‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 134 sur 327 · Darius envoya contre la Grèce, et surtout contre · texte numérisé non relu

Darius envoya contre la Grèce, et surtout contre

Athènes, 110,000 hommes commandés par Artaphe me et Datis. Athènes appela vainement les autres Grecs à son secours; Platées seule lui fournit 1,000 hommes; les Spartiates n’arrivèrent qu’après la bataille. Elle se donna sous les ordres de Miltiade , à Marathon; les 11,000 Grecs défirent les 110,000 Perses (490). Miltiade éprouva bientôt après l’ingratitude des Athéniens ; condamné , sur une fausse accusation, à une amende qu’il ne put payer, il mourut en prison, tandis qu’Arislide était exilé pour sa justice. -, ;

3- — Xerxés, fils et successeur de Darius, arma, dit-on, plus de deux millions d’hommes contre la Grèce (483).^ J.conidas , roi de Sparte , l’arrêta plusieurs jours avec quelques milliers de soldats, au défilé des Thermopyles ; mais lorsqu’il eut été tourné par les Perses, il ne conserva que ses trois cents Spartiates, qui moururent avec lui plutôt que de quitter le poste confié à leur courage (480).

4- — Thémist ocle, jugeant que la marine seule sauverait Jes Grecs, détermina ses concitoyens à transporter sur leurs vaisseaux toutes les forces de la république. Il vainquit la flotte persane dans le détroit de Salamine (480), et décida, par ruse, le roi vaincu à retourner en Asie avec la plus grande partie de ses troupes. L’année suivante, Pausanias, roi de Sparte et généralissime des Grecs, extermina à

*. Platées , avec l’athénien Aristide , rappelé d’exil, 300,000 Perses commandés par Mardonius (il9). Le même jour, les débris de Salamine furent vaincus par Léotychide à Mycale.

S. — En dépit de la jalouse Sparte, Athènes releva ses murailles, par les soins adroits de Thémistocle; elle lui dut aussi le port du Pirée, capable de contenir quatre cents vaisseaux. La trahison de Pausanias, qui méditait d’asservir sa patrie par les armes persanes, valut aux Athéniens l’empire de la mer et la suprématie de la Grèce. Aristide , et Cimon, fils de Miltiade, dirigèrent alors les affaires communes du pays. »

G- — Thémistocle, en butte à l’ingratitude des Athéniens, s’exila de la Grèce, et ne trouva d’asile que chez Artaxerxès, roi de Perse, qui le combla de bienfaits. Aristide avait été également banni par l’ostracisme; on le rappela à l’époque de la bataille de Salamine, et il mourut dans une pauvreté volontaire. jflft

7. — Cimon , après la mort d’Aristide , se signala dans • l’Asie Mineure, tandis que Thémistocle se .donnait la mort 6 pour échapper à la téméraire promesse qu’il avait faite*" de s’armer contre la Grèce en faveur du grand roi. Périclès , le plus éloquent des Grecs, commençait alors à paraître; flatteur du peuple, il Pindisposa contre Cimon.

Sur ces entrefaites, un tremblement de terre renversa Sparte; les hilotes et les Messéniens se liguèrent pour consommer sa ruine : c’est ce qu’on appelle la troisième guerre de Messénie (p. 316-17). Cimon conduisit, malgré Périclès, des secours aux Spartiates, qui les refusèrent, et qui n’en battirent pas moins les Messéniens. Les Athéniens se prirent à Cimon du refus injurieux de Sparte, et le bannirent. La guerre éclata bientôt entre les deux républiques (455), et Périclès se vit obligé de faire rappeler Son rival. Cimon détourna contre les Perses l’ambitieuse activité des Athéniens, soutint la révolte de l’Egypte, et, par de brillants succès , il força le grand roi de demander une paix humiliante , par laquelle il déclarait libres toutes les villes grecques de l’Asie Mineure (449).

8- — Périclès, grand orateur et grand général, gouverna glorieusement Athènes (437) : il la rendit redoutable au dehors, superbe au dedans, favorisa les beaux-arts, et mérita de donner son nom à son siècle ; mais , pour conserver son pouvoir, il corrompit le peuple, anéantit la constitution de Solon et jeta sa patrie dans une guerre de 27 ans.

9. — La guerre du Péloponnèse éclata l’an 431 entre Athènes et Sparte. Les Athéuiens , inférieurs en forces , laissèrent ravager leurs terres; mais, maîtres de la mer, ils allèrent dévaster les côtes du Péloponnèse. Bientôt la peste se joignit à la guerre: Athènes perdit 3,000 citoyens malgré les soins d 'Hippocrate, célèbre médecin de Cos, qui, sourd aux offres séduisantes d’Arlaxerxès, se dévoua au salut de ses compatriotes. Le fléau enleva Périclès (430). Après des succès balancés, les deux partis conclurent, en 421 , une trêve de 30 ans qui ne dura pas même une année.

10. — Alcibiade, jeune athénien doué des qualités les plus opposées , détermina ses concitoyens à transporter en Sicile le théâtre de la guerre (416) : il assiégea Syracuse; mais , accusé de sacrilège , il s’enfuit à Sparte et dirigea par ses conseils les ennemis de sa patrie. Les Syracusains, aidés du Spartiate Gylippe , anéantirent l’armée athénienne (413).

11. — Athènes, près de succomber, rappela Alcibiade, ijui lui rendit promptement la victoire; mais il fut banni une seconde fois. Lysandre détruisit la flotte des Athéniens

"h l’embouchure de l 'Ægos-Potamos, prit leur ville (404), et y établit trente tyrans qui , après avoir fait périr un grand nombre des citoyens , furent chassés par l’héroïque Thrasybulc (402).

7° Expéditions des Grecs contre les Perses, et guerre des Grecs entre eux (431-338)

I. Que savez-vous sur les expéditions des Grecs contre les Perses? sur l’expédition de Cyrus te Jeune et sur la retraite des Dix Mille? — î. Quels furent les exploits d'Agésilas en Asie et en Grèce ? Qu’est-ce que le traité d’Antalcidas ? — 3. A qui Thèbes dut-elle sa gloire et sa puissance? Comment périrent Epaminondas et Pélopidas ? — 4- Qo’cst-ce que la guerre sociale ? — 5. Quel est le caractère de l’hisutirc grecque à cette époque ?

1. — Ce fut Ciraon qui commença (comme on l’a vu , page 321) les expéditions des Grecs contrôles Perses. Depuis cette époque, ils aidèrent Cyrus le Jeune, qui, voulant détrôner son frère Artaxerxês Mnémon, fut défait et tué à Cunaxa (401). Dans son armée se trouvaient, à 2300 kilomètres de leur pays, dix mille Grecs, qui, conduits par Xénophon, historien de cette retraite, repoussèrent toutes les attaqnes des Perses, traversèrent la Mésopotamie, l’Arménie, l’Asie Mineure, et revinrent dans la Grèce en 399.

2. — Agésilas, roi des Spartiates, porta la guerre en Asie et fit trembler le roi de Perse, tandis que Sparte, qui n'avait plus de rivale, détachait d’elle par scs violences les villes qui l’avaient aidée à vaincre. Corinthe, Thèbes, Argos, Athènes, formèrent contre elle une ligue (393). Thèbes commença aussitôt les hostilités. A cette nouvelle, Lysandre entra en Béotie; mais il fut défait et tué près dA/aliarte. Sparte effrayée rappela Agésilas, et tandis qne l’athénien Conon , réuni au satrape Pharnabazc, défaisait à la hauteur de Cnide la flotte lacédémonienne (394), Agésilas remporta à Coronée, sur les alliés, une victoire si stérile, qu’il fut contraint de regagner le Péloponnèse. Conon , avec la flotte du grand roi, alla ravager les côtes de la Laconie, et revint faire rebâtir à la hâte par les mains des Perses , avec les dépouilles de Sparte , les murs d’Athènes et du Plrée (593). Sparte, à son déshonneur, députa Antalcidas au satrape Téribaze, pour détacher à tout prix les Perses de la ligue des Grecs; et c’est alors que les Grecs, épuisés par leurs luttes intestines, conclurent avec Arlaxerxès le honteux traité d’ Antalcidas, par lequel ils abandonnaient aux Perses toutes les villes grecques de l’Asie Mineure (588-387).

3. — Cinq ans après, les Spartiates s’emparèrent, eti pleine paix et par trahison, de la citadelle de Thèbes : Pélopidas la délivra; on arma de part et d’autre. Le thébain Epaminondas vainquit les Spartiates d’abord à Leuctres (371), fit trembler Sparte, affranchit les Messéniens, et mourut au sein d’une nouvelle victoire à Mantinée (363). Pélopidas était mort deux ans auparavant dans la Thessalie, qu’il voulait affranchir.

4. — La guerre sociale eut lieu entre les Athéniens (538) et Chio, Cos, Rhodes, Byzance, qu’avait affranchies Epaminondas. Alors parurent les derniers généraux illustres d’Athènes , Charès, Chabrias , Iphicrate , Timothée ; mais Athènes n’en fut pas moins forcée de reconnaître l’indépendance des quatre villes.

o. — L’histoire grecque, à cette époque, présente un caractère unique dans une infinie variété d’événements ; c’est que chaque peuple considérable , tel que les Spartiates, les Athéniens, lesThébains, chercha et acquit la prépondérance sur les autres.

Sparte dut sa prépondérance dans la Grèce à plusieurs causes : 1° les lois de Lycurgue; 2° l’assujettissement du Péloponnèse; 3° la faveur qu'elle accorda à l'aristocratie

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athénienne contre la démocratie; 4° l'issue de la guerre du Péloponnèse.

Athènes dut aussi sa prépondérance à plusieurs causes : 1° l’administration des Pisistratides ; 2° sa flotte, qui lui assura l’empire maritime; 3° les victoires de Marathon et de Salamine dans les guerres médiques.

Thèbes dut sa prépondérance à deux hommes, Pélopidas et Epaminondas , mais surtout au dernier; cette prépondérance éphémère tomba avec lui à Mantinée.

8° De la religion, des institutions, des moeurs, des lettres, des sciences et des arts chez les Grecs , avant et depuis Përiclês.

t. Quelle était la religion des Grecs? — 2. Quels étaieut les jeux publics des Grecs? — 3. Qu’est-ce que le conseil ampliictyonique? — 4. Donnez des détails sominaires sur les mœurs , les lettres, les sciences et les arts chez les Grecs, avant et depuis Péri clés.

4. — Les Grecs étaient livrés à toutes les erreurs du paganisme. Ils adoraient Jupiter , Junon , Bacchus , Apollân , Minerve, Neptune , Pluton, et toutes les autres divinités de la Fable, sans compter une foule de personnages divinisés par la reconnaissance ou par la flatterie. Il n’y avait point en Grèce de sacrifices humains, excepté dans quelques circonstances solennelles. Plusieurs oracles étaient célèbres, entre autres celui de Delphes , enrichi par les offrandes de tous les peuples.

2 — La Grèce comptait quatre grands jeux, les nétnéens, les isthmiques, les pythiques et les olympiques, les plus célèbres de tous. Les jeux olympiques se célébraient tous les quatre ans dans le territoire d’Olympie, près de Pise en Elide. Les athlètes y disputaient le prix du pugilat, de la course et de tous les exercices qui demandaient de l’adresse ou de la force. C’était une institution à la fois religieuse et politique : ils faisaient partie du culte des dieux , et par des rassemblements périodiques , ils unissaient les diverses nations de la Grèce; les guerres étaient suspendues pendant la durée de ces fêtes nationales. Les jeux olympiques ont donné naissance, l’an 77G, à Y ère des olympiades. On appelait olympiade un espace de quatre ans.

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