‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 21 sur 59 · MAX · texte numérisé non relu

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devant l'ouverture inférieure sont saisis et déplacéss par les bras. Dans ce cas il est nécessaire de disposer: un volant double sur l'arbre afin de favoriser le départt des tubercules.

Comme dans ce modèle de laveuse on peut enlever’ les cribles sans déplacer l'arbre, le nettoyage du réservoir est très facile. L’enlèvement du crible dans le dernier compartiment n’est que rarement nécessaire, parce qu’il n’y à pas de grosses malpropretés qui s’y déposent.

Avec un semblable appareil de lavage à quatre compartiments de chacun 060 de longueur sur 1 mètre de largeur, on peut, suivant leur degré de malpropreté, purifier par heure de 10 à 15 quintaux métriques de pommes de terre, même quand elles seraient imprégnées de terre forte et de glaise.

Pour obtenir un produit plus considérable, il suffirait d'augmenter la longueur des compartiments.

Le caractère le plus nouveau de cet appareil de lavage consiste dans le partage du réservoir d’eau en plusieurs compartiments munis de fonds en forme de crible, et dans l’emploi de bras agitateurs, au lieu des cribles ou des tambours en lattis employës ordinairement. L'appareil est solide et simple, et peut être établi à un prix plus modéré que les tambours adoptés jusqu'à présent.

Dans la figure 7, pl. 3, nous avons représenté un laveur de pomme de terre beaucoup plus simple, surtout en usage dans les petites fabriques, il est à clairevoie et assez semblable aux laveurs de sucrerie, à l’'intérieur. se trouve une vis d’Archimède et le cylindre tourne dans un bac rempli d’eau. Les racines sont mises dans la trémie et tombent dans le cylindre, qui a un mouvement à double effet, c’est à dire qu’en tour-

nant dans un sens les racines se trouvent lavées, en tournant dans l’autre sens, le cylindre se vide. Divers procédés sont en usage pour la réduction de la pomme de terre en pulpe ; dans l’un on opère sur la pomme de terre sans la faire cuire, dans les autres on lui fait subir la cuisson avant de la diviser. Pour opérer cette cuisson, on se sert d’un tonneau T (fig. 1, pl. 1) posé sur l’un de ses fonds; ce tonneau doit être fait en bois très sec: du bois qui aurait longtemps séjourné dans l’eau ou qui aurait déjà servi à la confection de futailles d’une plus grande capacité serait très convenable; dans tous les cas, ce tonneau doit être cerclé en fer assez fort. Une ouverture ménagée au fond supérieur O sert à l'introduction des pommes de terre : on la ferme au moyen d’un couverele emboîtant exactement, mais simplement posé. Une ouverture P, munie d’une porte dont on voit le détail fig. 2, sert à retirer les pommes de terre lorsqu'elles sont cuites. Cette porte P (fig. 2, pl. 1) est maintenue par le bas dans un crampon #2 fixé dans le bois du tonneau; un tourniquet {, également fixé au tonneau, vient maintenir la porte par le haut. A l'opposé de la porte P (fig. 1, pl. 1) se trouve une petite ouverture donnant passage au tuyau de vapeur V qui communique avec le générateur placé en G : un robinet R permet de lâcher ou de retenir la vapeur à volonté. Le fond du tonneau est percé de six à huit petits trous de 2 cent. de diamètre qui permettent l’écoulement de l’eau provenant de la condensation de la vapeur. Le tuyau V entre un peu dans le tonneau, il est lerminé par une pomme d’arrosoir percée de gros trous; il serait bon que cette pomme d’arrosoir fût tournée en bas pour empécher lintroduction des ordures. Les trous sont percés non seulement au bout de la pomme, mais sur tout le pourtour,

afin de livrer un passage plus facile à la vapeur. Le tuyau d'arrivée de la vapeur doit avoir un diamètre assez large pour qu’elle ne soit pas gênée dans son passage, et le générateur doit être assez grand pour fournir amplement la vapeur nécessaire. La cuisson des pommes de terre doit être rapide, résultat que l’on ne peut obtenir si la chaudière, la grille et’ le tuyau d'arrivée de la vapeur n’offrent pas des dimensions suffisantes. Toujours plus la cuisson sera prompte, toujours plus les pommes de terre seront farineuses et faciles à travailler. Si le tuyau de conduite de vapeur était très long, ce qu’il faut éviter autant que possible, il faudrait l’envelopper de linges ou de cordes de paille pour éviter la déperdition de vapeur; la même précaution peut être prise à l'égard du tonneau. Les parties qui avoisinent l'entrée de la vapeur et la partie supérieure du tonneau sont les premières cuites ; le voisinage de la porte P est toujours le point où l’action de la vapeur se fait sentir le plus tard, c'est donc vers ce point que l'attention devra se porter pour reconnaître le moment où la cuisson sera terminée, On ménage à cet eflet un petit trou dans la porte P, et en y introduisant une baguette, on sent si les pommes de terre offrent de la résistance ou si elles se laissent facilement traverser, ce qui indique qu’elles sont arrivées à point. Au reste, un peu avant le moment où le tonneau sera cuit, on voit sortir la vapeur avec sifflement par les trous inférieurs, Un peu d'habitude aura bientôt appris à reconnaitre le moment précis de la parfaite cuisson.

Dès que la cuisson sera arrivée à son terme, il faut se hàâter de modérer la vapeur qu'on ne laisse plus arriver qu’en un petit filet: on procède alors le plus promptement possible à la réduction des pommes de

terre en pulpe. Cette opération doit être conduite avec rapidité; car si on les laisse refroidir, elle devient bientôt très difficile par suite de létat gluant que prend la fécule. La division devient alors très imparfaite, et outre un travail pénible, on n’obtient que des résultats incomplets. La réduction en pulpe doit être conduite de manière à ne pas beaucoup dépasser une demi-heure ; on remarque déjà après ce temps que les dernières portions sont beaucoup plus difficiles à travailler que les premiéres.

Les appareils employés pour diviser la pomme de terre sont encore pour la plupart très imparfaits, et cependant de la perfection de cette opération dépend en grande partie le rendement. Les deux appareils les plus employés sont le moulin à pommes de terre et un appareil formé d’un cylindre percé de trous comme l'appareil à faire le vermicelle.

Le moulin à pommes de terre se compose de deux cylindres en bois, en pierre, ou mieux en fonte, montés sur un châssis en bois B (fig. 3, pl. 1), lequel est entouré de planches sur trois côtés et en dessous, de manière à former une boite pour recevoir les pommes de terre écrasées, que l’on enlève à la pelle par le quatrième côté ouvert. Une trémie T > surmonte les deux cylindres et s’ajuste aussi exactement que possible contre ces cylindres, sans toutefois les toucher ; pour éviter les frottements, il serait bon que les bords inférieurs de la trémie fussent garnis d’une bande de fer contournée de manière à s’appliquer le long et autour des cylindres ; de cette manière, on éviterait l'effet du gonflement du bois qui occasionne ces frottements. Chaque cylindre est muni d'une manivelle M ; l’une à droite, l’autre à gauche. Dans quelques-uns de ces appareils, on rend les cylindres solidaires au moyen

d’un engrenage ; cette disposition n'offre d'avantages que lorsqu'un seul homme fait tourner l’un des cylindres. On ne doit pas donner plus de 15 à 25 centim. de diamètre et 40 à 45 sentim. de longueur à ces cylindres ; de plus grandes dimensions rendraient le travail pénible, surtout si l’on augmentait le diämètre. Deux hommes font tourner les cylindres pendant qu’un troisième fait tomber les pommes de terre dans la trémie ; l’appareil doit pour cela être placé au-dessous de la porte du tonneau à cuire. Si les pommes de terre sont très farineuses, elles passent sans difficulté eutre les cylindres ; mais lorsqu'elles sont grasses, ou lorsqu'on les a laissées refroidir, il faut les presser légèrement avec un pilon en bois, arrondi à sa base et assez gros pour ne pas être pris entre les cylindres, ce qui pourrait occasionner quelque rupture. J'ai dit que cette opération devait être conduite avec célérité : à mesure que la caisse qui se trouve au-dessous des cylindres se remplit, un quatrième ouvrier, qui doit être le plus intelligent, la vide à la pelle dans un petit cuvier de 1 hectol. et demi environ ou deux hectol., placé près du moulin ; ce petit cuvier doit être peu élevé de bord et allongé pour faciliter le travail. Lorsqu'on y a porté environ un demi-hectolitre de pommes de terre écrasées, on s’assure de la température de la masse, qui doit être de 60 à 70 C. ; si la température était plus élevée, ce qui arrive presque toujours, on ajouterait un peu d’eau froide que l’on brasserait pour rendre la tempé- 'ature uniforme dans toute la masse. Aussitôt qu’on est arrivé au point convenable, on jette de l'orge germée réduite en farine fine dans le cuvier et l’on brasse fortement; l'orge germée doit se jeter doucement et se répandre sur loute la masse, afin d'agir sur toutes les parties. On continue à brasser jusqu'à ce

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que le tout ait pris un aspect demi-fluide et une saveur sucrée. On se sert, pour le brassage, d’un râble en fer (fig. 4), semblable à celui des brasseurs. Aussitôt que la masse a pris l'aspect demi-liquide, on renverse le petit cuvier dans un autre plus grand placé à côté et destiné à contenir la totalité de la macération ; un cinquième ouvrier continue à brasser dans le grand cuvier. On recommence alors dans le petit cuvier sur une nouvelle portion. Cette opération du brassage, dans le petit cuvier, est la plus importante de toutes, et l’on doit y apporter toute son attention et ses soins. Les points principaux à observer sont une température convenable et un mélange parfait, Au-dessus de 70e, on risquerait de détruire le principe actif de l’orge. I1 vaut mieux opérer à une température trop basse qu’à une température trop élevée ; néanmoins, si la température élait trop au-dessous de 60° la réaction serait trop lente, où même n’aurait pas lieu du tout. Il serait trop long de prendre chaque fois la température avec un thermomètre ; l'habitude aura bientôt appris à juger, sans cet instrument, du point convenable. Il est cependant bon de le consulter de temps à autre. Quant au brassage, il ne doit pas se borner simplement à un mélange exact des matières, il doit de plus opérer une trituration indispensable à la bonne réussite de lopération. Lorsque toutes les pommes de terre sont réunies dans le grand cuvier et parfaitement triturées, on y ajoute environ leur volume d’eau à 50 ou 60%; et après avoir encore brassé un instant, on laisse reposer le mélange une heure ou deux pour que la réaction s’achève. On emploie ordinairement 4 kilog. d'orge germée par quintal de pommes de terre; cette orge doit être un peu plus germée que celle employée par les brasseurs.

Lorsqu'on opère sur de petites quantités, deux hommes peuvent suffire ; un pour moudre et un pour macérer. Il faut alors réduire les dimensions des cylindres du moulin. Des cylindres de 30 centim. de longueur peuvent être manœuvrés par un homme.

Il arrive assez ordinairement que l’on opère foute la macération dans un seul cuvier, c’ést une faule : la trituration est beaucoup moins parfaite et plus pénible ; une grande partie des grumeaux de pommes de terre échappe à l’action du râble, surtout vers la fin de l’opération, au moment où la masse sur laquelle on agit est le plus considérable.

L’appareil de broyage que j'ai décrit est le plus généralement employé, quoiqu'il soit loin d’être le plus parfait. Son usage devient très pénible chaque fois que les pommes de terre ne sont pas très farineuses, ou qu’on les a laissées refroidir ou cuire trop longtemps : il se forme alors un empois qui reste adhérent aux cylindres, etempêche de nouvelles quantités de pommes de terre d’engrener ; ce n’est qu’au moyen d’une pression continuelle dans la trémie que l’on parvient à les faire passer entre les cylindres. Pour remédier à ces inconvénients, on a imaginé d’autres appareils. T’un d’eux se compose d’un vaste cylindre en cuivre posé horizontalement, dans lequel on fait cuire les pommes de terre : ce cylindre est traversé par un axe en fer muni de bras; lorsque les pommes de terre sont cuites, on met cet axe en mouvement au moyen d'un manège, et les bras qui y sont fixés broient les pommes de terre toutes à la fois ; la macération peut aussi se faire dans le cylindre à la suite du broyage, lorsque la pulpe écrasée est assez refroidie. Cet appareil est assez cher, et exige une force énorme pour fonctionner; sous ces deux rapports il convient peu à une exploitation agri-

cole, où la distillerie n’est qu’un accessoire, On concoit que le broyage se faisant instantanément etsans laisser refroidir, il en résulte de grands avantages; mais d’un autre côté, les pommes de terre qui, par une cause ou par une autre, se trouvent être plus dures que les autres, échappent à l’action du pétrin ; beaucoup de grumeaux sont dans le même cas, principalement dans les années où la pomine de terre est de mauvaise qualité, le travail de cet appareil devient alors défectueux. Malgré ces quelques défauts, lemploi en est ayantageux dans les grandes fabriques où il est maintenant presque généralement adopté.

Dans les petites exploitations on emploie aussi l’appareil suivant, qui donne des résultats très satisfaisants. Un cylindre G y (fig. 5, pl. 1) en tôle très forte, de 1 centim. d'épaisseur, ou en fonte, garni d’un fond mobile posé sur le rebord intérieur placé au bas, est percé de trous cylindriques de 8 à 10 millim. de diamètre, tant à son pourtour que sur son fond ; ce cylindre traverse un banc B, formé d’un fort madrier de 10 à 12 centim. d'épaisseur, il y est fixé par son rebord supérieur ; un piston P entre dans le cylindre et se meut par une tige T z, portant à sa partie supérieure un tourillon qui glisse dans l’œil allongé d’un levier L, long de 3 mètres. Au moyen de cette disposition, la pression a toujours lieu verticalement, Une trémie Tr surmonte le cylindre et porte à la partie supérieure une barre de fer B «, percée en son milieu d’un œil dans lequel passe la tige T 4, et qui lui sert ainsi de guide. Les pommes de terre versées dans la trémie roulent dans le cylindre, et le mouvement du piston les force à passer en pulpe fine par les trous dont il est percé ; elles tombent dans une caisse C, établie sous le banc, où on les prend pour les porter à la cuve

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de macération, comme nous l’avons dit pour le moulin. Il faut avoir soin de donner au banc assez de lonyueur pour qu'il ne sé renverse pas lorsqu'on agit sur le levier, ou bien il faut le fixer solidement au sol. Deux hommes peuvent manœuvyrer avec cet appareil : un pour faire tomber les pommes de terre dans la trémie, l’autre pour manœuvrer le levier.

On se sert aussi très avantageusement dans les petites exploitations d’un broyeur, construit par M. Deroy fils ainé, et représenté fig. 8, pl. 3. L'opération du broyage se fait en versant simplement les racines dans la trémie circulaire supérieure, la vis sans fin les saisissant et les pressant contre le fond perforé, elles sortent en pulpe.

On a aussi employé un autre mode de réduction en pulpe au moyen duquel on arrive à une division beaucoup plus parfaite que par un autre procédé ; je veux parler du ràpage qui s'opère sur les pommes de terre avant la cuisson ; le râpage s'exécute au moyen d’une râpe cylindrique semblable à celle qui sert dans les féculeries. La pulpe obtenue est traitée par l’eau bouillante, où même par la vapeur que l’on fait arriver dans la masse jusqu’à ce que la fécule soit réduite en empois ; on laisse refroidir cet empois jusque vers 70, et on y ajoute l’orge germée que l’on y mêle exactement au moyen d’un vigoureux brassage. On doit toujours avoir soin de jeter l'orge par poignées que l’on répand sur toute la surface de la cuve à macération pour obtenir un mélange plus exact. Ge procédé est le moins répandu ; c’est celui qui donne la division la. plus exacte, mais il exige l'emploi d’une force assez consi- ‘érable ; une râpe à bras de la force de deux hommes ne peut guère donner plus de 20 à 25 quintaux de pulpe dans une journée ; de plus, cet appareil exige de fré-

quentes réparations. Son usage est encore lrop peu répandu pour qu'on puisse en apprécier les avantages ou les désavantages.

Appareil à peler les pommes de terre écrasées.

Les pommes de terre écrasées entre des cylindres donnent une pâte et un moût qui, indépendamment des enveloppes ou pelures des tubercules, renferme toujours des morceaux qui ont échappé au broyage, et assez souvent on y remarque des pâtons ou masses, parce que les pommes de terre étaient déjà froides lorsqu'elles ont èté écrasées. Ces pâtons, ainsi sous-

traits à l’action de l’orge germée, ne se saccharifient pas et par conséquent ne donnent pas d’alcool et un rendement rémunérateur. Ils augmentent avec les peaux ou enveloppes de pommes de terre, non seulement sans utilité, la masse qu’on traite, mais ils favorisent en outre le passage du moût à un état acide très défavorable.

Pour mieux écraser les matières de maltage et pour en éliminer les peaux, M. Siemens avait, il y a déjà une trentaine d'années, proposé un appareil qui, sous le nom de cuve à peler (pellkufe), est encore actuellement en usage dans quelques distilleries.

Get appareil se composait d’un vase plat en bois à fond de tôle percé de trous ; au milieu de ce vase était planté un arbre vertical avec lequel était combiné un cylindre conique qui, lorsque l'arbre était en mouvement, circulait sur la surface d’un crible de fond et dans son mouvement frottait énergiquement et avec rapidité les matières qui avaient été introduites dans le vase et en séparait les peaux qui restaient sur le crible,

Cet appareil simple avait le défaut qu'il fallait nécessairement interrompre fréquemment le frottement cribleur pour enlever les peaux qui s’accumulaient ; puis, lorsqu'on traitait de grandes masses, qu’on perdait beaucoup de temps, et que ces masses se, refroidissaient, d’ailleurs, au point de compromettre la saccharification. Ge défaut, M. Siemens l’a fait disparaitre en grande partie dans la distillerie de l'Académie par la disposition qu'on va décrire, et qui, dès lors, devient applicable aux exploitations les plus importantes.

La modification la plus importante qui ait été apportée à l’ancien appareil, consiste à faire le crible non pas horizontal, mais en forme de trémie, et par con-

a 1 ni A :

séquent concave ou creux au milieu, et à déposer les | matières non pas directement dans la cuve, mais dans

un récipient qui tourne avec l’arbre et amène par un tuyau en avant du cylindre (actuellèément il y en a | deux) ces matières sur le crible de fond. Les peaux ou | pelures qui ne sont pas broyées par le cylindre et | quelques débris de pommes de terre malades qui se | trouvent dans la masse et ne se prêtent pas à son action, sont par un ramasseur en acier placé à la partie postérieure du cylindre poussés au milieu ou dans le point le plus profond du crible où au moyen d’un pas de vis calé sur l’arbre, elles sont évacuées dans un manchon de manière que le travail est continu.

La figure 8, pl. 2, représente cet appareil en coupe.

al, a, «3, af, est la cuve au bas de laquelle est établi le crible de fond b, b. Cette cuve en recouvre une seconde ct, c?, c3, c, destinée à recevoir les matières qu’on peut en extraire par le tuyau de décharge 4. Au ir milieu de cette seconde cuve est un manchon e dans lequel débouche un bout de tube f attaché sur le fond

du crible, et par lequel s’échappent les peaux, mais non pas les matières utiles qui ont traversé le crible.

L'arbre vertical g, qui met en mouvement les deux cylindres coniques A!, A?, tourne dans le bout du tube f et le manchon e, et dans cette portion de sa longueur, il est pourvu d’un pas de vis À qui charrie et entraine les résidus. Dans le bas, cet arbre circule au milieu d'un étrier k, et dans le haut, il est maintenu dans une boîte Z qui fait partie de la traverse m#. Deux roues coniques n! et »?, servent à lui transmettre le mouvement emprunté à un arbre o, qu’on fait tourner mécaniquement ou qu’on manœuvre à la main au moyen de la manivelle p.

La trèmie de distribution g, g des matières est en tôle et établie sur les bras 7, r?, calés sur l’arbre de manière à tourner avec celui-ci. L'introduction des matières se fait soit au moyen d’une pompe, soit au moyen d’une cuve placée à une plus grande élévation et a lieu par le tuyau s. De la trémie de distribution g, ces matières sont amenées par les tuyaux f! et À sur le crible de fond des cylindres A! et A*, cylindres qui sont en bois et tournent sur les axes uw! el «?, Ceux-ci étant combinés par les bras 7 et l’étrier &!, &? avec Varbre g, tournent en conséquence avec lui.

C’est aussi avec les bras ! et r? que sont assemblés les deux ramasseurs en acier rt et w°, fig. 9, pl. 2, au moyen desquels les matières qui n’ont pas passé à travers le crible sont chassées vers le milieu de celuici et les ramasseurs ; les bras, dans ce point, sont courbés ou arrondis, ainsi qu’on le voit dans la fig. 9, pl. 2.

M. Siemens recommande cetie disposition à toutes les distilleries qui opèrent l’écrasage des pommes de terre à l’aide de cylindres, surtout dans les localités où

les circonstances locales obligent à n’introduire dans la cuve à fermentation que des matières utiles. Elle rendra également des services dans les grandes distilleries, où l’on fait usage, pour la distillation, d’appareils continus, et où il est indispensable d’avoir un moût toujours aussi égal et homogène qu'il est possible.

Dans les très petites exploitations, où l’on n’opère que sur un ou deux hectolitres au plus à la fois, on se passe de tous ces appareils; la pomme de terre s'écrase au moyen d’un pilon en bois dans la cuve même où doit se faire la macération : on ajoute l’orge germée lorsque la réduction en pulpe est terminée et que la masse est assez refroidie pour ne plus altérer le principe actif de l’orge; mais ce procédé devient impraticable dès qu'on opère sur de plus fortes quantités. Dans ces petites exploitations, on n’a pas de générateur pour produire de la vapeur, et toutes les opérations de distillation se font à feu nu, ce qui nuit beaucoup à la qualité des produits. Pour cuire les pommes de terre, on emploie un petit tonneau dont l’un des fonds est percé de trous ; on place ce tonneau sur la chaudière à la place du chapiteau que l’on a eu soin d'enlever. Le fond du tonneau percé de trous est celui que l’on pose sur la chaudière. On met en ébullition l’eau que l’on a eu soin de verser dans cette chaudière et lorsque les pommes de terre sont cuites on enlève le petit tonneau que l’on vide dans le cuveau à macération. Si le tonneau est trop lourd pour être ainsi enlevé, on le vide par une porte.

On pourrait à peu de frais obtenir dans ces petits appareils les avantages que donne un générateur à vapeur, en y adaptant un double-fond F (fig. 6, pl 1), dans lequel on mettrait de l’eau: un tuyau T, muni

d’un robinet R’, conduiraït la vapeur produite dans le double-fond au tonneau de pomme de terre. La chaudiére C se trouverait aussi soustraite à l’action directe du feu, qui n’agirait plus sur elle que par l’intermédiaire de l’eau contenue dans le double-fond. Par cette disposition on obtiendrait une marche beaucoup plus régulière de l'appareil et des produits beaucoup plus purs.

Malgré le désavantage de ces petits appareils sur les grands, comme moyen de fabrication, il est probable que non seulement ils se maintiendront, mais encore qu'ils se répandront à cause de l’avantage qu'ils offrent au petit cultivateur de pouvoir nourrir ses bestiaux l'hiver à peu de frais, en lui procurant du travail pour une saison qui, sans cela, serait tout à fait perdue. C’est en grande partie à ses distilleries que VlAllemagne doit de pouvoir livrer de la viande grasse à meilleur marché que nous. Là, chaque ferme a sa chaudière, fait de l’eau-de-vie et nourrit des bestiaux avec les résidus de la distillation.

La fig. 3, pl. 3, représente un appareil pour cuire à la vapeur, récemment inventé par M. Deroy fils aîné, il est formé d’un générateur de vapeur muni de tous ses accessoires, chauffant une ou plusieurs marmites etse vidant par basculement.

On peut, comme l'indique la gravure, employer le générateur pour chauffer en même temps un alambic dont la chaudière servirait à l’occasion à la cuisson. Cet appareil convient très bien aux petites distilleries et aux fermes,

Appareil de broyage pour les grandes distilleries.

Les tentatives qui ont été faites de tous côtés pour amener dans un état complet d'atténuation les matières

utiles contenues dans les pommes de terre, témoignent, sans nul doute, de l'importance qu’on attache à la s0lution de ce problème.

La première condition qu'il s'agit de remplir pour dissoudre la fécule, est certainement d'obtenir une atténuation ou division aussi complète qu’il est possible des pommes de terre. Le mode d’écrasage ou de broyage le plus usité jusqu’à présent des pommes de terre préalablement cuites à feu nu ou à la vapeur, au moyen de cylindres, ne satisfait pas aux conditions du problème, parce que la pomme de terre qui est ainsi refroidie, malgré qu'elle soit broyée, parait alors se soustraire à l’action dissolvante du malt ou orge germée qu’on y ajoute, et qu'une fois refroidie, il n’est pas possible de la mettre en contact intime avec le malt.

Les essais qui ont été faits pour broyer les pommes de terre brutes avec la râpe, ainsi que cela se pratique dans les sucreries pour extraire le jus des betteraves, n’ont pas jusqu’à présent donné de résultats satisfaisan{s, parce que le mélange de l’orge germée avec la bouillie qu’on obtient ainsi, exige une plus forte addition d’eau pour atteindre la température uniforme nécessaire à la saccharification, même quand on a recours à un chauffage dispendieux avec des vapeurs confinées. Une application directe de la vapeur s’est montrée impraticable, attendu qu’un excès de température dans quelques points et qu’il n’est pas possible d'éviter, détermine la formation d’un empois et la destruction de l'énergie saccharifiante du malt.

Il y a déjà plus de 50 ans que M. Franz Siemens, pére de l’auteur, alors à Pyrmont, a obtenu un écrasage parfail des pommes de terre cuites à la vapeur, en divisant ces tubercules vaporisés dans la cuve ou

appareil de cuisson lui-même, sous une plus haute pression ou plutôt avec une vapeur d’une température plus élevée. Pour cela, il s’est servi d’un arbre fileté planté verticalement au milieu de l'appareil, et dans le bas duquel était établi un croisillon composé de deux lames d’acier dont la longueur était égale à celle du diamètre uniforme de la cuve. Un mouvement alternatif d’élévation et d’abaissement de ce croisillon, déterminé par la rotation de l’arbre fileté, suffisait avec la température élevée pour diviser si complétement les pommes de terre, qu’il devenait possible, après avoir pompé de Veau chaude, de faire passer la masse ainsi divi à travers un fond de tamis dans lappareil, tamis sur lequel restaient les débris et les peaux des pommes de terre.

La masse ou purée, ainsi obtenue, se mélange aisément et bien uniformément avec l’orge germée aux diverses-températures. Mais la difficulté pour diviser de grandes masses par ce moyen dans l'appareil à vapeur lui-même, et l'inconvénient d’être dans la nécessité d'ajouter une plus grande quanlité d’eau, ont rendu ce procédé inapplicable dans les grandes exploitations.

M. Siemens a cherché plus tard à faire disparaitre les inconvénients de ce mode de broyage usuel en introduisant les tubercules vaporisès immédiatement de l’appareil de cuisson dans un appareil diviseur placé au-dessous (1), dans lequel on prévient le refroidissement, on atteint une division complète et même où la séparation des peaux est possible. Le mélange simultané d’une faible quantité d’une solulion d'orge germée, s'oppose à l’agglutination et au durcissement de la masse

(1) Description d'un nouvel appareil pour diviser et macérer les pommes de terre. Stuttgart, 1840.

atténuée, de manière à ce qu’elle devient, par une nouvelle addition de malt, susceptible de devenir bien fluide.

D'un côté, l'élimination possible des peaux, et de l'autre la solution des parties qui ne paraissaient pas de nature à se dissoudre, ainsi que cela arrive quand on traite des pommes de terre malades, permet d’obtenir avec cette disposition un produit plus pur. Cette disposition, au moyen de laquelle on peut diviser des masses quelconques, fournit, même avec des pommes de terre de qualité inférieure, ainsi qu'on a souvent à en travailler au printemps, un moût fin, bien homogène et d’un bon rendement. Elle rend l’opération la plus importante de la fabrication indépendante de la bonne volonté de l’opérateur. Enfin, la préparation d’un brassin aussi pur, procure des avantages nombreux dans l'installation de l'appareil distillatoire qui n’a plus besoin de tuyaux et de robinets d’un aussi grand diamètre, sans compter qu’elle rend l'emploi d’un appareil distillatoire à marche continue plus facile et commode qu'avec les appareils employés jusqu'à présent pour écraser les pommes de terre.

Puisque, malgré ces avantages incontestables, cet appareil n’a pas été généralement adopté, il faut qu'il ait présenté encore quelques défauts qui se sont opposés à son adoption. C'était, en effet, le cas, et l'expérience a même démontré que dans l'introduction des choses nouvelles on ne balance pas toujours d’une manière équitable les avantages avec les inconvénients, mais qu’un seul défaut fait souvent méconnaitre et négliger tous les avantages d'ailleurs acquis ; de même, d’un autre côté, il peut arriver qu'un inventeur trouve une chose nouvelle, mais que des défauts encore saillants le forcent à l’abandonner. Mais malgré les faiblesses

pardonnables qu’on a la plupart du temps pour les produits de son esprit, M. Siemens a cherché à perfectionner son appareil et à faire disparaitre les défauts qu'on lui reprochait.

IL a reconnu que cet appareil, dans l'exploitation d'une distillerie où l’on occupe souvent un ouvrier dans lequel on n’a pas une confiance absolue et qui ne se trouve pas placé sous un contrôle incessant, n’était pas d’une simplicité suffisante, et en particulier que, lorsqu'il y avait présence de pierres dans les pommes de terre, il pouvait en résulter des avaries graves ; et enfin que, dans tous les cas, il y avait des pertes de temps. D'ailleurs, un appareil d’un prix moins élevé lui a semblé une chose désirable, même quand on devrait le dépouiller de quelques-uns de ses avantages plus ou moins importants. Dans tous les cas, il fallait lui conserver cette division complète des tubercules à une température élevée qui avait si bien réussi, ainsi que le mélange avec une petite proportion d'extrait de malt.

Il croit, par la disposition qu'on va décrire, s'être approché davantage du but qu’il a voulu atteindre.

Considérée sous un point de vue général, la disposition nouvelle consiste à établir immédiatement audessous de l’appareil de cuisson un cône ou un crible en forme d’entonnoir en fonte ou en tôle forte, dans lequel le broyage et la division des pommes de terre cuites à la vapeur s'opère au moyen d’une hélice, ainsi que cela a lieu dans la machine à broyer l'argile de M. Schlick, et qui les fait passer à travers les trous dont l’entonnoir est percé.

La figure 10, pl. 2, représente cette nouvelle disposilion suivant une section verticale prise sur la longueur ; figure 11, pl. 2, en est une autre section verticale, prise transversalement.

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