‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 5 sur 59 · II. — La betterave de sucrerie · texte numérisé non relu

II. — La betterave de sucrerie

Nous n'avons pas l'intention de prèsenter ici la description botanique ou économique des différentes variétés de betleraves à sucre, d'indiquer les sols qui leur conviennent, les engrais qu’on doit leur appliquer, leur mode de culture, de récolte et de conservation, parce que ce sont autant de questions qui sont du ressort de l’agriculture, et qu’on les trouve d’ailleurs résolues dans tous les traités d'agriculture aux articles qui concernent cette racine; mais nous ne pouvons nous dispenser avant tout, et pour donner une idée énérale de la fabrication que nous nous proposons de décrire, de faire connaitre les résultats de l’analyse chimique de cêtle racine.

On trouve dans beaucoup de traités des détails sur la composition chimique de la betterave, cette composition n’est pas toujours la même el varie suivant les terrains ; les éléments que cette racine contient s'y présentent dans les proportions suivantes : «

HAUT R n L een es de 83 à 9% SOLE Mn EE ns UeN se All Albumine,,....... se AOMU: 074 1:68 Ligneux ..... SRE de 0.1 à 3.2

avec d’aulres substances colorantes, calcaires, alcalines, etc.

M. Payen, qui a fait l'analyse chimique de la betterave blanche de Silésie réduite en pulpe au moyen des ràpes et des presses, a trouvé pour sa composition moyenne :

Sucre ‘et traces de dextrine (environ 0,1). 10.5 Cellulose et pectose (qui restent dans la DID) eme me resserre os 0.8 Albumine, caséine et 2 autres ‘substances AOL Rene needs re RTE 1.5 NTALIOPES DTASSOSS rates e ss eee ec steps 0.1 Acides malique, pectique, pectine, substance gommeuse, matières aromatique, colorable et colorante, huile essentielle, chlorophyle, oxalate et phosphate de chaux, phosphate de magnésie, chlorhydrate d’ammoniaque, silicate, azotate, sulfate et oxalate de potasse, chlorures de sodium et de potassium, pectates de chaux, de potasse et de soude, soufre, silice, oxyde de fer, etc................ 3.6

Un chimiste de Magdebourg, M. F. Michaelis, qui s’est beaucoup occupé des phénomènes que présente le jus de betterave, quand on le traite par divers agents, a affirmé que le jus de betteraves müres et non altérées ne renfermail pas de pectine; mais, quel que soit le dissentiment des chimistes sur quelques-uns des éléments qui entrent dans la composition des betteraves, ce qu'il importe pour nous de constater, c’est que cette racine, quand elle est de bonne qualité, et a été cultivée dans un bon sol, peut reufermer de 10 à 12 pour 100 de sucre d’une nature absolument semblable au sucre de canne.

Jetons maintenant un coup d'œil rapide et rétrospectif sur la découverie du sucre dans la betterave,

sur la fabrication de ce sucre et les phases successives qu’elle a eues à parcourir, et enfin sur la découverte des moyens propres à convertir ce sucre en alcool.

Margraff est le premier qui ait reconnu la présence du sucre dans la betterave et qui en ait signalé l’existence dans son Traité de chimie élémentaire, publié à Berlin en 1747. Ce chimiste distingué aurait même, dès celte époque, dans un mémoire présenté à l’Académie des sciences de Berlin, envisagé l'extraction de ce sucre d’une manière large, mais toutefois purement agricole. Du moins c’est ce qui résulte de la lecture de ce mémoire dans lequel il s'exprime ainsi :

« Ce qui a été rapporté jusqu'à présent fait voir en général quels usages économiques on pourrait tirer de ces expériences ; il me suffira d'en indiquer un seul, qui est même le moindre. Le pauvre paysan, au lieu du sucre cher, ou d’un mauvais sirop, pourrait se servir de notre sucre de plantes, pourvu qu'à l’aide de certaines machines, il exprimât le suc de ces plantes, qu’il le dépurät en quelque facon et qu'ensuite il le fit épaissir jusqu'à consistance de sirop : ce suc épaissi serait assurément plus pur que le sirop ordinaire et noirâtre du sucre, et peut-être même, que ce qui resterait après lexpression pourrait encore ayoir son utilité. »

Ce ne fut cependant qu'environ 50 ans plus tard, que Koppi et Achard, de Berlin, cherchant à mettre à profit la découverte de Margraf’, tentèrent quelques essais industriels qui, sans prometire encore des résultats bien avantageux, commencèrent à mettre sur la voie et à attirer l'attention des hommes d'Etat et des fabricants.

A peine la nouvelle de ces essais parvint-elle en France, où régnait alors le blocus continental, que

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quelques bons esprits saisirent toute la portée de celle découverte, et l’Institut, chargé de faire un rapport sur ce sujet, déclara, par l'organe de Deyeux, que cette fabrication présentait le plus grand intérêt, et que le gouvernement, dans les circonstances où l’on était placé, devait favoriser de fout son pouvoir cette indusirie. Ce jugement, émané d’un corps savant si haut placé, détermina en effet le gouvernement à établir quatre sucreries impériales et à encourager la culture de la betterave. Ces sucreries servirent d'abord de modèle, et, sous l'influence des mesures prises par l’administration publique, on vit aussi s'établir plusieurs sucreries particulières; mais les moyens étaient encore tellement imparfaits et les appareils si peu économiques, que le sucre de betterave revenait encore, en 1811 et 1812, à 5 fr. le kilogramme au producteur, prix auquel on n’osait pas encore se hasarder à fabriquer sur une grande échelle.

Les désastres de la campagne de Russie, l'invasion de la France par les armées étrangères, la cessation, lors de la paix, du blocus continental de 1812 à 1818, renversérent la plupart des fabriques établies sur des bases aussi peu économiques et firent craindre un moment la chute complète de cette industrie.

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