III. Europe
Quels sont les principaux peuples de l’Europe dont s’occupe l’histoire ancienne ?
Les principaux peuples de l’Europe dont s’occupe l’histoire ancienne sont les Grecs, les Macédoniens , les Sici-
liens el les Romains, qui seuls y ont joué un rôle important. L’histoire des Romains sera traitée à part sous le titre d’ Histoire romaine.
§ 1 . Histoire de la Grèce.
1° Temps fabuleux.
1 . Quelle est l’origine des Grecs, et par qui furent-ils civilisés ? —
2. Quels furent les habitants primitifs de la Grèce, et que savezvous sur les Hellènes ? — 3. Quel fut le plus ancien royaume de la Grèce? — 4. Quelles furent IeS principales colonies phéniciennes, égyptiennes et phrygiennes ? — 5. Quels furent les commencements de Sparte et d'Athènes?
i • — loi i ou Javan , fils de Japhet , passe pour le père des Grecs. Ce furent longtemps des sauvages sans lois et sans mœurs. Outre Uranus, Saturne et Jupiter , personnages anciens que la Fable a divinisés , la Grèce fut civilisée par des colonies d'Egypte et de Phénicie, qui fondèrent Argos, Sparte, Athènes et Thèbes.
2- — La Grèce paraît avoir eu pour habitants primitifs les Graici , et les Pélasges, peuplade prépondérante. Les Pélasges tiraient leur nom de Pélasgus (1885), qui apprit aux peuples l’art de construire des cabanes, de se vêtir de peaux de bêtes, et de se nourrir de glands au lieu d’herbes. Ils dominaient en Thessalie, lorsque cette contrée fut envahie par le Scythe Deucalion. Elle prit alors le nom d’Hellade, et les habitants celui d 'Hellènes, sous le règne d'Hellen , fils de Deucalion; celui de Doriens, d’ Eoliens , d'ioniens et d'Achéens, sous ses fils et ses petits-fils.
3. — Le plus ancien royaume de la Grèce est celui de Sicyone , fondé l’an 2164 par Egialée : il dura 1000 ans.
4. — Les Grecs vivaient encore dans l’état sauvage , ne se nourrissant que de feuilles vertes , d’herbes et de racines , lorsqu’/nac/tus, originaire de Phénicie, vint s’établir, l’an 1986, avec une colonie dans l’Argolide. Vers 1380, Cadmus , parti de la basse Egypte ou de la Phénicie , apporta dans la Béolie le plus sublime de tous les arts, celui de l’écriture, et bâtit Cadmée, citadelle de Thèbes. Danaiis, frère de Sésostris, roi d’Egypte, introduisit dans l’Argolide (1572) l’agriculture el quelques arts utiles. C’est de lui que naquit Persée, qui compte parmi ses descendants Alcée , d’où sortit Hercule , tige des Héraclides. A ces diverses colonies, il faut
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joindre la colonie phrygienne conduite plus tard par Pélops, qui donna sou nom au Péloponnèse.
a. — Sparte, fondée vers 1880 par Sparton, fils ou petit-fils d’inachus , fut , à son tour, occupée deux siècles plus lard par Léle. r, Egyptien d’origine, qui l’agrandit et la civilisa. Mylès , son successeur, inventa la meule à moudre le grain; Eurotas changea de vastes marais en un fieuve qui porte son nom , et I.acédémon bâtit en 1577 une ville près de Sparte. „
Vers 1800, ügygés, si connu par le déluge qui porte son nom, vint, de la Scythie Cimmérienne, envahir l’Attique et la Béotic. Deux siècles après (1045) , Cécrops, originaire d’Egypte, bâtit une partie des douze bourgades dont Athènes devint plus lard la capitale, et remplaça les habitudes de la vie sauvage par celles de la civilisation.
2° Temps héroïques.
I. Qu’appelle-i-on temps héroïques delà Grèce? — 2. Quel lut le but de l’expédition des Argonautes ? — 3. Qu’est-ce que la guerre des Sept chefs et celle des Epigones? — 4. Quel fut le premier retour des Héraclides dans le Péloponnèse ? — 5. Quelle fut l’origine de la guerre de Troie ? — 6. ltacontcz la guerre de Troie. — 7. Quel fut le second retour des Héraclides dans le Péloponnèse ? — 8. Quelle fut l’occasion du dévouement de Codrus?
1. — On appelle temps héroïques de la Grèce les temps compris entre l’expédition des Argonautes et le retour des Héraclides en Grèce.
2. — L'expédition des Argonautes (1350) parait avoir eu pour but de purger les mers des pirates qui les infestaient , et de s’ouvrir une route vers les rivages de la Colchide , où sans doute arrivaient les riches productions de l’Asie centrale. C’est vraisemblablement ce qu’il faut en tendre par la toison d’or qu’allèrent conquérir Jason et ses compagnons, parmi lesquels on distingue Hercule, Thésée, Castor et Poliux , Orphée, Nestor, etc.
3. — La guerre des Sept chefs eut lieu à l’occasion suivante : Polynice, fils d'OEdipe, exclu du trône de Thèbes par son frère Etéocle , réclama le secours d’Adrasle ; cinq autres princes marchèrent sous ses drapeaux : la tentative échoua (1515) ; mais les vaincus léguèrent le soin de leur vengeance à leurs fils , connus sous le nom à' Epigones.
Tiièbes fut prise, et Thcrsandre, fils de Polyuice, placé sur le trône.
4. — Cependant les Héraclides, chassés du Péloponnèse par Euryslhée, revinrent sous la conduite d'JIyllus , fils d’Hercule , réclamer, avec le secours des Doriens , l'héritage de leur père. Dans une bataille sanglante, livrée en 1307 à
l’isthme de Corinthe, Euryslhée périt avec ses fils; mais la victoire resta stérile pour les vainqueurs, que la peste força de se retirer auprès de Thésée, roi d’Athènes.
<î. — Sur le point de marcher à la rencontre des Héraclides, Euryslhée avait chargé son beau-frère Atrée, fils de Pélops, du gouvernement de ses Etals. Dépositaire infidèle, Atrée se fit reconnaître roi de Mycènes et de Tirymhe. Agamemnon , neveu d’Atrée, soumit à ses lois presque tout le pays; Ménélas, son frère, épousa la belle Hélène, et , par ce mariage, les Pélopides régnèrent à Sparte, après Castor et Pot lux , fils de Tyndare. Ménélas reçut à sa cour Paris, fils de Priam, qui, par le rapt d’Hélène, causa la guerre de Troie.
G. — Toute la Grèce, outrée du rapt d'Hélène, se réunit pour en tirer vengeance. Ulysse, roi d’Ithaque, Achille , Patrocle, Ajax, Diomède, Nestor, et presque tous les princes grecs, vinrent se ranger, avec leurs troupes, sous les ordres d’Agamemnon , roi de Mycènes et frère du prince outragé. La flotte combinée de la Grèce, forte de douze cents voiles, porta cent deux mille combattants sous les murs de la ville, dont le siège dura dix ans (1280-1270), grâce à la bravoure d 'Hector, fils de Priam. Tombée par surprise au pouvoir des ennemis , Troie fut livrée aux flammes et au pillage, Priam massacré avec sa famille, et l’empire troyen détruit. C'est le sujet de Y Iliade d’Homère.
7.— La guerre de Troie avait suspendu pendant près d’un siècle les animosités des familles princières de la Grèce; mais quatre-vingt six ans après (1184), les Héraclides, sous la conduite d'Aristodémus , de Téménus et de Cresphonte , petits-fils d’Ilyllus , rentrèrent, aidés des Doriens , dans le Péloponnèse , et se partagèrent par la voie du sort les provinces tombées en leur pouvoir. Téménus obtint Argos et Mÿfcènes; Cresphonte, la Messénie; Eurysthène et Proclès , fils d’Aristodémus, la Laconie.
8- — Les Eoliens et les Ioniens, chassés du Péloponnèse avec les Pélopides, se retirèrent en Attiquc, où régnait un Théséide, les uns sous la conduite d ’Alcmœon, de Pisi-
Manuel. — D. Supérieur. 14
strate , AeMélanthus, père de Codrus, et les autres sous les ordres de Pithyréus, descendant d'ion. Peu contents d’avoir expulsé leurs frères, les Doriens marchèrent contre leurs hôtes , et sans le roi Codrus , qui , sur la foi d'un oracle , se dévoua pour assurer la victoire aux siens, l’Attique aurait sans doute succombé sous leurs armes victorieuses (1152).
3 ü Des Etals grecs , et en particulier de Sparte et d’Athènes avant Lycurgue et Solon.
I . Quels furent les rois les plus célèbres d’Argos et de Mycènes ? — 2. Quels furent les rois les plus célèbres de Sparte avant Lycurgue ? — 3. Quels furent les rois les plus célèbres d’Alhènes avant les archontes? — 4. Quels furent les rois les plus célèbres d* Thèbes ? — 5. de Crète ?
! . — Argos avait été fondée par le phénicien Inachus (1986) ; l’égyptien Danaüs y régna l’an 1342. Persée, l’un de ses descendants , ayant tué par mégarde son aïeul Acrisius , transporta le siège de son royaume à Mycènes (1548,).
Electryon , Sthélénus et Eurysthce régnèrent à Mycènes. Ce dernier chassa du Péloponnèse les Héraclides , descen dants d’Hercule. Après lui parurent : Atrée , si connu par sa haine fraternelle contre Thyeste; Agamemnon , qui prit Troie; Oreste , son fils , qui tua sa mère Clytemneslre pour venger la mort de son père. Mais, quatre-vingts ans après la prise de Troie (1190), les Héraclides et les Doriens s’emparèrent d’Argos , de Mycènes et de presque tout le Péloponnèse.
2. — Sparte, fondée par Sparton , petit-fils d’Inachus, fut occupée l’an 1742 par l’égyptien Lélex ; Pyndare , l'un de ses successeurs, eut de Léda deux filles , Hélène et Clytemneslre. Hélène épousa Ménélas, qui devint ainsi roi de Sparte (1290) ; elle fut (comme on l’a vu , p. 515) la cause «le la guerre de Troie.
Le pélopide Oreste , fils et successeur d'Agamemnon , roi de Mycènes , transmit sa puissance à ses fils Tisamène et Penthile. Les Héraclides -Doriens chassèrent ces deux princes et s’établirent à Sparte, sous le nom de Spartiates , avec Eurysthêne et Proclês, leurs chefs, arrière-petits-fils <le l’héraclide llvllus. Pour prévenir les révoltes des indigènes, ils leur accordèrent des droits égaux aux leurs ; mais dès le règne A' Agis, fils d’Euryslhène (1145), les Spartiates imposèrent aux Laconiens , à litre de sujets , un tribut et le service militaire ; tous s’y soumirent , excepté les habitants
d’Hélos , qui furenl réduits à la servitude sous le nom d'Hilotes.
3. — Athènes fut fondée en 1645 par l’égyptien Cécrnps. Parmi ses successeurs , on remarque Amphictyon , qui forma une confédération des principaux peuples de la Grèce sous la direction du conseil amphictyonique ; Ereékthée , sous qui les Athéniens apprirent à cultiver le blé et à en faire du pain, art précieux qu’ils enseignèrent aux autres Grecs ; Egée , père de Thésée ; Thésée , qui réunit en un corps de ville et de nation les douze bourgades de I’Atlique ; et Codrus, qui , dans une guerre contre les Doriens, se dévoua pour le salut de son peuple (1152). Les rois furent alors remplacés par des archontes, d’abord perpétuels, puis décennaux, et enfin annuels (684).
4*. — Thèbes fut fondée en 1580 par le phénicien Cadmus , qui apporta en Europe l’écriture alphabétique. Après lui parurent Laïus; OEdipc , si connu dans la Fable;’ Eléocle et Polynice , frères ennemis qui se firent une guerre affreuse.
ii. — Alinos I er régna, vers 1500, dans File de Crète , et son frère Rhadamanthe dans les îles de la mer Egée, avec tant de sagesse et de justice, que la Fable en a fait les juges des enfers. Minos II guerroya contre les Athéniens, et leur imposa un tribut dont ils furent délivrés par Thésée.
4° Des Grecs , depuis Lycurgue et Solon jusqu’aux guerres médiques.
1 . Quel fui le législateur de Sparte ? Donnez une idée de la législation de Lycurgue. — 2. Qu’est-ce que les guerres de Messénic? — 3. Quel était l’état du Péloponnèse à l’époque des guerres médiques? — 4. Quelles furent les vicissitudes de l’archontat à Athènes? — 5. Quelle fut la législation de Dracon ? — G. Quel fut le législateur d’Athènes? — 7. Comment et quand Pisistrate s’cmpara-l-il de l’autorité suprême ? Quel fut le sort des Pisi— stralides ? — 8. Quel était l’esprit et le caractère dé la constitution d’Athènes à l’époque des guerres médiques?
1 . — Lycurgue , frère du roi Polydecte, fut le législateur de Sparte. Nommé tuteur de son neveu Charilaüs (897), il s’acquitta de cette charge avec un noble désintéressement, voyagea pour s’éclairer, et , de retour à Sparte , il lui donna des lois.
Les Spartiates furent seuls citoyens; les Laconiens ne
reçurent que des lots territoriaux. Les hilotes restèrent esclaves.
La double dynastie des Héraclides, commencée par F.urysthènc et Proclès , fut conservée sur le trône , avec la prérogative de commander les armées pendant la guerre et de régir l'Etat pendant la paix. Trois institutions tempérèrent l’autorité des rois : 1° un sénat de vingt-huit vieillards choisis par le peuple ; 2° les assemblées des Spartiates , qui pouvaient accepter ou rejeter les propositions du sénat; 3» les cinq éphores, inspecteurs annuels, dont la puissance, d’abord fort restreinte, devint par la suite la première de l'Etat.
Lycurgue fit un partage égal des terres entre tous les citoyens , remplaça les monnaies proscrites d’or et d’argent par une lourde et vile monnaie de fer, institua des repas publics, confia l’éducation des enfants à des magistrats, et |ubslilua l’esprit guerrier à tout autre sentiment, la guerre à toute autre occupation, laissant aux hilotes les travaux de la terre, les métiers et les arts : c’est ainsi queSparte prima toute la Grèce.
2. — La Messénie, pays fertile à côté du sol ingrat des Laconiens, excita de bonne heure la convoitise de Sparte. Sous prétexte de venger une injure particulière , les Spartiates prennent violemment les armes et jurent de ne rentrer dans leurs foyers qu’après la soumission complète des ennemis. Après deux échecs successifs , suivis de la peste , Aristodême , l’un des chefs messéniens , immole sa fille pour obéir à l’oracle de Delphes. Sa valeur l’élève à la royauté , qu’il défend cinq ans avec succès, mais avec cruauté, sur le mont Ithôme. Un nouvel oracle demande une nouvelle victime : Arjstodème se perce de son épée sur le tombeau de sa fille. Sa mort, jointe à la famine, décourage les Messéniens, qui se reconnaissent, après vingt ans de lutte , tributaires des Spartiates (744-724). Telle fut la première guerre de Messénie.
Un joug de fer s’appesantit pendant quarante ans sur les Messéniens; Une révolte s’organise sous les ordres d’Aristomène (684). L’Elide, Argos, Sicyone, l’Arcadie, se déclarent pour eux. Les Spartiates, battus plusieurs fois et défiés jusque dans leurs murs, acceptent pour chef, d’après l’oracle de Delphes, le poêle boiteux Tyrtée, qu’Athèncs leur offrait par dérision. Trois fois défaits , ils veulent retourner à Sparte ; trois fois Tyrtée s’oppose à leur retraite. A la quatrième bataille, le poêle communique aux guerriers son enthousiasme; les Messéniens, vaincus, se retirent sur le
«i ont Ira .(680;. Aristomène y soutient un siège de onze ans. Enfin les Spartiates, guidés par un transfuge, s'en emparent à la faveur d'un orage de trois jours (668). Tous les Messéniens furent condamnés au sort des hilotes, à l’exception d’un petit nombre, qui. préférant l’exil à la servitude, allèrent en Sicile s’établir à Zancle, qu’ils nommèrent Messane (Messine).
3 . — A l’époque des guerres médiques, le Péloponnèse contenait deux parties bien distinctes : l’une était un Etat puissant , Sparte , qui possédait les deux cinquièmes du Péloponnèse et tenait les trois autres sous sa dépendance, sans compter Vile d’Egine, dont elle s’était rendue maîtresse en 491; l’autre se composait d’une trentaine d’Etats faibles, incapables de lui résister ou d’empêcher ses mouvements.
Ainsi l’Arcadie , après avoir lapidé Aristocrate II, pour le punir de ses perfidies, s’était morcelée en dix-sept petites républiques non confédérées; l’ Achaie n’élait guère plus forte, malgré la fédération de ses douze cités; l’ Elide , métropole des jeux Olympiques , n’aspirait pas h jouer un rôle politique; l 'Argolide était épuisée par ses revers et par ses perles de territoire; la Messénie n’existait plus comme nation. Le Péloponnèse ne présentait donc alors , pour ainsi dire, que la grande figure de Sparte, qui devait grandir encore dans les guerres médiques avec ses rois Léonidas et Pausanias.
4. — Après la mort de Codrus (p. 314), la royauté fut d’abord remplacée à Athènes par l'archontat à vie dans la personne de Médon , fils de Codrus ; l’an 754 , l’archontat devint décennal; enfin , en 684 , on le rendit annuel , et neuf magistrats furent chargés de l’exercer.
y. — Les descendants d’Alcmæon et ceux de Pisistrate se liguèrent pour conquérir le pouvoir suprême. La puissance limitée des archontes contenait mal des esprits remuants.
On chercha donc un frein aux factions dans une législation nouvelle , et l’on choisit pour la rédiger Dracon , archonte vertueux, mais trop sévère (624). 11 ordonna des peines ca- %
pitales pour tous les délits sans exception. Ces lois , écrites, comme on l’a dit , avec du sang , eurent le sort de toutes les choses violentes : elles tombèrent bientôt d’elles-mêmes, et l’anarchie reparut dans l’Etat.
6. — Solon , l’un des sept sages de la Grèce , était , par la réunion des qualités les plus rares, le seul législateur qui convint à ce moment de crise (593). Il apaisa d’abord la fureur des partis, d'un côté par le maintien des propriétés
entre les mains des possesseurs actuels , de J’aulre par l’abolition des dettes et l’élargissement des débiteurs. Il ménagea toutes les prétentions par un gouvernement mixte. Les Athéniens fureut distribués en quatre classes, d’après la quotité de leurs revenus. Les trois premières furent seules admises aux magistratures de quelque importance ; la quatrième, toute composée de pauvres, n’obtint que l’entrée des tribunaux inférieurs. Solon, pour la dédommager, lui laissa le droit de suffrage dans les assemblées publiques où se décidaient les grands intérêts de l’Etat. Un sénat de quatre cents membres annuels devait discuter les affaires avant de les soumettre à la sanction du peuple , et l’aréopage, où Solon n'admit que les archontes sortis de charge , pouvait réviser et même casser au besoin les décisions souvent aveugles et précipitées de la multitude. Malgré cette double précaution, l'élément démocratique, qui dominait dans la constitution , finit par dominer dans l’Etat.
7. — Solon, connaissant la mobilité des Athéniens, ne leur fit jurer que pour cent ans l’observation de ses lois : il s’éloigna pendant dix ans de sa patrie; mais, à son retour, il la trouva en proie aux anciennes factions, commandées par Lycurgue , Mégaclès et Pisistrale (566). Ce dernier, riche, généreux, populaire, possédant l’art d’éblouir et de tromper, se fit porter un jour tout blessé sur la place publique èt donner des gardes avec lesquels il s'empara du pouvoir (561), malgré Solon. Chassé deux fois (560-352), deux fois il ressaisit l’autorité, qu’il conserva jusqu’à sa mort (528). Ses deux fils, Ilipparque et Hippias, imitèrent pendant quatorze ans (528-511) la réserve de leur père; mais Ilipparque fut assassiné dans une fête par deux jeunes Athéniens, Harmodius et Aristogiton, vengeurs d’une insulte faite à la sœur du premier dans une procession solennelle ; alors Hippias , irrité du meurtre de son frère , devint cruel et se rendit odieux (511-510). L’amour de la liberté revint au peuple avec la haine. Hippias fut chassé d’Athènes, et, dans l’espoir de se venger, il alla chercher un asile auprès d’Artapherne, satrape de Darius, roi de Perse (509). /- jfr
8 ■ — La constitution athénienne avait été jusque-là presque toujours aristocratique; les lois de Solon y fireut dominer l’élément démocratique, et la démocratie, vers l’époque des guerres médiques, acheva de s’établir par l'institution de l ’ ostracisme , exil de dix ans, toujours prêt à frapper les citoyens trop puissants.
3° Etablissement des principales colonies grecques en Asie, en Italie et en Sicile.
1 . Quelles sont les principales colonies grecques en Asie ? — 2. cp I talie et en Sicile?
t. — La Grèce, si resserrée dans ses limites naturelles, embrassa par ses colonies une immense étendue de pays et les conquit à la civilisation. En Asie s’établirent des Hellènes des trois principales races ou tribus, Eoliens, Ioniens et Doriens , qui donnèrent leur nom à YEolide , à Y Ionie et à la Doride. Les Eoliens fondèrent douze villes , entre autres Cumes et Smyrne. Les Ioniens fondèrent aussi douze villes sur la terre ferme : Phocée , Erythrée, Clazoméne . Téos , Lêbédos, Colophon, Ephèse , Priène , Myonte , Milet, et dans les îles, Samose t Chios. Elles avaient toutes un temple commun , le Panionium , consacré à Neptune, sur le promontoire de Mycalc, où elles célébraient leurs solennités et délibéraient sur les affaires générales. Les Doriens bâtirent les deux villes de Cnide et d 'Halicarnasse, de même que celles d'Ialysus , de Camirus et de Lindus, dans l'ile de Rhodes, et celle de Cos, dans File du même nom. Ces six anciennes colonies doriennes avaient, comme les Ioniens, un temple commun, consacré à Apollon Triopins.
2. — Les principales colonies grecques en Italie étaient ; Tarcnte, Héraclée, Brundisium,c\.c., d’origine dorienne; Sybaris, Crotone, Métaponte , etc., d’origine achéennc; Thurium , Rhégium , Elée, Cumes, Naples, Locres , d’origine ionienne ; — en Sicile : Catane , Syracuse, Naxos, Mcssane, Agrigente, Panorme, etc., de diverses origines, corinthienne, achéenne, etc.
6° Guerres médiques (300-449) et guerre du Péloponnèse (431-404).
I. Qu’est-ce qui causa la révolte de l'Ionie et quel en fut le résultat? — 2. Quelle fut la victoire de Milliade sur les Perses? Quelle fut sa fin? — 3. Comment Xcrxès attaqua-t-il la Grèce ? Où mourut Léonidas? — 4. Quelle fut la victoire de Thémistoclc et celle de Pausanias sur les Perses? — 5. A qui les Athéniens durent-ils la primauté de la Grèce? — C. Quel fut le sort de Thémistocle et d’Aristide ? — 7. Quels furent les exploits de Cirnon ? — 8. Comment Périclès gouverna-l-il Athènes? —9. Quels furent les
commencements de la guerre du Péloponnèse ? — 10. Quelle fut l'issue de l’expédition contre les Athéniens en Sicile?— 1 1. Quelle fut la fin de la guerre du Péloponnèse? Quels furent les exploits de Tbrasybule?
1 . — Une révolte de l'Ionie contre le grand roi , auquel elle était soumise, mit aux prises les Grecs et les Perses. Cette révolte prit naissance, l’an 304, à Naxos, l’une des Cyclades, et de là se propagea sur le continent. Sparte refusa de soutenir l’insurrection ; mais Athènes, métropole des Ioniens, les seconda, dans l’intention surtout de venger sur les Perses la faveur dont jouissait auprès d’eux le pisistratide Ilippias, qu’elle avait naguère expulsé. Erétrie d'Eubée suivit son exemple. Les trois peuples ligués s’emparèrent de Sardes et la brûlèrent (300). Darius , roi de Perse , que l’ambition portait déjà vers la Grèce , y fut entrainé par le désir de la vengeance. L’Ionie fut d’abord ramenée violemment dans le devoir (498) , et les guerres médiqucs commencèrent deux ans après.