II. — Appareil Derosne
L'appareil de Cellier-Blumenthal, tel qu’il a été perfeclionné par Derosne et qu'on l’a représenté dans la figure 20, pl. 1, se compose d’une chaudière dont le fond ‘est bombé et qui est placé sur le foyer d’un fourneau en maçonnerie. Gette chaudière L est pourvue d’un trou d'homme, c’est-à-dire d’une ouverture 2, de 25 à 80 centimètres de diamètre, qui sert à la nettoyer ut qu'on bouche au moyen d'un obturateur qu'on fixe à l’aide de pinces ou de boulons. Au centre de cet obturaleur est disposée une pelite soupape 3. qui sert à la rentrée de l’air et empêche, quand il se fait un vide dans la chaudière, que la pression atmosphérique ne déforme celle-ci. En avant de cet obturateur est placé un petit robinet 4, qui sert à essayer la richesse alcoolique des vapeurs qui se dègagent et à s'assurer que la vinasse est entièrement épuisée d'alcool. Près du fond de la chaudière est soudé un tuyau 5, 6, qui est armé d’un robinet et qui sert à vider la chaudière quand on le juge à propos. Sur ce tuyau est implantée une monture en cuivre 6, 7, dans laquelle est mastiqué un tube vertical qui communique aussi par le haut avec la partie supérieure de la chaudière au moyen d'un tube horizontal en cuivre qui vient aussi s’assembler dans la monture en 7. Le tube vertical ou indica-
teur sert en effet à indiquer le niveau du liquide contenu dans la chaudière.
Les produits brûlants de la combustion et la flamme qui s'échappe du foyer placé sous la chaudière 1 passent sous la seconde chaudière 8 dont ils servent à élever la température, puis sous le réservoir qui contient la vinasse,avant de s'échapper par le conduit de la cheminée. Cette seconde chaudière a deux voies de communication avec la première, d'abord à l’aide d’un tube coudé 9, 10, 12, qui part du fond de cette seconde chaudière et vient déboucher en 12, près du fond de la première, après avoir fait un coude à angle droit; ce tube recoit en outre en 10 un robinet qui sert à établir à volonté celte communication entre les deux chaudières, et de plus il porte en 11 une monture 11, 13, semblable à celle 6, 7, qui sert à maintenir un autre indicateur vertical de niveau en verre qui communique aussi avec l'intérieur de la chaudière par un tube horizontal en cuivre. En second lieu, les deux chaudières sont aussi en communication entre elles par un second tube 14, 15, 16, de forme cintrée, qui part en 14 du dôme de la chaudière 1, traverse celui de la chaudière 8, et vient déboucher en 16 près de son fond par une pomme d’arrosoir. On voit ainsi que les vapeurs qui s'élèvent de la premiére chaudière, franchissant ce tube, viennent barboter dans le liquide de la seconde, où elles sont distribuées par la pomme d’arrosoir et condensées.
La troisième pièce importante de l’appareil est une colonne creuse 17,18, 19, 20, faisant corps avec la chaudière 8 qu’elle surmonte au centre et qui se compose de deux parties 17, 18, et 19, 20, assemblées l’une sur l’autre à l'aide de collets et de boulons ou de pinces. La première partie 17, 18 de cette colonne, dite colonne
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de distillation, renferme dix-neuf capsules 21, 22, les unes dans une position naturelle, les autres renversées au-dessus des premières. Ces capsules sont montées par couple, et à chaque capsule droite succède audessus une capsule renversée qui est d’un diamètre plus petit. Cette série de capsules grandes et petites est maintenue en place et en position horizontale au moyen de trois tubes disposés à une distance de 120° entre eux, et qui traversent les bords des capsules. Les grandes capsules atteignent presque à leur circonférence la paroï interne de la colonne creuse, et elles sont toutes percées au centre d’un trou par lequel la liqueur qui s’y concentre ou qui vient du haut s'écoule sur le fond de la capsule renversée placée au-dessous, qui se distribue ai également par toute sa périphérie sur les bords en saillie de la capsule droite placée immédiatement au-dessous d’elle, Afin de faciliter cet écoulement et d'obtenir une distribution régulière, la surface convexe de ces petites capsules
porte de petites nervures partant du centre et se rendant à la circonférence qu’elles dépassent et qui con-
s sur cette surface convexe par de la soudure. Voici quel est le jeu de cette disposition :
Le liquide qui entre par la partie supérieure de cette partie de la colonne, tombe d'abord sur une capsule
sistent en des fils de cuivre fi
renversée, de là, il est distribué en divergeant à la circonférence d’une capsule concave, où il se réunit en convergeant au centre pour s'écouler par le trou percé à ce centre en divergeant sur une capsule convexe, et ainsi de suile en cascade ou en zigzag, allant alternativement du centre à la circonférence et de la circonférence au centre. D'un autre côté, les vapeurs qui s'élèvent de la chaudièr: 8 pénètrent, du moins en
grande partie, dans la colonne par l'ouverture au centre d’une capsule convexe: de là elles s'épanouissent sur le fond d’une capsule renversée, dont elles franchissent les bords pour se réunir de nouveau au centre d’une capsule concave et ainsi de suite dans toute la hauteur de la colonne.
Les vapeurs suivent donc une marche ascendante, et le liquide une marche descendante, et, pendant cette marche en sens inverse, ces vapeurs, en barbotant dans ce liquide, non seulement en élévent la température, mais se dépouillent à chaque passage de la portion la plus condensable qui les constitue, en permettant à celle plus volalile de continuer sa marche ascendante jusqu'au sommet de la première portion de la colonne, Un pelit lonnelet 3 reçoit le vin du chauffe-vin en quantité délerminée et le déverse par le trop-plein sur la surface convexe de la premiére capsule renversée avec laquelle 11 fait corps, et, afin de saze de ce Lonnelel el son dé versement, il exisle un indicateur en verre 24
24 qui serl à faire connaitre à chaque instant le niveau du liquide qu’il renferme.
pouvoir régler le rempli
Dans cet état de choses, les vapeurs qui ont échappé aux condensalions successives dans la première portion 17, 18 de la colonne creuse, s'élèvent dans la seconde 19, 20, qui est assemblée sur la première, et qui porte le nom de rectificaleur ou colonne de rectification. Celte colonne se compose à l’intérieur de six plateaux 25, soudés sur les parois mêmes de la colonne. Ces plateaux sont percés au centre d’un trou d’un grand diamètre, sur le bord duquel est soudé un manchon 26 dont la hauteur règle le niveau du liquide entre lui et la surface intérieure de la colonne. Au-
dessus de chaque manchon est disposée une capsule
renversée qui descend jusqu’à une distance de 2 centimètres au-dessous du niveau du bord supérieur du manchon. Cette capsule est maintenue dans cette position, suspendue au moyen de brides soudées sur le plateau, et il est facile de voir que, quand l'intervalle entre les manchons et les paroïs de la colonne est rempli de liquide, ces capsules constituent en quelque facon une suite de bondes hydrauliques où les vapeurs ont à surmonter une certaine pression et une condensation dans le liquide avant de pouvoir s’élever jusque dans le haut de la colonne. Ce barbotage et cette pression favorisent la séparation de l’eau et de l’alcool, et le liquide qui se condense ainsi et qui finit par déborder au-dessus des bords du manchon tombe sur la surface convexe de la capsule suivante et se distribue dans le réservoir de la bonde inférieure sur le plateau au-dessous, en tombant ainsi en cascade jusque sur le plateau inférieur, et enfin en débordant sur celui-ci dans la colonne à distillation 17, 18, qui le reprend pour lui faire subir le travail qui s’opère dans cette portion de la colonne.
Un indicateur en verre sert à faire connaître le niveau de liquide sur le premier plateau.
La quatrième pièce de l'appareil est le chauffe-vin 27, 28, qui est en communication avec le rectificateur 19, 20, au moyen du tube 29 assemblé à collet sur une douille au sommet de ce rectificateur. Ce chauffe-vin est un cylindre terminé par deux calottes sphériques renfermant un serpentin 27, 28, composé de dix tours pleins, dont chacun est percé, à sa partie la plus basse, d’un trou sur lequel est soudé un petit tube vertical. Tous ces petits tubes verticaux débouchent dans un tube 30, 31, légèrement incliné à l'horizon, qui reçoit tous les liquides qui se condensent dans les tours de
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1 à 10 du serpentin (le premier demi-tour est en communication avec le rectificateur et un autre demi avec le réfrigérant). Les liquides qui se condensent dans les tours 1 à 4 du serpentin sont les plus aqueux, on les dirige sur le quatrième plateau du rectificateur en ouvrant le robinet 32 sur le tube 30, 81, d’où ils s’écoulent par le tube 32, 35, qui a la forme d’un siphon et débouchent sur ce quatrième plateau, à partir du haut de la colonne. Sur ce siphon et dans le point de la courbure, on a piqué un robinet 35, 34, qui permet d'extraire un peu du liquide condensé et de le soumettre à l'essai.
Les vapeurs qui se condensent dans les six derniers tours (5 à 10) du serpentin fournissent un liquide plus alcoolique que les précédents. Ce liquide, en s'écoulant, se rend dans le tube incliné 30, 31, où on peut l’évacuer en ouvrant le robinet 35 si on veut fractionner les produits, ou par les robinets 35 et 36, si on veut les réunir. Ces robinets les conduisent par le tube siphon 35, 36, 37, sur le troisième plateau du rectificateur, qui les reprend pour les travailler de nouveau. Un petit robinet 38, placé sur ce tube siphon, donne la faculté d'extraire un peu de liquide et d’en faire l'essai.
Le chauffe-vin est percé, à la partie supérieure, de trois larges ouvertures fermées par des tampons à poignée 39, 39, 39, qui servent aux nettoyages, et il est partagé par une cloison 40, en deux portions d’inégale capacité et dans le rapport de 2 à 1. Gette cloison ne laisse de communication entre les deux capacités que par une ouverture ménagée à la partie inférieure. Quand ce chauffe-vin est rempli de liquide, celui-ei en déborde par un conduit percé de trous dans un tube de trop-plein 41, 4, 43, 44%, qui le verse dans le tonnelet ?5, placé au sommet de la colonne de distillation
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d’où, en se déversant, il tombe sur les capsules que renferme cette portion de la colonne avant d'arriver à la chaudière 8. On peut aussi, quand on le juge convenable, et à la fin d’une opération ou d’une distillation, déverser tout le liquide que renferme le chauffe-vin sur les capsules de la colonne, en ouvrant le robinet 45 piqué au bas de ce vase, ce liquide s'écoule alors par la portion 43, 44, du tube ci-dessus.
La cinquième pièce principale de l’appareil est le réfrigérant, dans lequel le dernier demi-tour prolongé du serpentin 28 du chauffe-vin amène les vapeurs qui n’ont pas élé condensées dans celui-ci. Le réfrigérant se compose d’un réservoir cylindrique dans lequel tourne un serpentin vertical 46, où doit avoir lieu la condensation définitive des dernières vapeurs échappées aux condensations successives. Les produits liquiäes ainsi obtenus, ou l'alcool, s’écoulent par un tube 47 qu'on a percé d’un petit trou capillaire 48 pour que l'air puisse se dégager, et se rendent dans une éprouvette 49, dans laquelle flotte un aréomètre. Get aréomètre sert à reconnaitre à chaque instant le degré de l'alcool et à le régler à volonté en faisant rétrograder, au moyen des robinets 32, 35, 86, une plus ou moins grande quantité des produits condensés dans le chauffevin, vers les plateaux du rectificateur.
L'éprouvette 49 porte un petit robinet qui verse le trop plein du liquide alcoolique dans un entonnoir, dont le long bec plonge presque jusqu’au fond d’une “aisse carrée en bois 50, doublée en cuivre et fermée par un couvercle rendu imperméable par l'interposition d’une lisière en drap sur les bords et par un cadenas. De celte caisse ou réservoir, le liquide coule par un robinet dans le tonneau 52, et, pour faciliter cet écoulement ainsi que l'introduction sans pression de
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