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queues, c’est-à-dire dans les parties faibles, au commencement et à la fin d’une opération, qu’on recueille des produits souillés par des principes odorants désagréables.
La pratique constate que lorsqu'on rectifie les produits avec de bons appareils et qu’on les fraclionne, l’alcool qui distille d’abord et qui est assez faible, n’a pas un goût bien délicat, mais que lorsque le jeu de ces appareils est en pleine activité, l'alcool concentré qui distille est généralement bon goût, et ce n’est que vers la fin, lorsque les alcools deviennent très aqueux, qu'ils sont souillés par les principes odorants les plus actifs, parfois tellement abondants que l'alcool amylique, butylique, etc., et les éthers s’y séparent en gouttes huileuses qu’on peut même rassembler et enlever.
L’emploi de la rectification et du charbon de bois dont il ne faut pas toutefois s’exagérer l’efficacité, sont donc les seuls moyens qu'on puisse considérer comme réellement utiles dans la pratique pour purifier les eaux-de-vie, et les désinfectants chimiques ne paraissent avoir joui de quelque faveur que parce que l'opération était la plupart du temps accompagnée d’une rectification.
Appareil de rectification Deroy.
Quatre pièces principales le composent : 1° la chaudière ; 2° la colonne : %° le condensateur ; 4 le réfrigéranl. (Fig. 1, pl. 3.)
Le chauffage se fait ordinairement à vapeur, cependant il est possible, pour les chaudières inférieures à 25 hectolitres, de les chauffer à feu nu. Quel que soit le mode de chauffage, la mise en marche et le fonction-
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nement sont les mêmes. L’attention du distillateur doit surtout se porter sur la régularité du chauffage et de la réfrigération, car de là dépendent l’élévation du degré alcoolique et la pureté des produits.
Au début de l'opération, il faut chauffer doucement, afin que l'ébullition, se manifestant d’une façon progressive, élimine en premier lieu la partie éthérée qui se vaporise à moins de 78 degrés et la sépare de l’alcool, dont la vaporisation ne s’oblient qu’au delà de 80 degrés. Il est de la plus haute importance de séparer d’abord cette première parlie de vapeur condensée, dont l’odeur est infecte, pour ne pas la mêler avec celle qui vient après.
Le distillateur doit veiller attentivement à la marche du filet et ne recevoir à l’éprouvette que l’alcool bon à conserver ; le fractionnement est la seule difficulté de l'opération.
Les vapeurs venant de la chaudière s’élèvent dans la colonne ; elles y rencontrent un certain nombre de plateaux qui ne permettent qu'aux plus légères d’atteindre le condensateur, où une partie d’entre elles se condensent et retournent à la colonne, ne laissant arriver au serpentin réfrigérant que celles parfaitement épurées. Toutefois, le produit de ces dernières nécessite encore une sélection, car les vapeurs qui se condensent immédiatement après les éthers n’ont pas encore acquis la force et la finesse voulues pour être de premier choix, leur degré dépasse rarement 92 degrés, et on n’admet comme bon goût que l’alcoo! à 95 degrés. On met donc à part cette partie qui est classée comme deuxième choix, pour être vendue telle ou rectifiée à nouveau. Le bon goût, du reste, ne se fait pas attendre et se maintient presque jusqu’à la fin.
Le bon résultat dépen1 surtout, et du fractionnement
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des produits, et de la régularité du chauffage, qui doit se trouver bien en rapport avec le degré de réfrigération pour que le filet se maintienne toujours de la même force. La variation de goût ne se manifeste pas brusquement, elle s'annonce peu à peu, soit par une tendance du degré à baisser, soit par l’oscillation du contenu de l’éprouvetle. Quelques jours d'étude pratique du fonctionnement d’un appareil à rectifier suffisent à mettre l’opération bien au courant.
Dès que le degré s’abaisse à l’éprouvette au-dessous de 90 degrés, l'alcool est mis de côté pour être de nouveau rectifié, et lon arrête l’opération lorsqu'il ne marque plus de degré. L
La rectification achevée, on vide et l’on nettoie l'appareil avant de préparer une nouvelle chauffe. La chaudière peut se vider entièrement par le robinel de vidange 4; cependant, avant qu’elle ne soit complètement vidée, on retire le tampon 3, et, à l’aide d’un balai, on frotte vivement le fond et les contours pour en détacher les huiles qui s’y sont fixées. Cela fait, on ouvre le robinet 15 pour laisser descendre sur les plateaux de la colonne l’eau chaude du condensateur et les débarrusser de lous dépôts. On termine par un nettoyage et un rinçage à l’eau froide.
Rectificateur de Hohenheim (fig. 25, pl. I).
Un appareil de ce genre qui a été démonté à Hohenheim est dans un état précaire, parce qu'il se compose en grande partie de toutes sortes de pièces qui ont servi à diverses expériences. D'ailleurs, la hauteur du local, insuffisante pour le monter complètement, n’a pas permis d’en obtenir un produit supérieur à 9% °/ à l’alcoomèlre Tralles.
memes
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Tout récemment, on a combiné dans la distillerie de Hemmingen, le déflegmeur tubulaire de M. Siemens, avec l’appareil rectificateur établi dans cette localité, il est ainsi devenu possible d'obtenir des esprits rectifiés marquant 96 à 97 +/., de Tralles.
Après de semblables résultats, il semble bien permis de recommander comme parfaitement efficace l'appareil de la figure 25, pl. IE, dont on ne décrira ici que les pièces principales.
A est la chaudière en tôle renfermant à lintérieur un serpentin de chauffage au moyen de Ja vapeur qu'on y amène. La partie supérieure B sert à recueillir les petites eaux pour qu’elles ne redescendent pas dans la chaudière, C, G est la colonne de rectification qui se compose de deux parties, ainsi qu'on l'a décrit, D, E et F sont les déflegmeurs décrits, G, le réfrigérant, H, le réservoir pour leau, el J, le récipient.
Le chargement de la chaudière s’opère de la manière a plus commode, à l’aide d’un réservoir placé audessus ; à indique l’ajutage pour ladmission de Ja vapeur de chauffage, b, un grand trou d'homme. Les ubes en verre c et 4 indiquent le niveau du liquide dans la chaudière et le récipient aux petiles eaux ; le versement de B en A s'opère par e, et f sert à la vidange des résidus de la chaudière. Le tuyau g conduit es vapeurs au réfrigérant, ceux À et ? ramènent les vapeurs condensées en E et F en C. Le tube K conduit ‘eau pour rafraichir dans le réfrigérant G, et / la remonte aux déflegmeurs d’où elle s'écoule par un trop-
plein ##.
Conclusion. — Comme on peut le voir par les multiples descriptions qui précèdent, les appareils de distillation sont nombreux et variés, et sous le rapport
de la perfection et du bon marché, les constructeurs français n’ont rien à envier aux étrangers. D'ailleurs, les noms de MM. Savalle, Deroy, Egrot, sont bien connus partout, et leurs appareils, très répandus en France, ont depuis longtemps déjà franchi nos frontières à travers les continents et les mers. Comme on a pu le voir, c'est surtout sur les appareils français que nous ayons insisté, sans vouloir néanmoins en recommander plus spécialement un au détriment des autres. Nous les avons décrits tous, car tel applicable dans telle circonstance ne l’est pas dans l’autre. Ce qui précède, concernant les appareils distillatoires, est également vrai pour les appareils de rectification. Toutefois, en ce qui concerne celte partie de l’industrie de l'alcool, nous ferons remarquer qu'un grand progrès a été réalisé dans ces dernières années par l’application du procédé de purification Bang et Ruffin, qui a été décrit en détail dans le Manuel de la Distillation des Grains et des Mélasses, auquel nous renverrons le lecteur.