constructions. Un point auquel on devra at-

(1) Un plafond en plâtre ne pourrait remplacer ce plancher cloué sous poutre à cause de l'humidité qui l'aurait bientôt détruit.

Manuel de la Distillation.

! tacher une grande importance, est de savoir si l’on a à | sa disposition et à portée de la distillerie de l’eau claire | et en abondance ; sans eau, une dislillerie ne peut pas marcher, et c’est ordinairement la seule chose que l’on oublie d'examiner.

À Dans les très petites distilleries et souvent aussi 1 | dans les grandes, on n’a qu’une seule pièce pour 1! toutes les opérations ; c’est une faute; la cuverie au | | moins devrait être séparée. Dans les petites distilleries, |! dont l'importance est trop peu de chose pour permettre | | à de leur consacrer deux pièces, on devra au moins abri- | ter les cuves par une cloison mobile ou fixe, afin de , leur éviter les refroidissements subits; car il est très | LR {| difficile de remettre en train une fermentation qui a | RU été dérangée par le froid.

El LA V. — Opérations préliminaires.

HE | ñ QE Lavage.

| Lil Les pommes de terre se lavent soil dans un baquet Lun ou une auge, au moyen d'un balai usé et un peu dur, Ni lorsqu'on opère sur de petites quantités de pommes de pl terre, soit au moyen d'un laveur mécanique sem- 4 blable à celui employé dans les féculeries, lorsque la 11 If fabrication à laquelle on se livre a une certaine éten- | ! AR due. On doit veiller à séparer les pommes de terre des { ll pierres auxquelles elles sont quelquefois mélangées, | | et qui peuvent par leur dureté détériorer les appareils {| F } qui servent à préparer la pulpe.

NA Afin d'extraire d’une manière plus complète les pierres lors du lavage des pommes de terre, chose à laquelle ne satisfont pas les tambours-laveurs employés jusqu’à présent, même quand ces appareils sont

pourvus d’un chasse-pierre, et surtout lorsque les pommes de terre ont été récoltées en automne par un temps pluvieux et sur des terres fortes où les pierres sont abondantes, comme la plupart du temps sur les terres de l’Académie, on a donné à Hohenheim à la machine à laver la disposition suivante :

Fig. 6, pl. 2, section sur la longueur de la machine à laver.

Fig. 7, pl. 2, section transversale.

Le réservoir A,A qui est établi en planches épaisses, est partagé en quatre compartiments, par des cloisons a, a, a. La paroi longue postérieure de ce réservoir est de 20 centimètres environ plus élevée que celle antérieure. Dans les compartiments, les liteaux à, b porlent les cribles €, e qui se composent de tôles épaisses, percées de trous, courbées suivant un arc de cercle. Les bords des cribles qui reposent sur les liteaux b sont renforcés par une barre en fer et portent de chaque côté deux crochets pour pouvoir les enlever facilement. A raison de leur poids, ces cribles n’ont pas besoin d’un autre mode de fixation. Ainsi qu'il est facile de le voir dans les figures, ces cribles sont d’environ 15 centimêtres plus profonds que les cloisons & qui sont découpées suivant la forme concave de ces cribles.

Sur la longueur du réservoir règne un arbre en fer d qui repose en e sur un coussinet fixé sur la paroi antérieure de ce réservoir, tandis que son coussinet f est arrêté sur le tréteau en fonte g. Sur le prolongement de cet arbre sont enfilées une poulie motrice k et une poulie folle Af. A l’intérieur des trois premiers compartiments, cet arbre est armé dans chacun de ceux-ci de six bras ou ailes 2, 2 en bois avec moyeu en fonte 1!, i assujettis au moyen de vis de calage sur sa

longueur, de manière à former une hélice qui sert à transporter les tubercules d’un compartiment dans Pautre. Dans le dernier ou quatrième compartiment, arbre porte un disque 4 en fonte avec deux orifices, et derrière ceux-ci vers l’intérieur est placée une corbeiïlle Z en verges de fer ayant la forme d’une section de cône destinée à rejeter les pommes de terre au dehors.

Le réservoir est rempli d’eau presque jusqu'à la hauteur de l'arbre et qu'on maintient à cette hauteur par une alimentation convenable à mesure qu'il y a décharge de tubercules.

Les pommes de terre qu'il s’agit de laver sont jetées dans le compartiment voisin de la poulie motrice, et par la rotation de l’arbre et la conformation des ailes qui circulent à une distance de 4 à 5 centimètres de la surface concave des cribles, elles sont transportées peu à peu dans le compartiment suivant jusqu’à ce que, saisies par la corbeille de décharge, elles tombent sur la surface en lattis #+, où par le moyen d’un élévaleur ou par un autre moyen elles sont transportées au lieu de leur destination.

L’emploi des ailes ou agitateurs pour remplacer les tambours-laveurs ordinaires, opère un nettoyage plus complet parce que les tubercules sont bien mieux

frottés les uns sur les autres par les ailes que cela ne peut avoir lieu dans ces tambours, ce qui est cependant nécessaire pour détacher la lerre ou la glaise tenace qui y adhère avec force.

Les parois & qui s'élèvent en partie au-dessus de la surface des cribles, opèrent une séparation bien plus certaine des pierres qui peuvent se rencontrer, tandis que les pommes de terre plus légères sont transportées peu à peu d’un compartiment dans l’autre.

Le sable et la terre pénètrent à travers les trous de 12 à 15 millimètres de diamètre des cribles, et se déposent sur le fond des compartiments du réservoir ; quant aux pierres, elles restent sur les cribles, où on peut les enlever de temps à autre. Débarrassées du sable et de la terre, elles coulent sur la surface de ces cribles en fer, avec un bruit facile à reconnaitre. L’élimination complète du sable et des parties terreuses, s'oppose en effet au transport ultérieur des pierres d’un compartiment dans l’autre, et il n’y a que lorsque le transport des pommes de terre ne s'opère que d’une manière inégale que les pierres arrivent dans le second compartiment, mais on n’en trouve jamais dans le troisième.

M. Siemens a eu l’occasion d’observer à l’exposition des instruments et des machines de Breslau, une disposition plus régulière pour opérer ce transport des pommes de terre. Cette disposition lui a paru parfaitèment remplir le but, et pouvoir être appliquée à la machine à laver ci-dessus. Dans ce but, au lieu de donner six bras agitateurs à l’arbre du premier compartiment, on ne lui en a donné que trois et on a partagè ce compartiment par la moitié en deux parties par une cloison en bois ou en grosse tôle, mais de façon que cette cloison ne descende pas tout à fait jusque sur le crible. Si donc on amène des tubercules dans celte moitié du compartiment qui est dépourvue de bras, il n’y a de transportés dans le compartiment suivant que ceux qui, sous l’ouverture de la cloison, arrivent dans la partie de ce compartiment armée d’ailes ; or, ces tubercules ne peuvent toujours être qu'en petit nombre, puisque ce ne peut être que ceux qui s’échappent de la première partie du compartiment et qui se succèdent lorsque ceux qui se trouvent placés

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