‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 40 sur 59 · IX. Extraction de l'alcool d'asphodèles · texte numérisé non relu

IX. Extraction de l'alcool d'asphodèles

On découpe les tubercules en cossetles au moyen d'un coupe-racines semblable à ceux qui servent pour découper les betteraves, puis on fait la macération avec deux fois leur poids d’eau préalablement aiguisée d'acide sulfurique. Celui-ci est mis dans la proportion de 2 pour 100 d’asphodèles, proportion qui ne doit pas être dépassée.

L’eau dont on se sert pour la macération doit êlre versée bouillante, et on maintient la température à 100 degrés pendant une heure et demie ou deux heures, au moyen d'un jet de vapeur, arrivant en proportion convenable.

Le liquide étant soutiré après ce temps, on épuise ensuite le résidu par une nouvelle quantité d’eau bouillante : après deux ou trois heures de macération, on soutire de nouveau le liquide, qu'on ajoute au précédent.

Après refroidissement des liquides réunis, on neutralise en partie l’acide sulfurique ajouté, par une addition de craie (formation de sulfate de chaux insoluble). Cela fait, on procède à la fermentation ; celle-ci se fait par coupage de cuves, de la même manière que pour la fermentation des jus de betteraves, dont il a été longuement question dans le premier chapitre de cet ouvrage. Ajoutons seulement qu’on emploie 200 grammes de levure sèche par 100 kilogrammes de raeines d’asphodèle.

La fermentation étant terminée, le vin est envoyé à la colonne distillatoire.

ALCOOLISATION DU TOPINAMBOUR 213

Les flegmes obtenus étant très impurs et souillés d’une foule de produits étrangers à l’alcool éthylique, il faut les rectifier et les purifier avec soin.

‘Il est à remarquer que les pulpes obtenues dans l’alcoolisation de l’asphodèle, sont trop acides pour pouvoir être employées à l'alimentation des bestiaux, néanmoins, elles n’en sont pas perdues pour cela, et constituent même un excellent engrais.

Pour se prononcer sur l’asphodèle, il faudrait l'avoir cultivée avec les mêmes soins que l’on cultive la pomme de terre ou le topinambour, calculer le rendement en poids chaque deux ans, établir la bälance entre les dépenses de culture, de distillation, et le prix de vente de l'alcool. C’est ce qui n’a jamais été fait. Et pourtant il est bien probable que cette plante, avec quelques soins de culture, produirait trois ou quatre fois plus qu’elle ne fait, même dans les terres en friches de l'Hérault et de la Provence où on la trouve le plus communément.

La culture et lalcoolisation de l’asphodèle seraient une ressource précieuse pour notre colonie algérienne ; mais ici le problème, nous ne saurions trop le répéter, relève plutôt de l’agriculture que de la technologie , la transformation des tubercules en alcool ne présentant, comme nous l’avons vu, aucune difficulté.

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