Quelles sont les principales colonies des Phéniciens
4. Quelle était la religion des Phéniciens? — 5. leur commerce ? — G. Quelles furent leurs principales inventions ?
1 . — Les Phéniciens étaient d’abord partagés en tribus indépendantes les unes des autres , mais unies entre elles par une espèce de fédération dans laquelle la ville de Tyr finit par s’arroger la prépondérance. Ainsi le caractère de leur organisation politique était d’être fédérative; l’esprit de ce peuple était tout commercial.
2. — Le premier roi connu de Tyr est Abibal , contemporain de Saül (1080); parmi ses successeurs , on remarque Hiram , l’allié de David et de Salomon, et Pygmaliov , sous qui Didon s’enfuit à Carthage (8G0). La Phénicie, soumise aux Perses par Cyrus et aux Grecs par Alexandre, fit par lin du royaume de Syrie à la mort de ce dernier, l’an 323.
3- — Les principales colonies des Phéniciens furent : Gadès (Cadix), en Espagne; Panorme (Palerme),en Sicile; Utiquc et Carthage, en Afrique.
\ — Dans l’origine, la religion des Phéniciens était fondée sur les principes de la religion judaïque , comme leur langue l’était sur celle des Hébreux; mais ils tombèrent dans l’idolâtrie , et de là dans d'horribles superstitions , s’il
est vrai qu’ils aient sacrifié des victimes humaines à leurs divinités.
0. — Les Phéniciens possédèrent longtemps le monopole du commerce dans les trois parties de l’ancien continent. Hardis navigateurs, et sans autre guide que les étoiles, ils étendirent partout leurs relations. La Bretagne et les îles Cassitérides (Sorlingues) leur fournissaient de l’étain et de l’ambre jaune (succin); l’Asie leur donnait de l’or, et la Bétique, de l’argent. Le commerce des Phéniciens par terre consistait en épices , en encens, en esclaves , en chevaux , en vases de cuivre , etc. Il se faisait en grande partie par caravanes.
6. — Les Phéniciens ont inventé les voiles de vaisseaux , l’art de fondre le verre , d’extraire et de travailler les métaux , la tenue des registres, l’écriture alphabétique, les mesures et les poids , la teinture en pourpre , etc.
§ 5. Histoire des Syriens et des Séleucides.
1. A quelle époque commence l’histoire des Syriens ? — 2. Qui fonda l'ère et l’empire des Séleucides? — 3. Comment eut lieu le démembrement de cet empire?— ). Comment fut-il réduit en province romaine ?
1. — L’histoire des Syriens ne commence que vers le temps de David , dans le xi e siècle avant J. C. Divisés en plusieurs petits Etats , ils passèrent tour à tour sous la domination des Assyriens, des Perses , d’Alexandre et de ses successeurs.
2- — L’ére des Séleucides date de 311 , époque où Séleucus I er Nicaior, l’un des successeurs d’Alexandre, se rendit maître de Babylone; mais la monarchie syrienne ne commence , à proprement parler, qu’après la bataille d’ipsus (301), par la fondation d’Antioche, sur l’Oronte , qui devint capitale du royaume des Séleucides. Ce royaume comprenait la Syrie, la Mésopotamie , la Babylonie et autres provinces de l’Asie centrale jusqu’à l’Indus.
Outre Antioche, Séleucus fonda beaucoup d’autres villes, et rendit ses Etats florissants par les routes qu’il ouvrit au commerce de l’Inde avec l’Europe. Il mourut en 279.
3- — L’empire des Séleucides ne tarda pas à se démembrer. Antiochus I er Soter (Sauveur) perdit, dans un règne obscur, plusieurs provinces de l’empire séleucide, telles que Ja Phrygie de l’Hellespont et la Bithynie (279-260). Antio-
chus II Théos ou le Dieu vit se former à ses dépens deux royaumes, celui des Parlhes, par Arsace, et celui de Bactriane, par Tliëodote (233). Antiochus III le Grand (222- 1 86) , cinquième successeur de Nicator, releva quelque temps l’empire; mais, poussé par les conseils d’Hannibal, il osa faire la guerre aux Romains, qui lui ravirent une grande partie de ses Etats.
4 — Depuis celle époque, la Syrie ne cessa d’ëtre en proie aux guerres civiles et aux crimes de ses princes. Lasse de leurs cruautés, elle se donna à Tigrane . roi d’Arménie; mais ce prince fut bientôt obligé de l'abandonner pour défendre ses propres Etals attaqués par Lucullus. Enfin , Pompée la réduisit en province romaine (64).
§ 6. Royaumes de Pergame , de Rithynie , et autres Etats secondaires de l’Asie , formés des débris de l’empire des Perses et des Séleucides.
I . Que savez-vous sur le royaume de Pergaine? — 2. Sur le royaume de Bithynie? — 3. Sur le royaume des Parlhes? — Sur le royaume du Pont ?
1 . — Sous Lysimaque, roi de Thrace, et l’un des successeurs d’Alexandre, Philétère, gouverneur de Pergame, y fonda le royaume indépendant de ce nom (283). Parmi ses six successeurs , il faut remarquer t'umène II (198), lldèle allié de Rome , dont il reçut pour récompense tout ce que possédait Antiochus le Grand , roi de Syrie , en deçà du montTaurus ; Attale II { 137), dont les richesses étaient passées en proverbe comme celles de Crésus ; Attale III (137), qui termina les jours de son oncle Attale il par le poison et légua son royaume aux Romains (132); enfin Aristonic , fils naturel d’Eumène, qui, voulant revendiquer cet héritage par les armes , périt dans cette imprudente tentative (129).
2. — A l'époque de l’invasion d’Alexandre, Ras, gouverneur de la Bithynie pour les Perses , y fonda un royaume que Zipœlés, son fils , affranchit des Séleucides , rois de Syrie (281). Parmi ses successeurs, on remarque Nicomède I ", qui rechercha l’alliance des Gaulois établis en Thrace; Prusias, son petit-fils (257), qui voulut livrer Hannibal aux Romains ; Nicomède II, meurtrier de Prusias, son pcrc (148), qui lut secouru par Rome contre les attaques de Milhridale , roi de Pont ; enlin Nicomède III ,
qui , détrôné par ce prince et rétabli par Sylla , légua ses Etats aux Romains (73).
3. — Sous le Séleucide Antiochus II, Arsace et Tiridate, I issus des anciens rois de Perse , secouèrent le joug. L’un mourut apres trois ans de règne ; l’autre , sous le nom d’^rsace II , battit Scleucus Callinicus , le fit prisonnier, et joignit à la Parlhiène le reste de l’IIyrcanie. Ses successeurs , qui tous portèrent le nom d'Arsace joint au leur propre , étendirent leur puissance à l’ouest jusqu’à l’Euphrate , et à l'est jusqu’à l’Indus. L’ambition malheureuse de Phraate 11 (Arsace VI) compromit leurs conquêtes (158-129); les Parihes surent néanmoins résister à tous leurs ennemis : ils furent même pour les Romains un point d’arrêt en Asie.
A. — Mithridate II, chassé de la province de Pont par Alexandre , la reprit , vers 320, sur Antigone, l’un des successeurs du conquérant macédonien ; Mithridate III y joignit une partie de la Cappadoce et de la Paphlagonie.
Parmi ses successeurs , on distingue Mithridate IV, qui , le premier d’entre les rois de Pont , porta le titre d’allié de Rome , et surtout Mithridate VII le Grand , qui balança | longtemps la fortune des Romains en Asie. Cent vingt mille Romains furent massacrés en un jour, par ses ordres, dans les différentes provinces de l’Asie. Rome envoya contre lui, dans plusieurs guerres, ses plus illustres capitaines (87-65) : Sylla , qui lui fit perdre la Grèce soulevée en sa faveur ; Lucuilus , qui le chassa de son royaume et l'accula dans l’Arménie; Pompée, qui le poursuivit jusque dans l’Asie du Caucase. Mithridate y formait l’audacieux projet d'attaquer l’Italie par le nord , lorsque , trahi par son fils Pharnace, il se tua (65), pour ne pas tomber au pouvoir des Romains. Pharnace, qui gouvernait le Bosphore Cimmérien pour son père, le reçut en récompense de sa trahison, et conquit en outre la Colchide, le Pont, la petite Arménie, que César reprit sur lui , l’an 47, époque à laquelle toutes ces contrées furent réduites en provinces romaines.