VI. — Appareils Siemens de Hohenheim
3eaucoup de ces appareils servent aux démons-
trations dans l’enseignement de Hohenheim, cependant M. Siemens a eu fréquemment l’occasion de faire
établir plusieurs de ces derniers appareils sur une grande échelle, et il a appris, par conséquent, à connaître leur allure et leur rendement.
L'appareil qu'on va décrire appartient à cette catégorie.
A. Appareil distillatoire proprement dit, fig. 17 à 21, pl. 2.
Get appareil n'existe dans linstitution qu’à l’état de modèle, cependant, comme disposition parait convenir très bien à une exploitation de moyenne importance, il a été installé dans douze distilleries, sous dés grandeurs différentes, pour le travail de 40 quintaux métriques de pommes de terre par jour.
Dans’cet appareil, les deux chaudières au moût A et B, ainsi que le chauffe-moût G, sont entourés d’une enveloppe commune en bois et établis avec des fonds en fonte. Sur la partie supérieure du réchauffeur s'élève la colonne de rectification D, et immédiatement audessus d’elle le déflegmeur E, puis, près de celui-ci, un second déflegmeur F, combiné avec la disposition de l’ancien déflegmeur à couronne de M. Siemens. Comme réfrigérant, on fait usage, suivant la qualité des eaux froides, soit d'un r Babo, soit, comme on l'indique dans les figures, d’un serpentin ordinaire, renfermé en entier dans le cylindre G ; H est le récipient et I le réservoir qui amène l’eau froide.
On établit l'appareil en bois résineux de cœur, aussi exempt de nœuds qu'il est possible, ou du moins de nœuds qui le traversent entièrement, et on le fortifie et le relie avec des cercles épais en fer et des écrous, afin de faciliter le travail pour resserrer dans le cas où le bois viendrait à jouer.
gérant en zigzag de
Le réchauffeur est chargé de moût par la tubulure &, moût qu’on fait écouler par le bouchon b dans la
chaudière supérieure et par la soupape €, qu’on ouvre | du dehors, dans la chaudière inférieure. La vinasse | est évacuée par le robinet 4.
| Les soupapes e, et, £?, garnies de caoutchouc, servent | à l'expulsion de l’air lorsqu'on charge l’appareil. Une Î
manivelle / fait tourner l’agitateur dans le réchauffeur. Les chaudières et le réchauffeur sont pourvus de
Uh grands trous d'homme, et 1 indique le mode de fermeture de celui du milieu. C’est sur le cône g, qui est
| La vapeur arrive par le tuyau A, qui porte, comme à l'ordinaire, cette vapeur jusqu’au milieu du fond inférieur, puis par un tuyau ascendant, jusqu’au-dessus du niveau du moût, dans la chaudière. Ce tuyau est couvert par un autre d’un plus grand diamètre, fermé par le haut, de façon que cette vapeur redescend dans le moût. Le même mode sert à transporter les vapeurs du moût de la chaudiére inférieure dans celle supérieure. Dans celle-ci la vapeur s'élève à travers le cône du réchauffeur, directement dans la colonne de rectification D, de celle-ci dans le premier déflegmeur E, et passe par le tuyau 2 dans le second F. Un tuyau K K transporte les vapeurs alcooliques dans le réfrigérant 11 G, le robinet / restant fermé. Si on ne veut produire que l'eau-de-vie, on ouvre ce robinet et le liquide con-
| densé dans la couronne extérieure à déflegmer F coule | dans le réfrigérant, tandis que pour obtenir de l’esprit,
| il est ramené par les tubes # et » de la colonne de reclification D. Le tuyau o verse l’eau du réservoir I
| dans le réfrigérant. De celui-ci, cette eau déjà chaude E remonte par le tuyau » dans la couronne extérieure du déflegmeur F, et de celle-ci, par g, descend en E
| A | pourvu d’un robinet, qu'on place l’éprouvette d'essai. | !
où elle est évacuée par 7. Le chevalet S sert d'appui au second déflesmeur,
La disposition intérieure d’un appareil de ce modèle a été représentée dans la figure 19, où on a supprimé le réfrigérant comme pièce d’une moindre importance, mais avec la disposition adoptée dans ces derniers temps, d’une conduite de vapeur tournante pour la chaudière inférieure.
Dans cette figure 19, A et B sont les chaudières inférieure et supérieure ; G, le réchauffeur ; D, la disposition de la colonne de rectification ; E et F, celles du premier et du second déflegmeur. L'assemblage bien simple qu’on voit clairement ici, du fond en fonte et de ‘ la paroi en bois, n’a pas besoin d'autre explication. Les fonds portent en dessous des nervures pour les rendre plus résistants, et suivant leur diamètre, on les moule d'épaisseurs diverses. Un fond de 1°20 de diamètre pèse 125 kilogrammes.
Le réchauffeur est rempli de moût par la tubulure a ; ce moût coule par l’orifice fermé par le bouchon b dans la chaudière supérieure, ét par c dans celle inférieure, de laquelle il peut être évacué à l’état de vinasse par la vidange d, ainsi qu'on l’a dit précédemment. Le bouchon en caoutchouc b esf, pour opérer une fermeture plus hermétique, chargé d’un cône en fonte 1 du poids de 7 à 8 kilog., et la tige de ce bouchon est assemblée dans le haut, sur un bras de levier 2, qu’on peut facilement manœuvrer d’en bas pour ouvrir ou fermer le bouchon. Le cône 3 joue ici le rôle d’une boite de bourrage pour rendre étanche le passage de la tige au travers du fond supérieur du réchauffeur. Le poids d'une pareille fermeture par un semblable cône convient mieux qu’en boite à étoupes ordinaire ayec cha-
peau à vis.
Manuel de la Distillation. 15
En €, l’orifice est fermé en dessous par un bouchon de caoutchouc 4, et le bras courbe 5 qui porte le bouchon est assemblé avec l'arbre 6. Get arbre roule sur un appui 7 à l’intérieur de la chaudière et dans une boîte de bourrage à l'extérieur de celle-ci. Un levier assemblé avec cet arbre sert à le faire tourner et on peut le fixer au moyen d’un encliquetage, ainsi qu’on l’a représenté en c dans la figure 17. Cette fermeture par dessous présente cet avantage qu’il est bien rare qu’elle cesse d’être étanche par des impuretés restées dans le moût, telles que de la paille, des germes, des fragments de balais, etc.. qui s'engagent dans l’orifice. De mème aussi dans le mode d'établissement de la fermeture à soupape &, il est rare qu'il y ait obstruction et ce modèle est d’une construction bien plus économique qu'un robinet ou un bouchon de même diamètre. Les soupapes à clapet e, et, e? sont également préférables à des robinets, parce qu’elles ferment mieux et ne s’engorgent pas aussi facilement. Le volant agitateur bien simple du réchauffeur est calé sur un arbre carré au moyen de vis, et on le fait tourner avec la manivelle jf. Les trous d'homme sont indiqués en f!, f?, f#.
On voit par la section fig, 19 et la coupe horizontale fig. 18, la disposition du conduit tournant de vapeur.
Pour établir la cage de la roue à palette qui figure dans l’appareil et qui est une sorte de turbine à vapeur, le fond inférieur 8 de la chaudière présente un collet circulaire de 10 centimètres de hauteur, venu de fonte. Pour fond inférieur 9 on pourrait très bien employer une plaque de fonte. La roue à palette de Hohenheim est établie en fer-blanc épais ; elle se compose d’un plateau 10 où l'on remarque deux grands orifices pour la circulation de la vapeur ; à 5 centimètres du collet et sous le plateau est arrêtée une couronne haute de 5
APPAREILS DISTILLATOIRRS 259
centimètres, qui sert de paroi postérieure aux palettes 11. Celles-ci sont disposées obliquement afin que les vapeurs affluentes opèrent mieux dans la direction de la rotation du plateau ou de la roue. Dans son milieu le plateau 10 est renforcé pour pouvoir le caler sur l'arbre 12. Cet arbre repose dans le bas sur le plateau inférieur 9 et dans une cavité qui lui sert de crapaudine ; dans le haut il passe à travers le tuyau 18 dont le fond est fermé, mais percé d’orifices latéraux pour l'échappement de la vapeur, et plus haut il est assemblé sur le manchon de recouvrement tournant 14.
Ce manchon, qui sert à ramener la vapeur de haut en bas, est fermé dans sa partie inférieure par deux anneaux en laiton, dont celui inférieur est assemblé sur le tuyau 13, et celui extérieur sur le tuyau 14. Ces anneaux s’ajustent exactement l’un dans l’autre et constituent le guide inférieur pour la rotation du tuyau extérieur. La vapeur, dans ce cas, s'échappe par les deux tubes courbes 15 fermés en avant par des clapets afin d'empêcher le moût d'y pénétrer.
Le tuyau conducteur de vapeur À se rétrécit et amène la vapeur, comme on peut le voir dans la section horizontale, fig. 18, dans une direction tangente à la roue à palette. La portion antérieure et dilatée de ce tuyau estramenée vers le bas et pourvue, en ce point, d’une soupape à air 2!, qui consiste tout simplement en une boule de caoutchouc qui ferme l’orifice intérieurement. Cette soupape sert dans le cas où il surviendrait tout à coup dans l’appareil un vide ou une condensation des apeurs. Le robinet 16 est employé à évacuer l’eau de condensation qui a pu se rassembler dans la cage de la roue.
Les vapeurs de la chaudière inférieure remontent par le tuyau 17, redescendent par le manchon de recou-
vrement 18 et se distribuent par les tuyaux courbes 19,19 dans le moût de la deuxième chaudière. De ce manchon de recouvrement part un tube 20 qui conduit la vapeur de la chaudière inférieure, par le robinet y dans le cône qui reçoit l’éprouvette pour essais.
Les vapeurs de la deuxième chaudière montent à travers le cône du réchauffeur dans la partie inférieure de la colonne de rectification. Là, elles arrivent sous l’écran 21 qui sert à retenir quelques particules du moût qui peuvent avoir été entrainées. La première chambre de la colonne de rectification contient, suivant le diamètre de cette colonne, de 3 à 5 tronçons de tubes conducteurs de vapeur, qui sont surmontés par des capsules renversées ou capuchons, comme dans les appareils français.
La troisième el la quatrième chambre sont pourvues de tubes distributeurs pour l’insufflation des vapeurs. La figure 20 indique cette disposition en plan. De la capsule du milieu 22, la vapeur se distribue suivant la grandeur de l'appareil dans 4 à 7 tubes horizontaux 23, 23 clos sur le devant, mais pourvus par dessous et sur toute leur longueur d’une rainure de 2 à 4 millimètres de largeur. De cette rainure, la vapeur s’élance sur le liquide distribué uniformément entre les cloisons 24, 24 et est ramenée par les tuyaux d'écoulement 25, 25 d’une chambre dans l’autre et de la chambre inférieure, quand on ne l’évacue pas à dessein, par le tube 25 elle redescend dans le réchauffeur.
Les chambres de la colonne de distillation consistent, sans qu'on puisse le constater sur les figures, en capsules posées les unes au-dessus des autres qui entrent exactement l’une sur l’autre dans la colonne, disposition qui permet, après qu'on à enlevé le déflegmeur E, d'entreprendre les nettoyages complets de Pappareil.
Le fond supérieur qui ferme la colonne porte les tubes de petit diamètre 27, 27 qui conduisent les vapeurs dans le haut jusque dans les tubes 28, 28 de plus grand diamètre du déflegmeur D. Ges tubes font redescendre ces vapeurs dans la capacité 29 où, par le tube de communication #, elles passent dans la portion inférieure du second déflegmeur F. Là elles sont distribuées bien uniformément par le fond de tamis 30 dans les petits tubes 31 et amenés par les tubes rectificateurs 32 dans la capacité 33. De celle-ci, le tube 34 les conduit dans la couronne à déflegmer 35, 36 et 37, ainsi qu'on le voit dans la figure 21, et en quittant celle-ci, les vapeurs les plus riches en alcool arrivent dans le tube Z qui les mène au réfrigérant.
Sion ne veut obtenir que de l’eau-de-vie avec cel appareil, on ouvre le robinet ? pour que le liquide déflegmé dans la couronne coule dans ce réfrigérant, | tandis que quand on ferme ce robinet, ce liquide est amené par #2 et n dans la colonne de rectification.
Pour verser l’eau à déflegmer dans le réfrigérant, on a recours au tuyau p. Cette eau coule de la couronne extérieure vers celle intérieure, et de là par le tube g dans le déflegmeur à tube inférieur qui la laisse écouler au dehors par 7. Les robinets s,s sur les tuyaux coudés m et n servent à faire écouler au terme de l'opération, les liquides qui s'accumulent en ces points, lorsqu'on craint en hiver que ces liquides ne se congélent.
B. Appareil distillatoire avec une seule chaudière à mont, fig. 22, pl. 2.
Le]
M. Siemens a cherché à écarter les inconvénients de l'emploi d’une seule chaudière. La figure 22 re-
présente un appareil de ce genre dans lequel A est la chaudière, B, le réchauffeur, C, la colonne de rectification et D, le déflegmeur.
Le tube 4 sert à remplir le réchauffeur, le bouchon b à remplir la chaudière, le robinet-soupape c à la vidange de la vinasse, d est le conduit de vapeur avec soupape à boule & ; f le capuchon distributeur de vapeur, g la roue à palettes ou turbine qui sert à faire tourner le manchon extérieur, A le cône äu réchauffeur, 2 le capuchon qui ferme le conduit direct dans la colonne de rectification, j un bouchon fermant le capuchon, À la tige en laiton pour pousser en avant ou en arrière ce capuchon, { le tuyau qui amène la vapeur dans le réchauffeur: quant à l’échappement des vapeurs du réchauffeur dans la colonne de rectification, il s'opère par la soupape #1. Dans cette colonne de rectification. x indique la capsule de vapeur avec les tubes distributeurs pour l'injection de la vapeur, o les tubes d'écoulement pour les flegmes, p les tubes conducteurs des vapeurs dans le déflegmeur D; gles tubes déflegmeurs, > l'espace de vapeur pour le dépüt du liquide conden: les ajutages pour l’écoulement de la vapeur au réfrigérant, £ le conduit de l’eau pour déflegmer, « son trop-plein, », v les soupapes d’air de la chaudière et du réchauffeur, 0 l’agitateur à ailettes du réchauffeur, æ& le cône de l’éprouvette d’essai, y le robinet d'évacuation pour l’eau de condensation de la cage de la turbine à vapeur.
Il n’y a de neuf ici que la fermeture du cône chauffeur qui débouche et s’ajuste sur l'ouverture au milieu du fond supérieur et qui est coiffée d’un capuchon i dont l’orifice est clos par un tampon ÿ qu'on manœuvre au moyen de la tige en laiton À. Pour amener en avant et repousser cette tige, elle est pourvue d’un
pas de vis dont l’écrou est arrêté sur le bord supérieur du corps en bois. Un tour de la manivelle vers la droite pousse en avant ce tampon, tandis qu’un tour vers la gauche le ramène en arrière. C’est de cette manière qu'il devient facile d'introduire directement la vapeur dans la colonne de rectification ou d’en interrompre l’afflux.
| L'accès direct de la vapeur doit subsister aussi longtemps que le produit distillé marque encore une force suffisante, mais dès qu’il n’en est plus ainsi, cet accès cesse et la vapeur est forcée de s'échapper du cône par le tube Z dans le moût du réchauffeur. Tant que la vapeur se dégage librement sans contre-pression, ce tube est fermé par le moûtlui-même, mais dès quece moût a atteint le point d’ébullition, les vapeurs qui se forment | s’échappent par la soupape #2 dans la colonne de rectification, L’épuisement de la chaudière est alors à peu | |
près atteint, ce qu'on peut constater exactement à l’aide de l’éprouvette en +, ainsi qu’on l’a expliqué. La vinasse est évacuée par c et on arrête l’arrivée de la vapeur, parce qu'il reste encore assez de pression
pour que cette évacuation s'opère promptement. Avant de fermer la soupape, on laisse néanmoins encore revenir la vapeur pour favoriser la vidange complète et pour s'assurer qu'il ne reste plus de vinasse. Après l’évacuation, on ferme la voie à cette vapeur, on ouvre les soupapes à air » ét on soulève le bouchon » pour charger de nouveau, puis on ouvre le tampon À et on agite le moût dans le réchauffeur, afin qu'il ne s’y dépose pas de parties épaisses. Dès que le réchaufieur est plein, on fait arriver de nouveau la vapeur de chauffage, et lorsque ce moût commence à bouillir dans le réchauffeur, la distillation ne tarde pas à recommencer.
L’appareil organisé sur ce modèle à Hohenheim n'ayant que 0",90 de diamètre et une hauteur de 1,80 pour la chaudière et le réchauffeur, peut, avec un chargement de chaudière de 225 litres, convertir aisément en 12 heures le moût de 9 quintaux métriques de pommes de terre en bonne eau-de-vie du commerce,
G. Distillation à combinaison alternante de vapeur,
fig. 23, pl. 2.
Quand on veut travailler de grandes quantités, il ne convient pas d'établir la chaudière et le réchauffeur dans un seul et même vase en bois, parce que celui-ci acquerrait ainsi une grandeur colossale, M. Siemens a donc préféré dans ce cas établir les chaudières an même niveau avec combinaison alternante du conduit de vapeur.
Dans l'atelier de distillation de Hohenheim, on a monté un appareil de ce modèle qui permet de démontrer son mode de travail comme enseignement. M. Siemens a eu néanmoins l’occasion d'organiser deux appareils de ce genre dans la Silésie autrichienne et en Galicie, dont le plus grand suffit pour travailler par jour le moût de 150 quintaux métriques de pommes de terre.
La figure 25 offre une repré été organisé à Hohenheim.
entation de celui qui a
À et B sont les deux chaudières à moût, C, le réchauffeur, E, la colonne de rectification, F, le déflegmeur, et D, le récipient aux petites eaux des deux chaudières. Les chaudières et le réchauffeur sont à Hohenheïm pourvus de fonds en fonte. Pour récipient aux peliles eaux, on s’est servi d’un vase en métal, et
APPAREILS DISTILIATOIRES 261
pour les grands appareils de vases aussi en bois avec fonds en fonte. Sous le fond également en fonte du réchauffeur, est placé un deuxième récipient des petites eaux G en cuivre, ce qui a permis d’assembler tous les conduits de vapeur sur des parois en métal.
La disposition pour la combinaison alternante du conduit de vapeur n’est pas celle indiquée par Gall, elle est empruntée à un petit appareil du comte polonais Ozarowski, dont l'inventeur a fait don à l’Académie, disposition beaucoup plus simple et par conséquent préférable.
Le remplissage des chaudières, avec le contenu du réchauffeur, s’opère par les bouchons en caoutchouc at et a et par les tuyaux conducteurs b1 et b?. La vidange de ces chaudières s'exécute tout aussi simplement à l’aide des bouchons c! et e?. La vapeur de chauffage arrive par le robinet 4, et de là, dans la position où ce robinet se trouve dans la figure par le tuyau e‘ dans la chambre A. Le tuyau /! la conduit au centre du fond de la chaudière, où elle s'élève comme on l’a représenté pour la chaudière supérieure de la figure 19, et redescend par un tuyau d’un plus grand diamètre qui couvre ou entoure celui ascendant.
C'est avec cet appareil qu’on a tenté l'expérience de faire tourner le manchon qui sert à faire redescendre la vapeur par sa force vive lors de son échappement. Pour observer cette rotation, et en cas de besoin pour pouvoir l’entretenir, le tuyau de distillation de vapeur est assemblé avec l’arbre g1 qui traverse le tampon du trou d'homme au milieu du fond supérieur en fonte. Dans la grande distillerie de Dancowice, en Galicie, cet arbre, attendu que la force vive de la vapeur ne suffit pas pour faire tourner, est pourvu d’une roue qu’un engrenage met
nnierner-rfsliitentegenmen
en mouvement, ce qui constitue un appareil moteur très convenable, qu'on ne saurait trop recommander pour toutes les grandes chaudières (1).
En avant des tubes f1 et f? sont placées les soupapes d'air #1 et n* formées simplement d'une balle de caoutchouc, ainsi qu’on l’a dit précédemment.
A raison de la courte interruption dans la distillation qu’on remarque dans cet appareil, son rendement est très satisfaisant, el ses frais d'installation pour les grands appareils, puisque les avances pour tubes, robinets sont bien moindres, ne sont pas aussi élevés.
Ce petit appareil alternant a été en travail continu à Hohénheim pendant tout l’hiver, en travaillant par jour 7 1/2 quintaux métriques de pommes de terre.
D. Appareil pour une distillation continue, fig. 24, pl. 2.
Cet appareil a été établi d’une manière particulière. La figure 24 en représente l’organisation.
A et B sont les chaudières alternantes: C, le récipient de distillation pour les étages qui y sont contenus ; D, la colonne de rectification ; E et F, deux déflegmeurs tubulaires ; G, des tubes réchauffeurs du moût; H, le réfrigérant en zigzag de Babo, assujetti
(1) Dans le moment actuel, Je petit appareil de Hohenheim, qui a été représenté dans les figures 17 et 19, a été pourvu de la disposition pour faire tourner le tube de distribution au moyen de la turbine à vapeur, et on n'a pas pu déterminer d'une manière certaine l'utilité de l'appareil décrit dans le texte, qui n'a été appliqué qu'à uue seule chaudière,
ici sur l’une des parois. Les plus grandes parois lalérales du récipient G, pour le réfrigérant à étages, sont ici en bois, les petites qui sont plates, en métal.
Le moût estemprunté par une pompe à un réservoir ou à un vase, où il est déjà un peu chauffé par l’eau chaude qui s'écoule du premier déflegmeur. Dans la figure on ne voit que la tige & de la pompe horizontale. Cette pompe amène le moût par le tuyau d dans le réchauffeur G, qui est organisé de façon que le tuyau b qui court en zigzag, est entouré d’un tuyau de plus grand diamètre c, et que dans l'intervalle entre ces tuyaux, on fait arriver les vapeurs spiritueuses dont on veut élever le titre avant qu’elles atteignent le réfrigérant proprement dit H. Le tuyau b débouche en haut dans le récipient de distillation, où il est reçu dans un petit godet oblong en cuivre environné tout autour de vapeurs. Gette disposition procure un réchauffagé continu du moût avant qu'il arrive sur la marche supérieure du premier étage. Dans l'appareil il y à 9 étages à 8 marches, qu'il faut que le liquide franchisse avant d'arriver au robinet d'écoulement c. Ce robinet conduit le moût alternativement dans la chaudière À et dans la chaudière B. Pendant qu’on l’épuise dans une chaudière, il coule dans l’autre. Les vapeurs chaudes s’échappent par le robinet e, dans la position qu'indique la figure, pour se rendre en A, et les vapeurs de cette chaudière se rendent en B par le robinet 1. À est donc complèlement épuisé au moment où B est entièrement chargé. On à trouvé qu’il était plus avantageux de ne pas lancer les vapeurs de la première chaudière dans la seconde avant que celleci fùt déjà pleine à moitié. On laisse donc les vapeurs dé A s'échapper directement dans G, jusqu’à ce que B soit à demi plein, puis on les amène dans cette dernière
chaudière, et aussitôt les vapeurs qui s’y forment sont conduites dans C.
Pour faire des essais, les robinets f! et f? portent sur le côté de petits mamelons sur lesquels on applique le cône d’épreuve, ainsi qu’on l’a décrit pour l’appareil alternant précédent. Les tubes en verre g! et g° servent à constater le niveau du liquide dans les chaudières. Pour évacuer la vinasse, on fait usage des bouchons et y. Dans le haut, sur le réservoir de distillation ou des étages C est placée une soupape hydraulique À qui permet la rentrée de l’air dans l’appareil et indique le degré de sa tension.
L'eau pour refroidir est empruntée à un réservoir placé plus haut et amenée par : dans le réfrigérant H ; un robinet À sert à régler son écoulement. Le tuyau 2 conduit l’eau du réfrigérant dans le second déflegmeur F, d’où elle coule par #1 dans E, et de là dans le réservoir au moûüt où celle eau est de nouveau dépouillée de sa chaleur en contribuant à chauffer le moût.
La circulation de l’eau et du moût qui a lieu dans cet appareil, permet d'utiliser complètement la chaleur des vapeurs et de limiter au plus strict nécessaire la dépense de cette chaleur ou plutôt du combustible.
Le petit appareil établi à Hohenheim a surtout été employé à la distillation des jus de betteraves ; attendu qu’il est arrivé assez souvent qu'on a travaillé simultanément des betteraves et des pommes de terre; mais on a été obligé de faire une distinction, parce que la vinasse des jus de betteraves ne pouvait être employée à l'alimentation des animaux. De plus, l’eaude-vie qu'on récoltait avait la plupart du temps le mauvais goût de celle de betteraves, de facon qu'il n’a plus été possible de poursuivre la distillation dans un
seul et même appareil. L'alcool brut recueilli avec les betteraves a été la plupart du temps distillé une seconde fois dans l’appareil rectificateur de l’établissement.
E. Appareil distillatoire de Hohenheim, fig. 26, pl. 2.
| Get appareil est non seulement destiné à l’enseigne-
| ment, mais aussi au travail régulier de la distillerie et à la mise en valeur des produits bruts des cultures de l'établissement. Déjà, en 1837, M. Siemens l'avait surtout modifié, de façon qu’à une chaudière qui jusque-là avait été chauffée à feu nu, il a substitué une chaudière à bords plus élevés, afin de présenter une plus grande capacité dans laquelle il a placé comme dans un baïin-marie la chaudière au moût. C’est sur cette dernière qu'il a établi le réchauffeur, ainsi que cela se fait actuellement comme étant une disposition très commode. Quant aux autres pièces de l'appareil, elles ont éprouvé également diverses modifications.
Cet appareil a, dans ces derniers temps, été remplacé par un autre, surtout dans le but de disposer d’une plus grande chaudière à vapeur, attendu que celle qu’on employait ne suffisait plus pour vaporiser les quantités de pommes de terre qu'on travaillait avec toute la célérité nécessaire pour leur parfait broyage. L'établissement d’une chaudière à vapeur d’un plus grand modèle pour la distillerie a fourni d’ailleurs l’occasion, avec les modifications apportées à l'appareil distillatoire, de réaliser les améliorations indiquées par l'expérience.
Cette nouvelle disposition, qui parait réunir en même temps les conditions d’un bon appareil, et celles pro-
pres à l’enseignement, a été représentée dans la figure 26.
A est la chaudière à vapeur qui se compose d’un cylindre couché ou horizontal et d’un cylindre vertical ; c’est sous le premier de ces cylindres que brûle le feu : quant à celui vertical, il rabat la flamme et permet l'introduction de la chaudière à moût dans celle à vapeur, disposition qui avait paru avantageuse avec l’ancien appareil et qui peut recevoir d’autres appli- | cations. Ainsi elle suggère entre autres l’idée de se | servir d’une chaudière à moût construite en cuivre
épais pour former un appareil de vide qui manque encore dans l'établissement, non pas seulement pour la fabrique de sucre, mais aussi pour les autres concentrations, par exemple. du lait, des extraits de malts, etc., vide qu'on obtiendrait ainsi à peu de frais.
Sur la chaudière à vapeur, «& indique le tube de niveau de l’eau ; b, le manomètre ; c, un robinet pour évacuer l’eau chaude de la chaudière. Le tube qui porte
| ce robinet pénètre jusqu’au point le plus profond de la chaudière, qui porte encore au-dessous un second robinet pour la vider complètement ; 4 est le trou | d'homme : e, le tube qui conduit la vapeur de la chaudière à la machine à vapeur ; celui f, à l'appareil de cuisson des pommes de terre ; le robinet g sert à emprunter de la vapeur pour d’autres services quelconques, ét À est la soupape de sûreté ; le remplissage et l’alimentation de la chaudière s’opèrent par la chaudière d'alimentation B.
L | La chaudière à moût est fermée par le réchaufteur G : sa disposition est maintenant la même que celle de la figure 22 de l'appareil à chaudière unique; le É remplissage du réchaufleur opère par un rêservoir
placé plus haut. Le bouchon à ferme l’orifice de chargement de la chaudière. Le robinet-soupape 4 évacue la vinasse, et le robinet Z amène la vapeur de la chaudière à vapeur dans celle à moût. Un mamelon "» contient un écrou pour la tige du bouchon qui ferme la communication directe de la chaudière avec la colonne de rectification. L’éprouvette est établie en n, et o est la manivelle de l’agitateur.
La disposition de la colonne de rectification D et des déflegmeurs E et F est la même que celle déjà indiquée à la page 253 pour la figure 19. On se sert, pour réfrigérant, de celui en zigzag de Babo qu’on voit en G. La descente de l’eau pour refroidir, d’un réservoir placé plus haut se fait par P. Du réfrigérant, un tuyau g conduit cette eau dans les déflegmeurs, d'où on la fait couler dans la chaudière de remplissage B, ou bien on l'utilise pour tout autre usage.
M. Siemens croit, avant de terminer, devoir exposer sommairement le résultat de son expérience sur le moyen le plus propre à employer la betterave à sucre dans la fabrication de l'alcool.
Il y a déjà bien quarante années qu’il a eu l’occasion de reconnaitre dans la pratique du procédé de macération de Dombasle, dans la petite fabrique de sucre de Hohenheim, les dangers de l’action d’une température trop élevée dans le mode de préparation du jus ou du vin de betteraves. Un abaïssement de la température, jusqu’à environ 50° C., ainsi qu’on l’emploie dans le procédé de diffusion de Robert actuellement en usage, est le seul admissible avec des betteraves découpées en tranches minces et uniformes, ainsi qu'on le fait à Hohenheim.
Déjà en 1854, lorsqu'on a installé la distillerie de betteraves à Hemmingen, l'appareil de macération fort
simple que M. Siemens a employé, a fourni un jus par- | faitement approprié, seulement le rendement en alcool n’a pas répondu à la proportion du sucre dans le jus | récolté. Etait-ce à un changement défavorable dans la qualité de ce jus lors de sa préparation ou pendant sa | fermentation, qu'il faut attribuer ce faible rendement? C’est ce dont il n’a pas été possible de s'assurer.
Des expériences pour soufrer les tranches de betteraves, dans le but de prévenir quelque influence fâcheuse dans l'extraction du jus, sont restées encore sans effet marqué, mais elles pourront peut-être conduire à d’heureux résultats, et, par conséquent, elles
1 seront reprises prochainement. M. Siemens s’est aussi occupé dans ces derniers temps, d'introduire dans la pratique une fermentation continue. Ce qui démontre qu’une fermentation de ce genre est praticable avec
| les moñts de pommes de terre, c’est que dans le mode | particulier de taxation des moûts des distilleries, en
LI Autriche on y a reconnu tout particulièrement des
| | [2 avantages.
Appareil distillatoire spécial pour les mouts
| de pommes de terre.
La distillation des pommes de terre n’exige pas une L forme d'appareil qui lui soit propre ;: tous ou presque tous peuvent servir, s'ils remplissent la condition de n’offrir au passage des macérations, depuis leur entrée dans l’appareil, jusqu’à leur sortie après complet épuisement, que des conduits larges, courts et n’offrant que peu de coudes. Cette disposition est nécessitée par l'élat pâteux et grumeleux des matières à distiller, qui 3% obstrueraient bientôt les conduits d’un faible diamètre, de ou présentant des courbures trop brusques ; inconvé:
ue
nient qui arrête l'opération en marche, oblige à ouvrir l'appareil et à perdre un temps précieux à en dégorger les tuyaux, ce qui n’est pas toujours sans danger pour l'opérateur, obligé de travailler dans des matières en ébullition. Au reste, lorsque cet accident arrive, on peut souvent, par l'emploi intelligent de la vapeur et le jet des robinets, refouler les matières épaisses qui causent les obstructions:; il faut même toujours débuter par là, avant de démonter les obturateurs des trous d'homme par lesquels on agit directement. Le diamètre intérieur de tous les conduits par où doivent passer les macérations ne doit jamais être au-dessous de 4 à 5 centim.
Bien que {ous ou presque {ous les appareils de distillation puissent servir pour la pomme de terre, je vais cependant en décrire un qui, par sa simplicité et sa solidité, présente tous les avantages que réclame ce genre de travail. La description de cet appareil et de sa marche donnera une idée plus nette de ce que l’on doit demander à l’appareil dont on aura à faire choix : au surplus, je ne saurais trop le répéter, on éviter: avec soin tout appareil trop compliqué, susceptible de se déranger ou difficile à réparer. Ce qu'il faut avant tout, c’est une machine solide, simple, que le premier chaudronnier venu puisse réparer, et que des mains souvent inexpérimentées puissent faire manœuvrer.
L'appareil dont il est ici question se compose de trois œufs O, 0, O® (fig. 7, pl. 1); l'œuf O sert à chauffer les matières à distiller ; les deux œufs Of et O? sont tout à fait semblables entre eux et fonctionnent alternalivement de la même manière lors dela distillation ; deux conduits e, c’ relient les œufs Of et O® avec l'œuf supérieur O, et servent à l’écoulement des matières à distiller dans l’un ou l’autre des œufs inférieurs. Cha-
cun des œufs inférieurs est muni d’une soupape de sureté s, s’ s’ouvrant en dedans. L’usage de ces soupapes est de prévenir l’écrasement des œufs par la pression atmosphérique quand le vide vient à s’y faire tout-à-coup, comme par exemple lorsqu'on y introduit les matières à distiller. E
Deux trous d'hommes #r, tr”, servent à visiter l’intérieur de l’appareil, soit pour le nettoyer, soit pour débarrasser un orifice dont on n’aura pu prévenir l’engorgement. ù
Chacun des deux œufs inférieurs est surmonté d’un dôme ou chambre de vapeur d, d; il estimportant que ces chambres aient une certaine hauteur ; c’est là que commence la distillation, et si l’espace est trop restreint, des matières épaisses soulevées par le boursoufflement de la masse à distiller, ou projetées par son bouillonnement, sont entrainées avec les vapeurs alcooliques. Deux tubes fu, tu’, conduisent les vapeurs alcooliques formées dans deux tonnelets 10, to’. De ces tonnelets, les vapeurs alcooliques passent, soil dans les tubes plongeurs {#, tu*, qui les reconduisent au fond des œufs O', O0? pour y subir une nouvelle rectification, soit au rectificateur R e en passant par le robinet distributeur B, par le double fond de l'œuf O, un serpentin qui tourne à l’intérieur, et enfin le tuyau ti, Du rectificateur, les vapeurs alcooliques se rendent au serpentin du réfrigérant ; un robinet placé au-dessus du rectificateur y laisse arriver un filet d’eau que l’on règle à volonté : il tombe dans la cuvette cu dont le trop-plein s'écoule par un petit tube.
La vapeur arrive du générateur dans une boule de distribution 6, d’où elle passe par les tuyaux Va, Va’ dans l’un ou l’autre des deux œufs ; l’arrivée en est
lée par les robinets Ro, Ro’. Les tuyaux de vapeur doivent descendre très près du fond des œufs; la apeur arrivant dans la masse à distiller s’y condense d’abord, l'échauffe et bientôt entraine les parties alcooliques. Deux robinets de vidange V, V’ servent à l'écoulement des matières épuisées, qui tombent dans une rigole couverte placée devant les œufs, et s'écoulent dans des réservoirs placés hors de l'atelier.
Deux tuyaux P, P’ ent à obtenir des vapeurs condensées de l’un quelconque des deux œufs pour vérifier le moment où ils sont épuisés ; les vapeurs vont se condenser en fraversant le tube s7° dans un petit serpentin placé sous l’œuf supérieur O. Le robinet B, dont on voit une coupe horizontale (fig. 9), a trois ouvertures ; le noyau en est percé, comme le montre la figure, de manière à metlre alternativement l’une des trois ouvertures en communication avec les deux autres, ce qui permet de laisser arriver au serpentin la vapeur formée dans l’un ou l'autre des deux œufs
inférieurs.
On remarque que tous les robinets sont munis de tôles carrées, ce qui nécessite l'emploi de clefs pour les manœuvrer ; sans celle précaution, il serait souvent impossible de les toucher sans risquer de se brûler ; la clef ne faisant pas cor} haufre très peu. Pour la promptilude de la manœuvre, il est saire d’avoir une clef pour (1) chaque robinet,
ivec le robinet, s’é
néce
(1) L'œuf O0 représenté (fig. 8) coupé-par le milieu est à double fond ; les vapeurs alcooliques viennent se rendre dans ce double fond avant de monter dans le serpentin qui conduit au rectificateur (ce
‘ur n'est pas représenté dans
serpentin qui entoure l'œuf O à l'intéri la fig. 8). Lorsque la distillation est très vive, les vapeurs alcooliques entrainent avec elles des matières impures qui se déposent dans ce ‘double fond : les portions fluides condensées retournent dans la
bien qu'à la rigueur une seule puisse servir pour tous.
Toutes les matières à distiller doivent passer par l’œuf O, que l’on charge soit au moyen d’une pompe, soit au moyen d’un baquet ou d’un seau. Nous allons suivre la marche d’une opération depuis la mise en feu jusqu’au déchargement complet de l'appareil.
Tous les robinets étant fermés ainsi que les obturateurs ob, ob’ (fig. 8), on charge l’œuf supérieur O aux deux tiers de sa hauteur ; on met le robinet à trois ouvertures B en communication avec le serpertin et l'œuf O?. On élève l’obturateur ob’ (fig. 8), et la matière à distiller s'écoule dans l’œuf O? (fig. 7); on charge de nouveau l’œuf supérieur, et après avoir mis l’œuf inférieur O’ en communication avec le serpentin au moyen du robinet B, on élève lobturateur ob pour laisser écouler la matière à distiller. Le jeu du robinet B, pendant le chargement de l'appareil, a pour but de permettre la sortie de l’air des œufs que l’on charge : sans cette précaution, l'écoulement serait lent, et même, lorsque les matières son! un peu épaisses, il serait tout
masse à distiller par le robinet B (fig. 7), les matières solides sont extraites du double fond par une ouverture ou petit trou d'homme tr (fig. 81.
Deux obturateurs ob, ob’, formés d'un métal lourd et mou, servent à boucher les orifices d'écoulement des macérations. Ces obturateurs doivent avoir une forme conique très évasée, sans quoi leur adhérence dans les orifices qu'ils doiveut boucher devient telle, qu'il est très difficile de les soulever. Des tiges de fer tiet 4 servent à les mauœuvrer ; lorsqu'on les soulève, on les retient à la hauteur conenable en passant une aiguille aig dans un petit trou ménagé sur la tige de fer.
Un agitateur est monté sur un axe mobile az posé sur une crapaudine scellée au fond de la chaudière, et maintenue à sa partie supérieure dans un œil d'une barre 4 qui peut s'enlever à volonté,
à fait arrêté. Pendant l'écoulement de la matière à distiller, on imprime un mouvement de va-et-vient à l’agitateur ax (fig. 8), au moyen de la manivelle #2, ce qui empêche accumulation des portions épaisses de la masse, qui viendraient obstruer l’orifice d'écoulement. Les deux œufs inférieurs étant chargés et les obturaieurs ob, ob’ ayant été replacèés sur les orifices d'écoulement qu'ils doivent fermer, après le chargement de chaque œuf, on charge également l'œuf chauffeur O, après quoi on le referme avec son couvercle.
Nous avons laissé l'œuf O’ en communicalion avec le serpentin au moyen du robinet B. Pour mettre l'appareil en marche, il n’y a plus qu'à ouvrir le robinet de vapeur Ro. Il faut, à partir de ce moment, que le feu soit vigoureusement poussé sous le générateur. La vapeur arrive dans l'œuf et s’y condense d’abord avec détonation ; bientôt la masse s’échauffe, une ébullition régulière s'établit, et l’on suit avec la main la marche de l'échauffement par la vapeur alcoolique ; on la voit s'élever dans le dôme 4”, s’élever ensuite graduellement dans le tube tw, redescendre au tonnelet to’, par le fond duquel les parties les plus aqueuses retournent dans la masse en ébullition, après s'être condensées, en suivant le tube plongeur P Z. Les vapeurs alcooliques, de plus en plus riches, par suite de la condensation des portions aqueuses pendant leur marche, remontent par le tube fu et vont s'échapper au fond de l'œuf O’; elles se chargent d’une nouvelle quantité d'alcool en traversant la masse liquide contenue dans cet œuf. Si la masse liquide contenue dans l'œuf O? devait être échauffée entièrement par les vapeurs alcooliques de l’œuf O*, opération durerait trop longtemps ; aussi, pour abréger, on fait arriver la vapeur du générateur en même lemps daus les deux
œufs au commencement de l'opération, en ouvrant les deux robinets R, Ro, et l’on ne ferme le robinet Ro, qu’au moment où l’on sent avec la main la vapeur alcoolique monter dans le tuyau tu. Si nous continuons à suivre la marche des vapeurs alcooliques parties du premier œuf O*, nous les voyons monter par le tuyau tu, redescendre au tonnelet {o, y laisser encore quelques parties aqueuses qui s’écoulent par le tube plongeur P7 du tonnelet 40; les vapeurs trouvent une issue par le robinet B, arrivent dans le double fond de l'œuf O, où elles se rectifient encore, en échauffant la masse contenue dans cet œuf : de là elles s’élèvent par le serpentin, qui met le double fond en communication avec le tube tui, qui les amène au rectificateur Re, d’où elles partent en passant par le tuyau 4 pour redescendre dans le serpentin du réfrigérant, pour s’écouler condensées dans un récipient disposé à cet effet.
Lorsqu'on suppose l’œuf O? épuisé, ce qui a lieu une demi-heure ou tout au plus une heure après qu'il a commencé à distiller, on ouvre le petit robinet 7” placé sur le petit tuyau P’. Les vapeurs formées dans l'œuf O® vont, en passant par le conduit sr’, dans un petit serpentin où elles se condensent ; on les reçoit dans un verre pour les soumettre aux différentes épreuves qui indiquent s’il y a encore de l'alcool.
Dès qu’on s’est assuré que l'œuf est épuisé, on ouvre le robinet V’ ; la pression de la vapeur fait promptement écouler la masse pâteuse épuisée, qui va se réunir dans un réservoir placé hors de l'atelier. On ferme alors les robinets V’et Ro, et on ouvre le robinet R. L'œuf O? se trouve à ce moment complètement fermé et rempli de vapeur d’eau, qui en a chassé tout l'air; on soulève alors l’obturateur ob et la masse à distiller contenue dans l’œuf O se précipite par le conduit €’ ;
le vide se faisant dans l’œuf O®, par suite de la condensation de la vapeur qui le remplit, cet écoulement est très rapide ; il faut avoir eu la précaution avant de soulever l’obturateur ob’, de mettre en mouvement l'agitateur ax (fig. 8), et de continuer l'agitation tant que dure cet écoulement ; sans cette précaution, les parties épaisses de la masse à distiller viennent obstruer l’orifice du tuyau d'écoulement et arrêtent l’opération. C'est à ce moment que le jeu de la soupape s’ devient important ; le vide se faisant plus ou moins complètement dans l’œuf O*, la pression atmosphérique pourrait l’écraser, si le jeu de cette soupape, qui s'ouvre à l'extérieur, ne venait permettre l’introduetion de l’air au delà d’une certaine pression. Gette opération terminée, on tourne le robinet B, pour mettre l’œuf O* en communication avec le double fond de l'œuf O, et | lopération continue comme au commencement, en répétant alternativement la même manœuvre sur les deux œufs O? et OZ,
Cet appareil donne facilement de l’eau-de-vie de 48 à 55° suivant la richesse des macérations soumises à la l distillation. Hn remplaçant le rectificateur Re (fig. 7) par un appareil plus compliqué l'alcool, on obtiendrait un degré aussi élevé qu'on pourrait le désirer ; mais c’est une complication de appareil, et je ne saurais trop le répéter, un appareil destiné à fonctionner dans une exploitation agricole, ! loin de tout atelier de construction, livré souvent à des | mains peu exercées, doit, être aussi simple que possible, et les avantages d’une rectification immédiate ne | sont pas tellement grands, qu’il faille y sacrifier l'avantage d’un appareil marchant sans dérangement. Il y à encore une autre considération, c’est qu’il est plus commode d’obtenir de l’eau-de-vie du premier jet
propre à donner de
k { lorsqu'on veut purifier l'alcool, comme je le dirai tout l | à l'heure, { Il arrive quelquefois, lorsqu'on a manqué d'attention, il que les œufs sont trop pleins ; cet accident provient, | fl soit de ce qu’on a trop chargé l’appareil, soit de ce | IN qu’on a commencé l’opération lorsque le générateur à | {l vapeur n’était pas encore assez chauffé : dans ce dernier 1H cas, la vapeur arrivant lentementet à une tension peu ! considérable, se condense longtemps dans les œufs { fi avant de parvenir à les mettre en marche. Lorsque cet En accident arrive, la distillation ne se fait plus que par L'IM soubresauts, et si l'on examine l’extrémité du serpenh A tin par laquelle s’écoule l’eau-de-vie, on voit arriver | des flots de vapeurs alcooliques qui n’ont pu se con- 111 denser et qui sont poussés par de petites explosions.
| Dès qu’on s'aperçoit de cette irrégularité dans la mar- | che, il faut arrêter la vapeur et ouvrir les œufs pour | ssurer que c’est bien là la cause du dérangement. (l Dès qu’on s’en est assuré, il n’y a pas d'autre remède LH que dé laisser écouler une portion du contenu de ii l'œuf.
Î Cet accident, bien que facile à éviter avec un peu | d'attention, arrive cependant assez souvent lorsqu'on {| emploie des ouvriers inattentifs ou inexpérimentés ; il { |
À est également à craindre au commencement d’une opé-
ration, surtout par les temps très froids : dans ce cas, Y ! l'appareil exige une grande quantité de vapeur d’eau pour être échaufié au point convenable pour la distillation. On évite cet accident en ne remplissant les œufs qu'à moitié pour le chargement. En général, il | vaut mieux qu'ils soient trop peu pleins que trop pleins ; on y gagnera toujours sur le rendementet sur le temps que dure un chargement en distillation. Le filet d’eau-de-vie qui coule, doit toujours êlre froid ét
cer
régulier, un peu plus gros que le tuyau d’une plume. On est souvent tenté d'approcher une lumière de l’orifice inférieur du serpentin pour examiner le filet d’eaude-vie; il faut bien se garder de cette imprudence, surtout lorsqu'on distille à un degré élevé : le feu se communique promptement aux vapeurs alcooliques contenues dans l’appareil, et il peut en résulter une violente explosion et la destruction de l’appareil ; heu: reux s’il n'arrive pas d’autres accidents plus graves.
Il est convenable, lorsqu'on veut oblenir des produits purs, et surtout lorsque ces produits ne doivent | pas être soumis à une rectification ultérieure, de ne | pas réunir les dernières gouttes qui s’écoulent, aux premiers produits de la distillation; on recueille ordinairement pour les réunir aux distillations suivantes | tout ce qui s'écoule à partir du moment où les produits
ne marquent plus que 30 à 35° C. Ces derniers produits sont très chargés d'huile essentielle fétide, qui leur donne un aspect louche et laïteux : on les réunit à la distillation suivante en les versant dans l'œuf supérieur et les faisant écouler dans celui des œufs infé- Î rieurs qui a été chargé le dernier.
Jai dit comment on se servait des robinets », r’ pour reconnaitre qu'un œuf est épuisé ; le produit recueilli dans un verre peut s’essayer de différentes manières. L’essai le plus exact se fait au moyen de l’alcoométre: on s'arrête dès que le produit ne marque plus que 4 à 5°; mais ce moyen d'essai est peu pratiqué. Le moyen le plus généralement employé consiste à verser | quelques gouttes du produit obtenu sur la partie supérieure de l’un des œufs ; on approche une allumette enflammée de la vapeur qui se forme, et dès qu’elle ne prend plus feu, on est assuré que l’œuf essayé est épuisé.
Manuel de la Distillation.
On doit aussi apporter la plus grande attention à ce que l’eau du réfrigérant se renouvelle assez vite pour conserver toujours une température froide ; sans cette précaution, la condensation se fait mal, et il en résulte des pertes très fortes dont on ne se rend pas compte. L’eau doit toujours arriver par le bas du réfrigérant et s’écouler par la partie supérieure. A sa sortie du réfrigérant, elle a ordinairement une température qui varie de 40 à 60° et quelquefois plus, tandis qu’à l'entrée et au fond elle est à une température très basse.
Ajoutons pour finir, que cet appareil n’est plus guère employé aujourd’hui, on lui préfère les appareils perfectionnés d’Egrot, de Deroy, de Savalle et autres.
VII. — Rectification et purification des alcools de betteraves, de pommes de terre, etc.
Dans le Munuel pratique de la Distillation des grains et des mélasses, nous ayons développé les nouveaux procédés de purification des alcools, nous n’y reviendrons donc pas et nous renverrons le lecteur à cet ouvrage ; mais il nous faut donner ici quelques détails relatifs à plusieurs modes de purification plus spécialement applicables aux alcools de betteraves et de pommes de terre.
Nous parlerons d’abord de l'influence de l’état des appareils sur le goût des alcools.
Influence de l'état des appareils.
L'influence directe des vases et des locaux sur les denrées alimentaires, solides ou liquides, qui y passent
ou qui y séjournent, est une de ces vérités vulgaires que la pratique de chaque jour vient rappeler de mille nouvelles manières à ceux qui commettent l’étourderie de l'oublier.
Puisque les liqueurs sont, par elles-mêmes, des boissons alimentaires d'une grande délicatesse, et dont l’extrème pureté et le bon goût importent au plus haut point, il est de la plus haute nécessité qu’elles soient préparées avec soin, dans des appareils inoffensifs par eux-mêmes, capables d’un nettoyage complet, après chaque opération.
En est-il ainsi dans la pratique de la distillation ? Les appareils distillaloires généralement en usage sont-ils construits en métaux protecteurs de la santé ? Et ces appareils permettent-ils, de plus, après chaque opération, un netloyage facile et complet ?
C’est tout le contraire qui existe dans les distille-
ries.
Quel contraste frappant, sous ce rapport, entre les appareils du brasseur et ceux du distillateur !
Autant les appareils d’une brasserie permettent le nettoyage radical après chaque opération, autant ceux d'une distillerie s’y montrent rebelles.
Est-il besoin d’énumérer le préjudice que la malpropreté des appareils cause aux produits, et par suite à l'intérêt des distillateurs? L'absence de lout étamage des appareils et l'impossibilité de leur nettoyage à la main, qui est le seul mode de nettoyage admissible comme efficace, engendrent chaque année une moinsvalue de produits et une dépense supplémentaire en frais de production, dont chaque distillateur serait certainement surpris s’il en voyait le total à son bilan pour l’ensemble de ses opérations.
Celte absence de tout nettoyage sérieux oblige tous